L’IRAN AU PASSE MOUVEMENTE, est aujourd’hui encore un pays convoité(II)

3 septembre 2008

                     

         

                    Quel programme pour le nouveau régime ? 

 

    Le passage, en Iran, du régime royaliste des Shah à celui d’un gouvernement islamique, est un tournant historique dans la vie politique de l’Iran et de toute la région.

    Selon tous les théologiens et doctes islamiques de l’Asie comme de l’Afrique, la société musulmane s’était beaucoup éloignée, ces derniers temps, des principes de l’Islam, tels que dictés par le Coran  La division du monde musulman, dominé et exploité par les pays occidentaux, la dégradation des mœurs, la dépravation de la jeunesse, le retard accusé dans les domaines technique et scientifique, sont justement, affirme-t-on, les conséquences de cet abandon de la voie tracée à l’homme par Dieu, dans le Coran, le Livre Sacré qui organise la vie des êtres vivants dans la société, une société islamique conçue sur l’union, la solidarité, la justice entre tous, l’humanisme et le respect de l’Etre humain.

     On comprend, à entendre ces slogans, que l’institution d’un régime islamique, est à coup sûr, une véritable révolution, d’où le vocable de REVOLUTION ISLAMIQUE utilisé par les Mollahs dès la prise du pouvoir en Iran.

      Les Islamistes iraniens ont hérité d’un pays qui avait tous les atouts pour sortir du sous développement  et accéder au rang des nations développées. D’une superficie de 1.648.000 km2 et une population de 70 millions d’habitants, l’Iran était déjà la 2e économie de la région, le 4e producteur de pétrole au monde, le 2e en termes de réserve et le 2e exportateur de l’OPEP. Le pays dispose également de la 2e réserve de gaz naturel après
la Russie et est le 2e producteur.

     Vingt neuf ans se sont écoulés depuis que les Islamistes ont pris la relève du régime du Shah Mohammed Rizâh Pahlavi en 1979. Le monde musulman, dans sa totalité s’attendait à la naissance d’une république démocratique et populaire qui allait mettre fin à la disparité des classes, celle des privilégiés sous le règne du Shah et celle des pauvres qui espéraient et  attendaient tout, du nouveau régime. Mais les Mollahs qui ont appauvri les riches n’ont rien fait pour enrichir les pauvres.

     Tout l’intérêt et tout l’effort des gouvernants iraniens ont été portés sur une islamisation aveugle de la société iranienne. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que le monde entier se rende compte que les nouveaux maîtres de Téhéran n’avaient aucune capacité à gouverner un Etat moderne et n’ont substitué au régime du Shah, rien de valable et de constructif.

     L’Islam ne consiste pas uniquement à faire des prêches et à dicter des interdits. Gouverner, c’est mettre au point un programme pour le développement du pays et le bien-être des citoyens, et s’évertuer à le réaliser. Gouverner, c’est savoir gérer le patrimoine national pour le bien de tous. Gouverner, c’est se mettre à la disposition du peuple et non pas soumettre celui-ci à la volonté des dirigeants.

                     L’ERREUR FATALE  DES ISLAMISTES IRANIENS

    
La Révolution islamique n’a donc pas tenu ses promesses. Cette grande partie du peuple iranien qui vivait dans la misère sous le règne du Shah, n’a pas vu son sort amélioré. Au contraire les Islamistes ont privé la masse populaire des rares libertés qu’elle avait sous l’ancien régime.

     Les Gouvernants iraniens le savent. C’est pourquoi, et pour ne pas perdre la face devant leurs compatriotes et continuer à surchauffer les esprits, il fallait trouver un thème mobilisateur : et c’est l’IMPERIALISME ET LE SIONISME, et trouver des ennemis : et ce sont les AMERICAINS ET LES JUIFS.

      L’enthousiasme suscité au sein des masses populaires par l’avènement de la révolution islamique, s’étant estampé peu à peu, il était devenu nécessaire, pour le maintenir, d’avoir recours, encore une fois à un nouveau slogan, un nouveau thème pour continuer à occuper l’opinion publique : et c’est le PROJET NUCLEAIRE.

    De nombreux observateurs aussi bien à l’intérieur qu’en dehors de l’Iran, estiment que la politique suivie par les Islamistes ne fait que nuire à leur régime et augmenter le nombre de leurs ennemis à travers le monde. Cette affaire du Nucléaire qui ne sert nullement les intérêts du pays, est considérée par la communauté internationale comme étant une erreur fatale. Ces mêmes observateurs reprochent aux Iraniens de s’être attelés à réaliser ce projet qui ne servira en rien leur pays, au lieu de s’occuper en priorité à améliorer le niveau de vie, très bas, de leurs concitoyens. Posséder l’arme atomique mais dit-on, pour frapper qui ? Et pour se protéger de quel ennemi ? Pense-t-on qu’aujourd’hui, une puissance quelconque peut se permettre d’utiliser encore et impunément, l’arme atomique ?

     L’Iran étant un grand producteur de pétrole, n’aurait-il pas fallu, pense-t-on, que ses dirigeants concentrent tous leurs efforts sur le développement économique et social pour bâtir un pays industriel, à l’image des grands Etats européens ? Mais dommage, dit-on, les Mollahs n’excellent que dans la proclamation des interdits et le contrôle de la toilette des femmes.

                      L’OCCIDENT EST-IL RESPONSABLE 

                   De la montée de l’intégrisme islamique ? 

     L’Islam vit aujourd’hui une prise de conscience, un éveil politique  après la longue léthargie qu’il a connu durant la période coloniale. Plusieurs intellectuels et économistes musulmans estiment que le monde islamique n’occupe pas actuellement la place qu’il mérite dans le concert des nations. Cette communauté, forte d’un milliard 300 millions d’habitants, vivant dans des régions extrêmement riches, devrait logiquement, selon ces observateurs, s’imposer sur la scène internationale ou du moins faire poids égal avec les grandes puissances.

    Il y a une vérité dit-on, que nul ne peut nier aujourd’hui, à savoir que l’Occident doit sa prospérité, en grande partie, grâce à l’exploitation des richesses du Tiers Monde. Durant la deuxième moitié du 18e et tout le 19e siècle, les pays européens, notamment

la Grande Bretagne,
la France, l’Espagne et l’Italie avaient colonisé la plupart des pays musulmans dont ils ont dit-on,  pillé les richesses. De nos jours, affirment les Islamistes, l’Occident cherche toujours à perpétuer sa domination sur les économies du Moyen Orient et des Etats du Golfe, une région dont on veut faire un marché pour l’acquisition, à bas prix, des matières premières, notamment des produits pétroliers, en échange de la vente des armes et des avions d’occasion.

    Toute la politique de l’Amérique et de l’Union Européenne est guidée dit-on, par l’intérêt et la recherche des acquis économiques et financiers. Tout dirigeant arabe ou musulman qui essaie de s’opposer aux ambitions occidentales, est immédiatement taxé de terroriste, mis sur la sellette et sur la liste des personnes à éliminer : le président égyptien Nasser pour avoir nationalisé le canal de suez, Saddam Hussein, Assad, Kadhafi, Omar Béchir du Soudan, et bien sûr, tous les dirigeants iraniens, sont considérés comme des ennemis de la liberté, de la légalité et des droits de l’homme, donc des gens dont il faut se débarrasser.

    Les Islamistes se sont, à leur tour, engagé dans la même guerre verbale.

    Les moyens de propagande et de communication islamiques sont aujourd’hui aussi nombreux et performants que ceux de l’Occident. Des dizaines d’émissions télévisées et radiophoniques et des centaines de journaux diffusent quotidiennement des commentaires anti-américains qui ont un impacte certain sur la jeunesse du monde musulman.

     Les dirigeants islamistes de toute la région, disent que le temps travaille pour eux, d’abord parce qu’ils considèrent que c’est l’Occident qui les attaque chez eux et occupe leurs différents pays, et parce qu’ils sont sûrs que les pertes des alliés sont énormes et insupportables à long terme, aussi bien sur le plan financier que du côté de l’opinion publique, de plus en plus hostile à ce genre d’interventions loin de leurs frontières. Contentons-nous, à ce sujet, de rappeler la grande polémique suscitée tout dernièrement, par la mort des dix soldats français en Afghanistan.

    Tout le monde sait que la politique de surenchère menée par l’occident n’inquiète aucunement les Islamistes qui n’ont, disent-il, rien à perdre. Les USA enlisés aujourd’hui en Irak, en Afghanistan voire au Moyen Orient et au Soudan, ont-ils le droit de s’engager en Iran et peut-être demain au Pakistan ?

    Qui nous dit d’ailleurs que la question du nucléaire iranien n’est pas un piège tendu aux Américains par le régime des Mollahs, et une mesure stratégique pour disperser encore davantage leurs efforts ?
La Russie n’a-t-elle pas un rôle secret dans ce conflit, comme elle en a certainement un, dans l’armement et l’entrainement des Irakiens et des Afghans ?

                       LES RELATIONS ISLAMISTES ET OCCIDENT 

                                      DANS LE FUTUR 

     La presque totalité des observateurs qui suivent de près l’évolution de la situation en Iran, au Moyen et proche Orient condamnent la politique menée dans la région, par les uns et par les autres. Ils reprochent aux Islamistes de baser toute leur défense sur le terrorisme dont ils font leur seul moyen d’action, comme ils blâment les Occidentaux de ne savoir parler que le langage des armes. L’utilisation de la force n’est pas ou n’est plus le meilleur moyen de convaincre les peuples. Cela a été démontré jadis au Vietnam, en Algérie et aujourd’hui encore en Irak et en Afghanistan. Les Occidentaux devront à l’avenir prendre en considération l’intérêt des pays producteurs de matières premières, savoir respecter leur dignité et accepter un partage équitable des profits.

    Les Islamistes quant à eux doivent à leur tour, admettre que l’avenir de leurs pays dépend de leur bonne entente avec les autres et notamment avec l’Occident dont ils ont beaucoup à apprendre. S’il n’y a plus de conflit armé entre
la France et l’Allemagne ou entre le Japon et les USA, c’est parce que chacun a compris que l’avenir de l’un ne peut pas se construire au détriment de l’autre. L’avenir de l’humanité réside dans la cohabitation, le respect mutuel des peuples, de leurs religions, de leurs traditions et  SURTOUT, DE LEURS INTERÊTS. 

 

                                                                                                          Mohamed  BOUHOUCH 

   

    

     

   

LA TURQUIE A LA RECHERCHE d’un lien de parenté

2 septembre 2008

    

 

      Située aux confins de l’Europe et au début du continent asiatique,
la Turquie, charnière et point de jonction entre les deux continents, est perdue entre les deux civilisations, et n’arrive pas à trouver, entre l’Est et l’Ouest, quelle direction prendre. Tournée plutôt vers l’Orient, de par la religion musulmane de l’écrasante majorité de ses habitants, elle garde cependant le regard fixé sur l’Europe dont elle a hérité les principes d’un Etat moderne et l’adoption de la laïcité, bien qu’il s’agisse d’une laïcité beaucoup plus théorique que pratique et continuellement menacée par un retour inéluctable aux sources originelles de l’Islam.

      Cette situation n’est pas le fait du hasard.
La Turquie a vécu des siècles à cheval sur les continents européen et asiatique. L’empire turc qui a duré plus de 600 ans, de 1299 à 1923, s’est étendu sur pratiquement tout le Moyen Orient et sur une bonne partie de l’Europe du Sud Est, notamment :
la Bulgarie,
la Hongrie,
la Serbie,
la Bosnie, l’Albanie et une grande partie de

la Grèce. Plusieurs de ces pays gardent encore aujourd’hui des vestiges et l’empreinte de ce prodigieux passé de l’Histoire turque. Il est donc tout à fait normal que le peuple turc soit à son tour imprégné des habitudes et des pratiques de vie des habitants de ces pays.

                 LES EUROPEENS NE VEULENT PAS DE
LA TURQUIE

   Les sondages effectués en Europe sur l’adhésion éventuelle de
la Turquie à l’Union Européenne, ont  montré que la majorité relative des personnes interrogées, soit 48% sont hostiles à cette entrée, avec des taux élevés en :

-         Autriche :       81%

-         Allemagne :   69% 

-         Luxembourg  69%

-         Chypre           68%

-         Grèce             61%

-         France            54%

   Pour Philippe de Villiers
la Turquie n’a pas la vocation à entrer dans l’Union Européenne, car dit-il « ni sa géographie, ni son histoire, ni sa culture, ne font d’elle une nation européenne »
La Turquie dit-il encore, « est un club de Musulmans ». Selon lui, l’entrée de
la Turquie « signifierait en effet l’arrivée de 70 millions de Musulmans et de 300 millions de turcophones au sein d’un ensemble de 400 millions d’habitants ». Si
la Turquie, crie de toutes forces, De Villers, entrait à l’U.E, il faudrait que
la France quitte l’Europe » Voila qui est net.

     Dans une intervention à l’Assemblée nationale, en 2007, François Bayrou  a déclaré que «  l’entrée de
la Turquie dans l’Union européenne serait un risque de dissolution pour le projet européen »

    Pour les responsables du Modem « 
la Turquie n’est pas un pays européen. Son territoire se trouve à 90% en Asie. Seule sa tête, en l’occurrence la ville d’Istanbul est située en Europe. Or le premier critère d’appartenance à l’Union Européenne, fait-on remarquer, est l’européanité comme cela a été affirmé à l’occasion du refus des candidatures du Maroc et d’Israël dans les années 70.

    Giscard d’Estaing est également opposé à l’adhésion de
la Turquie, laquelle pour lui n’est pas du tout un pays européen.

     Nous savons par ailleurs que Nicolas Sarkozy est farouchement contre l’entrée d’Ankara à l’Union Européenne et favorable juste à un accord de partenariat. Au cours de toute la campagne électorale, il n’a pas cessé de préciser que
la Turquie est un pays d’Asie Mineure.

     Seul le PS laisse la porte ouverte. Mais nous savons que c’est plutôt pour ne pas s’aligner sur la position de la droite. Rappelant la décision prise à l’unanimité le 12 octobre 2004 par le bureau national, Julien Dray, porte parole du parti, a déclaré le 13 décembre 2004 «  les conditions de l’adhésion turque ne sont pas réunies aujourd’hui, mais que les discussions devraient se poursuivre en laissant toutes les options ouvertes, qu’il s’agisse d’une adhésion ou d’un partenariat privilégié avec l’Union Européenne. »

   COMMENT LES MUSULMANS VOIENT CE REFUS ? 

    Certaines déclarations de politiques français n’ont pas laissé indifférents aussi bien les Musulmans de France, que la communauté musulmane en général et les Turcs en particulier.

    Les arguments avancés par De Villiers et François Bayrou ont été jugés plus qu’offensants et xénophobes. François Bayrou rejette catégoriquement l’entrée de
la Turquie à l’Europe, afin dit-il de garantir un espace cohérent. Pour lui l’adhésion de
la Turquie à l’Europe changerait la nature de l’Europe.

    Pour Julien Bartoletti (12/3/2007) Bayrou dit cela parce que
la Turquie est un pays à majorité musulmane. « On peut en déduire, dit-il, que pour Bayrou, cette nature de l’Europe dont il parle, serait d’essence chrétienne. Apparemment pour le Béarnais, l’identité et la nature de l’Europe ne peuvent se fonder que sur la chrétienté. »

    De même, la crainte principale de De Villiers n’est pas motivée en réalité par une question de géographie ou d’histoire ou du génocide arménien, mais bel et bien par la peur d’un déferlement sur l’Europe de 70 millions de Musulmans, rappelant en cela le déferlement barbare en Gaule dans le passé.

     Ce genre d’attitude de personnalités européennes a fini par exaspérer la plupart des observateurs musulmans qui voient en ce rejet, une humiliation et une insulte pour leur religion, leur culture et toute leur civilisation.

      L’acceptation au cours de ces dernières années, d’un certain nombre de pays européens de l’ancien bloc de l’Est, qui n’ont affirme-t-on, ni l’histoire et le passé glorieux de
la Turquie, ni sa puissance économique, ni le niveau culturel du peuple turc, est la meilleure preuve que ce ne sont pas les droits de l’homme, ni le degré de démocratie dans ces pays qui ont été à l’origine de leur admission au sein de l’Union Européenne.

     Le principal argument du « rejet » de la candidature turque à son adhésion à l’Europe réside explique-t-on, dans sa situation géographique en Asie Mineure. Mais, soulignent certains observateurs,  pourquoi un grand nombre de départements français font partie de l’Union Européenne, alors qu’ils sont situés en Amérique du Sud telles, entre autres,
la Guadeloupe (Aux Antilles),
La Martinique (dans
la  Mer des Caraïbes),
la Guyane (en Amérique du Sud),
la Réunion (Au Sud Ouest de l’Océan  Indien) ? Pourquoi les Iles Canaries au Sud du Maroc, les villes de Ceuta et Melilla, sur la cote méditerranéenne du Royaume marocain,  font-ils partie intégrante de l’Union Européenne ?  Est-ce que Messieurs Giscard D’Estaing, ou De Villiers ou Bayrou  auraient contesté l’appartenance de l’Algérie française à l’Union Européenne si ce pays, avec ses trois départements (Oran, Alger et Constantine) faisait encore partie de
la France ? Pourquoi dans ces conditions accepter une Algérie française et refuser une Algérie indépendante ? Est-ce que les opposants à l’adhésion de
la Turquie se sont un jour posé des questions sur les peuples de tous les départements d’outre mer : leurs religions, leur culture et leurs origines ? Est-ce que, dit-on, l’Union Européenne sera plus hétérogène, avec
la Turquie, qu’elle l’est, aujourd’hui, avec ses composants actuels ?

     Pour un grand nombre d’observateurs, même européens, le fait de refuser d’admettre
la Turquie au sein de l’Union, relève beaucoup plus d’un sentiment de racisme et de rejet envers les Musulmans, que de considérations d’ordre géographique, ethnique, culturel ou autre.

                        QUELLE ALTERNATIVE POUR
LA TURQUIE ?

   Après tout ce qu’on vient d’exposer, il faut reconnaître que
la Turquie n’a aucun avenir au sein de l’Europe. L’intervention de l’Occident dans certains pays musulmans, tels l’Irak, l’Afghanistan et demain peut-être, au Soudan et en Iran, attise de plus en plus la haine et les antagonismes entre les l’Occidentaux et les communautés islamiques. La proximité de
la Turquie de ce terrain de tension qu’est le Moyen Orient, avec le conflit israélo-palestinien, les circonstances actuelles au Liban, en Irak et en Afghanistan, est une situation qui ne plaide pas, du moins pour le moment,  en faveur d’une ouverture de l’Europe sur cette partie de l’Asie.
La Turquie peut en effet constituer une barrière de protection de l’Europe, comme elle risque de devenir un pont de passage et une porte d’entrée pour des actions terroristes.

       Il va donc de l’intérêt, aussi bien de
la Turquie que de l’Europe, de s’orienter vers une autre forme de relations, tel un partenariat privilégié avec l’Union Européenne, comme cela a été suggéré par le président Sarkozy. De plus,
la Turquie aura également toute sa place dans le projet de l’Union pour
la Méditerranée au même titre que tous les autres pays du Sud.

       Etant un pays dont une partie des habitants appartiennent à la communauté kurde,
la Turquie doit également développer ses relations avec les Etats voisins, Syrie, Irak, des pays musulmans, en voie de développement, ayant les mêmes caractéristiques démographiques et ethniques, avec lesquels elle partage les eaux du Tigre et de l’Euphrate et entretient de multiples rapports sur les plans économique et culturel.  

     

L’UNION DES PAYS DE L’AFRIQUE DU NORD (U P A N)

2 septembre 2008

                

        Depuis leur accession à l’indépendance au milieu du siècle dernier, les pays du Maghreb n’ont pas cessé de rêver à une union qui ferait d’eux une région économiquement et stratégiquement importante.

        Lancée le 17 Février 1989 à Marrakech, au Maroc, entre l’Algérie,
la Libye,
la Mauritanie, le Maroc et
la Tunisie, l’union du Maghreb arabe est restée jusqu’à présent, un projet encore au point mort et handicapé de naissance. Ayant suscité un immense espoir parmi la jeunesse de ces pays, l’UMA semble avoir été victime des ambitions et des susceptibilités de quelques uns de ses propres fondateurs.

         Les débuts furent pourtant prometteurs. De 1989 à 2002, les chefs d’Etats des cinq pays se sont rencontrés six fois :

-         Sommet constitutif tenu à Marrakech les 16 et 17 février 1989, avec la signature du traité constitutif, entré en vigueur le 1er juillet de la même année.

-         Sommet de Tunis tenu du 21 au 23 juillet 1990 concrétisé par l’établissement d’un accord de principe sur la création d’une union douanière, et sur la signature de  conventions (Echange de produits agricoles, garantie des investissements et la non double imposition.)

-         Sommet de Ras Lanouf en Libye, les 10 et 11 mars 1991 qui a vu l’adoption des grandes lignes de la stratégie maghrébine commune de développement, et de deux conventions, l’une commerciale et tarifaire et l’autre sur la création d’une banque d’investissement et de commerce extérieur.

-         Sommet de Casablanca les 15 et 16 septembre 1991 au cour duquel fut établi un accord sur le système de paiement bilatéral unifié entre les banques centrales d’investissement et un accord non écrit sur une distribution des postes, donnant le siège du secrétariat de l’UMA au Maroc, celui du secrétaire général à
la Tunisie, celui du conseil consultatif à l’Algérie, de l’instance judiciaire et de la banque de développement et du commerce extérieur à
la Mauritanie et à
la Libye le siège de l’Académie des sciences et l’Université maghrébine

-         Sommet de Nouakchott les 10 et 11 novembre 1992

-         Sommet de Tunis les 2 et 3 avril 1994 qui a décidé la création d’une zone de libre échange et adopté une convention sur la prévention des infractions douanières.

-         Sommet d’Alger en juin 2002 qui a organisé les structures de l’Union (Conseil de la présidence, conseil des ministres des affaires étrangères, un secrétariat général permanent, un comité de suivi, cinq commissions ministérielles, une assemblée constitutive, composée de 30 parlementaires par pays, avec une présidence tournante et une instance judiciaire.

          Ce fut là, la dernière rencontre plénière des chefs d’Etat de l’UMA.

           En dehors de quelques rares réunions de ministres (Habitat, agriculture, énergie et mines, transport, connexion énergétique, promotion des investissements, intégration maghrébine, entre autres), aucune activité notable ou tentative de rapprochement n’ont été enregistrées. La période de 2002 à ce jour a connu une véritable léthargie.

        La question du Sahara Occidental qui oppose actuellement le Maroc et le Polisario ou plus exactement le Maroc et l’Algérie, semble être la principale raison de ce blocage, lequel a certainement d’autres causes, restées jusqu’à ce jour cachées et inavouées. Comme l’a si bien dit Béchir Yahmed  dans Jeune Afrique du 26/6/2003, « L’UMA paralysée, ressemble à un bateau sur cale…fait semblant d’exister…pendant ce temps, les gens sérieux, Européens et Asiatiques dépassent leurs conflits séculiers et construisent de vraies unions »

        Dans un monde arabe déchiré par des problèmes de divergences religieuses et miné par les intrigues des puissances étrangères, une union des pays arabes de l’Afrique du Nord, comme celle des pays du Golfe, ne peut que favoriser leur intégration économique, harmoniser et coordonner leurs relations extérieures et leur permettre de mieux assurer leur sécurité et leur défense.

                        POUR UN MAGHREB ETENDU A L’EGYPTE 

       En attendant que la question du Sahara occidental trouve une solution équitable, un grand nombre d’observateurs politiques et économiques estiment que l’Egypte est un pays dont la vocation, sur les plans géographique, culturel et des conditions sociales, est de faire partie des pays du Maghreb, plutôt que d’être rattaché au Moyen Orient avec les peules desquels elle ne semble pas avoir beaucoup d’affinité.

         Ainsi on verrait naître un ensemble maghrébin avec intégration de l’Egypte et qui prendra l’appellation de : l’union des pays de l’Afrique du Nord 

         Comme on le constate, le vocable « arabe »  contesté par un certain nombre d’observateurs, disparaît de l’appellation, du fait dit-on, qu’un habitant sur trois  de cette région au moins, est d’origine berbère.   

                              PRESENTATION DE CET ENSEMBLE 

                1-   SUR LES PLANS GEOGRAPHIQUE ET DEMOGRAPHIQUE 

      L’UPAN s’étend de l’océan atlantique à la mer rouge, couvre une superficie de 6.300.000 km2 et compte 170 millions d’habitants.

       Située face à l’Europe et ouverte sur trois espaces maritimes d’une extrême importance, l’UPAN compte 9700 kilomètres de cotes environ, avec 3700 sur l’Atlantique, 5200 sur
la Méditerranée  et 800 sur

la Mer Rouge, avec deux passages stratégiques : le détroit de Gibraltar et le Canal de Suez.

       Les peuples de cette Union sont issus de la même ethnie et appartiennent à la même communauté de langues (arabe et berbère), et de religion (l’Islam), sont pratiquement au même stade de décollage économique et culturel. Ayant tous été colonisés, ils ont comme l’a souligné Nacera Rech, journaliste (Allemagne), ce trait commun d’être «  trop européanisés pour être Arabes   mais trop arabisés pour être Européens ». Ces pays connaissent également, aujourd’hui, un certain nombre de problèmes communs : développement de sectes religieuses, forte natalité, taux d’analphabétisme encore assez élevé, faible taux de croissance du PIB, émigration vers l’Etranger, disparité des classes sociales, institutions démocratiques encore très timides, pouvoir personnel des chefs d’Etat contrastant avec le besoin d’émancipation d’une jeunesse aux ambitions démesurées, qui aspire à un présent assuré et un avenir meilleur.

                    2-      SUR LE PLAN ECONOMIQUE

            Les richesses de la région nord africaine sont variées et assez importantes :

      AGRICULTURE : Céréales, maraîchage, agrumes, vigne, olivier, coton, arbres fruitiers, élevage.

      MINES                : Hydrocarbures (Algérie et Libye), phosphate (Maroc), fer (Mauritanie) etc.

      POISSON           : Grande richesse halieutique (cotes très poissonneuses notamment au Maroc et en Mauritanie

      INDUSTRIE       : Confection, agroalimentaire, pétrochimie, matériaux de construction, petite et moyenne entreprises.

      TOURISME        : Région très sollicitée pour son climat et son infrastructure touristique

(Egypte, Maroc, Tunisie).

 

                  
LA LIBERATION DES PEUPLES PASSE CEPENDANT   

                               AVANT L’UNION DES ETATS      

   Les six pays de l’Afrique du Nord présentent donc beaucoup de points communs et possèdent tous les moyens humains et les richesses pour constituer une communauté économique fiable. Mais est-ce suffisant pour pouvoir édifier une société de peuples libres, gérée par des institutions réellement démocratiques, une société où le citoyen a le droit de s’exprimer librement et de choisir librement ses représentants.

      Les six Etats concernés par l’Union des Pays l’Afrique du nord, objet de cet article, ne présentent pas, aujourd’hui tous les critères  pour constituer une entité démocratique.

      L’Egypte,
la Libye,
la Tunisie sont présidés par des militaires dont les mandats durent depuis plusieurs années. Les présidents égyptien et libyen espèrent même se faire succéder à la tête de l’Etat par leurs propres fils. En Algérie ce sont toujours les hommes du FLN qui détiennent  le pouvoir, chapeautés par les hauts gradés de l’armée. Pour des raisons que seuls les généraux connaissent Chadli Benjedid a été écarté de la présidence sans aucune explication et le président Boudiaf a été assassiné, et tous les deux pour avoir voulu se libérer de l’emprise de la junte militaire. En Mauritanie le seul président issu, soit disant, d’élections libres vient d’être limogé par l’armée, maîtresse du terrain et des institutions. Au Maroc, le premier ministre n’a aucun pouvoir réel. Le gouvernement marocain fragilisé dés sa formation, par sa composition hétéroclite, semble n’être en fait qu’une institution de façade.

    Comment dans de telles conditions peut-on faire démarrer le train de l’Union ? Comment peut-on concevoir, dans cet ensemble déchiré, aux membres enfermés sur eux même, une politique étrangère ou de sécurité communes et une économie intégrée ?   

    Aucune union entre ces Etats, ne sera durable tant que leurs dirigeants continueront de concentrer tous les pouvoirs entre leurs mains, tant qu’il n’y aura pas une totale liberté d’EXPRESSION et de RELIGION… L’UPAN, ce n’est pas six chefs d’Etats mais six peuples et 170 millions d’êtres humains qui doivent être les premiers concernés et maîtres de leur destin et de  toutes les décisions qui engagent l’avenir de leurs pays.      

   

                             

             

L’UNION POUR LA MEDITERRANEE :Pour quoi faire et comment?

2 septembre 2008

       LUNION POUR
LA MEDITERRANEE : Pour quoi faire et comment ? 

 

     La mer méditerranée, ce grand bassin de 2,5 millions de kilomètres carrés, a toujours été une voie de transport maritime, utilisée depuis l’Antiquité, par les peuples de la région, pour leurs échanges commerciaux et culturels. Mésopotamiens, Egyptiens, Perses, Phéniciens, Carthaginois, Grecs et Romains ont tous sillonné les eaux méditerranéennes et installé des comptoirs de part et d’autre du bassin, ce qui avait déjà permis, dans les temps anciens, d’établir des rapports humains et de tisser des relations entre les différentes civilisations de la région.

     L’expansion coloniale du 18 et du19 e siècles, à la recherche des matières premières et de nouveaux horizons de profit, a donné lieu à une plus grande interpénétration entre pays de la région et à l’établissement de rapports plus étroits sur les plans économiques et culturels.

     Mais après l’avènement des mouvements de libération et l’indépendance de la quasi-totalité des pays de la rive Sud, les données  et les rapports entre Européens et  les autres Méditerranéens ont pratiquement changé, devenant des relations entre pays souverains, ou plutôt entre anciens colonisateurs et colonisés, d’où l’existence encore aujourd’hui de séquelles inoubliables.

                       UNE UNION POURQUOI FAIRE 

     Bien entendu
la Méditerranée qui fut et reste toujours un creuset de cultures et de civilisations, doit constituer une zone de paix, de contacts humains, d’échanges et de prospérité. Groupant les croyants de toutes les religions du Livre, Juifs, Chrétiens, et Musulmans, cette région se doit aussi de demeurer à jamais un espace de tolérance, et de compréhension.  

      Lancée en 1995, le processus de Barcelone, l’Euromed, est repris à nouveau par l’appel de Rome pour l’union le 20 décembre 2007, par le président français, le président du conseil des ministres italien et le président du gouvernement espagnol qui ont établi  les grandes lignes du projet de l’Union et invité les chefs d’Etat et de gouvernement des pays riverains de
la Méditerranée, à une réunion le 13 juillet à Paris.

      Pour les instigateurs de cette idée, il s’agit d’instituer un partenariat entre les pays du pourtour de
la Méditerranée, en vue d’une coopération, d’une mobilisation des sociétés civiles, des entreprises, des collectivités locales, des associations et des ONG.

       Selon Alain Le Roy ambassadeur en charge du projet pour
la Méditerranée il sera question en priorité de la dépollution de
la Méditerranée à l’horizon 2020, d’investissement des entreprises dans les projets liés à l’eau, au réchauffement des nappes phréatiques, à la création d’un système d’irrigation, à la mise en place d’une autoroute maritime entre Alexandrie et Tanger, d’un plan solaire méditerranéen. Le programme prévoit également des projets agricoles et un espace scientifique méditerranéen.

      La rencontre de Paris aura pour but de fixer les principes et l’organisation de l’Union, ses objectifs immédiats et lointains, les domaines de coopération prioritaires, de se mettre d’accord sur un certain nombre de projets concrets dont les participants essayeront  d’étudier la fiscalité et les sources de financement.

                          UNE UNION ENTRE LE RÊVE ET
LA REALITE 

     Ce projet d’une Union pour
la Méditerranée qui a, en principe, obtenu l’accord de presque la totalité des pays intéressés, a cependant suscité beaucoup de commentaires et provoqué diverses réactions voire des réserves chez certains participants.

     Pour le Colonel Kadhafi cette union est humiliante et constitue un affront pour les pays du Sud. «  Nous ne sommes pas des affamés ou des chiens pour qu’ils nous jettent des os »  a-t-il notamment déclaré. De plus l’UPM va, a-t-il ajouté, rendre sans objet

la Ligue Arabe et l’Union des pays africains. Les autres pays arabes restent prudents et attendent des éclaircissements au sujet de la participation d’Israël. L’on craint dit-on une normalisation tacite avec le régime de Tel-Aviv. Le conflit arabo-israélien et celui entre l’Algérie et le Maroc au sujet du Sahara risquent en effet de constituer des accrocs et d’empêcher le fonctionnement normal de l’Union projetée. Ces mêmes pays du Sud de
la Méditerranée qui n’arrivent pas, depuis des années, à avoir des relations normales, pourront-ils un jour, dit-on, trouver un terrain d’entente entre eux ?

     Alger semble exprimer des craintes quant à sa place au sein des organismes de direction de la future Union. Le président du patronat algérien Habib Yousfi estime à son tour que pour le moment il n’y a aucune vision claire en matière de financement des projets d’investissement.

     Le commissaire européen au commerce, Mr Peter Mandel a reconnu que le volume des investissements en provenance de l’Europe reste faible. D’autre part les importations et exportations en provenance des pays du Sud de
la Méditerranée comptent pour moins de 10% des échanges de l’union européenne, laquelle est  tournée davantage vers les pays de l’Est.

   Le scepticisme des observateurs ne s’arrête pas là.

    Comme l’a si bien dit le professeur tunisien Khalifa Chater, « il faut éviter que le Sud méditerranéen ne devienne le pare-chocs de l’Europe face à l’Afrique ».La plupart des traités d’amitié et de coopération entre les Pays européens et ceux du Maghreb ne parlent que de l’émigration clandestine et du trafic des drogues, comme si la coopération entre l’Europe et l’Afrique devait se limiter à ces seuls domaines.

   Moulay Hafid el Alaoui, président de la confédération  générale des entreprises du Maroc a déclaré en marge de la conférence Med Business Days, tenue les 3 et 4 à Marseille que «  l’Europe doit considérer ses partenaires de la rive sud de
la Méditerranée, non pas comme étant des pays pauvres auxquels il faut donner l’aumône, mais plutôt des partenaires à part entière. »

    Pour Mme Leila Sbiti, présidente d’Anima Investment Network, il ne faut pas considérer le sud de
la Méditerranée comme « la partie boiteuse » de la zone, comme il faut arrêter également de le voir uniquement comme un marché de consommation. Estimant que le Sud étant un véritable moteur de croissance pour le Nord, Leila Sbiti plaide pour le « développement d’actions conjointes ».   

                                               CONCLUSION 

    Le projet de l’Union pour
la Méditerranée reste en lui-même, une idée porteuse d’espoir pour cette région que plus d’un lien destinent à un avenir commun.

    Il est cependant nécessaire, pour atteindre cet objectif, de passer par un certain nombre d’étapes et de faire preuve de beaucoup de patience. Certes,  il ne s’agira peut-être jamais d’intégration, mais de simple coopération, étant donné le grand retard à attraper par les riverains du Sud.

    Mais malgré cela, certains dirigeants des pays de la rive sud ne doivent pas voir d’un bon œil l’union projetée, laquelle risque de mettre à nue les pratiques anti-démocratiques de leurs régimes et de réveiller les consciences des jeunes générations qui n’arriveront pas à admettre que leurs dirigeants restent des décennies entières accrochés au Pouvoir, et ce, contrairement aux chefs d’Etat européens élus démocratiquement pour des périodes assez courtes.  

    Il est donc absolument nécessaire pour tous les régimes de la rive sud, de revoir leur style de gouvernement, de manière à devenir des interlocuteurs plus crédibles, en respectant la dignité humaine et les règles les plus élémentaires de la démocratie.

 

                                                                                     Mohamed  BOUHOUCH

   

   

2 septembre 2008

 

 

 

          
LA SECURISATION DE

LA ROUTE DU PETROLE : 

   Rime-t-elle avec l’élimination des Régimes islamo-révolutionnaires ? 

 

   La politique américaine poursuivie aux Proche et Moyen Orient étonne et inquiète plus d’un observateur. Menée dans un but : 

    - tantôt humanitaire, pour, soit disant, sauver un peuple opprimé et établir la démocratie dans un pays dominé par un régime autoritaire ; 

    - tantôt sécuritaire, pour, soit disant, empêcher la prolifération des armes de destruction massive ; 

    - tantôt politique et militaire, pour, soit disant, éliminer un régime terroriste, jugé dangereux pour la communauté internationale ; 

   - et peut-être, demain, dans le cadre d’une mission de gendarme international, pour, encore soit disant, empêcher l’Iran de mettre à jour son programme nucléaire. 

   Qu’en est-il exactement de la réalité de ce déploiement militaire américain dans la région proche et moyen orientale ? Peut-on croire sincèrement et un peu naïvement, qu’un pays, aussi puissant soit-il, puisse mener « bénévolement » une telle action, perdre des milliers de ses citoyens et dépenser des sommes colossales, pour le simple plaisir de l’humanité et l’amour de la démocratie ? 

                            RAPPORTS USA / ARABO-MUSULMANS 

     Durant la période de la guerre froide, les Etats-Unis d’Amérique avaient lié des relations économiques et stratégiques  avec un certain nombre de pays arabes sur lesquels ils exerçaient leur influence, en échange de la protection de leurs régimes. Ce fut le cas de tous les pays du Golf, de l’Egypte d’avant et de l’après Nasser, de
la Tunisie et du Maroc entre autres. D’autres Etats comme
la Syrie, l’Irak, l’Egypte de Nasser, l’Algérie de Boumediene,
la Lybie de Kadhafi, avaient fait serment d’allégeance au camp soviétique et déclaré leur opposition à ce qu’ils considéraient comme étant l’impérialisme occidental, prônant ainsi leur attachement à des idéaux révolutionnaires.

     Ce partage d’influence ne se limitait d’ailleurs pas aux seuls pays arabes mais s’étendait pratiquement à l’ensemble des petits pays du tiers monde, en Afrique, en Asie et en Amérique latine, dans lesquels les deux grandes puissances se disputaient la primauté des marchés pour la vente de leurs produits notamment militaires et l’acquisition des matières premières .Dans le présent article, nous nous limiterons aux proche et moyen Orient, une zone dont la particularité consiste en sa richesse pétrolière et l’émergence depuis quelque temps, de régimes notamment islamiques, hostiles à la présence «  militaire » américaine dans la région.

                 Les Régimes islamiques sont-ils nés pour combattre l’occident ?

     Croire cet adage serait absolument absurde et insensé. Je ne pense pas qu’il existe un seul régime islamique qui aurait été érigé au départ,  pour s’attaquer aux Américains et d’une manière générale aux occidentaux. A peine libérés du joug colonial européen, tous les jeunes Etats de la région, grande réserve de pétrole et importantes places stratégiques, allaient devenir, après la fin de la deuxième guerre mondiale, la convoitise et l’objet de surenchère des grandes puissances.

    La caractéristique de la  plupart, pour ne pas dire de la totalité des régimes arabes, durant toutes ces dernières années, est le maintien du même homme fort, à la tête de l’Etat, durant de longues années, avec la bénédiction et la protection de l’un ou de l’autre des deux Grands. Que ce soit dans le camp de l’Est ou celui allié de l’Occident, les dirigeants des Proche et Moyen Orient s’emparaient du pouvoir dont ils s’accaparaient jalousement, jusqu’à la fin de leur vie ou leur éviction à la suite d’un coup d’Etat, avec plus ou moins la complicité de la puissance protectrice.

    Avec les années qui passent, les peuples constatent l’incompétence de leurs dirigeants et leur incapacité à résoudre leurs problèmes et à améliorer le niveau de leur vie.

    Malgré certains changements de régimes de la royauté ancestrale, comme en Tunisie, en Lybie, en Egypte, en Irak et ailleurs et l’érection de régimes républicains nationalistes avec parfois une teinte socialiste, malgré la mise en application de constitutions octroyées et l’organisation d’élections plus ou moins truquées ou tout simplement la mise en place de conseils consultatifs auprès du Souverain absolu, la situation des peuples est restée pratiquement la même et s’est empirée de plus en plus: Sous développement économique et intellectuel, analphabétisme, maladies, pourrissement de la société, jeunesse désœuvrée, corruption, avilissement des mœurs, pauvreté, grande disparité des classes, absence de libertés, etc.…d’où le mécontentement de plus en plus grand des peuples et l’apparition de forces d’opposition à l’intérieur comme à l’extérieur des pays.

   La volonté du changement et l’espoir d’un futur meilleur ont commencé à se faire jour et à exercer toute leur emprise sur l’esprit d’une jeunesse aux yeux bien ouverts sur le monde, des jeunes qui ne veulent plus accepter leur situation misérable, tolérer des gouvernants potentats et une main mise de l’Etranger sur les richesses nationales. Ni les souverains absolus, ni les gouvernants nationalistes, ni les militaires au pouvoir n’ont été, jusqu’à présent, capables de mener à bien la gestion des affaires de leurs pays ou de réaliser un quelconque progrès sur les plans économique, social et démocratique.

    Toute manifestation et toute velléité de révolution sont très vite étouffées et sévèrement réprimées.                                                                                                                                                                              La religion est donc devenue le seul recours et le seul refuge de ces peuples opprimés et    bâillonnés.

    Des prêcheurs de tout bord ont alors trouvé, en ces jeunes désœuvrées, un terrain favorable et des oreilles attentives pour dénoncer l’exploitation des richesses de leurs pays et l’influence « néfaste » de l’Etranger sur les mœurs.

    Le souvenir du colonialisme, encore vivant au Grand Maghreb et en Irak, le conflit israélo-palestinien qui a trop duré et fait des milliers de victimes parmi les musulmans, à cause affirme-t-on, de la complicité et de la partialité des Américains, tout cela a contribué à la naissance et au développement d’un sentiment anti impérialiste et d’un déchaînement des passions qui s’est peu à peu transformé en ressentiment contre l’Occident d’une manière générale et plus particulièrement contre les Etats Unis.

   Mais de là, à penser que les peuples des Proche et Moyen Orient sont tous des terroristes qui veulent la destruction systématique de l’Amérique et de l’Europe, serait commettre une grave erreur d’appréciation et par conséquent, faire un jugement sans fondement.

   Bien sûr, certaines personnes vont me dire, comment dans ces conditions, expliquer et qualifier l’action entreprise par
la Qaeda de Ben Laden et notamment l’attaque des tours du World Trade Center et les pertes qu’elle a entraînées ? Ce même Ben Laden leur répondra « comment également comprendre les bombardements américains et alliés lors de l’invasion de l’Irak qui ont occasionné plus d’un million de morts de personnes innocentes et laissé des milliers de sans abri et des dégâts considérables » ?

         QUE VEULENT LES JEUNES GENERATIONS MUSULMANES ? 

      La raison d’être des organisations islamiques n’a jamais été, quoi que l’on dise, la destruction de la civilisation occidentale. Ce qui les intéresse en premier lieu, c’est :

       - se dégager du joug néocolonial ;

       - se débarrasser des régimes archaïques et pourris qui leur sont imposés ;

       - et instaurer des gouvernements démocratiques, issus d’élections libres, dans le cadre d’une communauté édifiée sur le respect et l’application des hautes valeurs de l’Islam.

      Toutes les religions du Livre, sans exception, imposent à l’homme une conduite morale et un certain nombre d’interdits. Si certaines communautés se sont permis dit-on de s’éloigner des principes de leur religion, au nom de la liberté individuelle et de la laïcité, l’Oumma islamique, quant à elle, a opté pour un attachement au respect et à l’application des préceptes et des obligations de leur religion, l’Islam. La véritable démocratie et le fondement même de la liberté, nous imposent de respecter le choix de chaque communauté, qu’elle soit occidentale, islamique, indienne ou chinoise. Si les musulmans veulent une observation stricte de leur religion, qu’on leur foute la paix.

     Mais soyons honnêtes et ayons le courage de dire que le véritable problème entre l’Occident et les Musulmans, ne réside pas du tout dans le choix ou l’application d’une religion. Les pays occidentaux s’intéressent très peu à ce qui se passe, à ce sujet, en Afrique noire ou en Asie centrale. L’attention et l’intérêt américain se polarisent aujourd’hui sur la région proche et moyen orientale parce qu’elle est riche en pétrole et située dans une zone stratégique d’une haute importance.

    L’éveil des peuples de cette partie de la planète ne consiste pas uniquement à préserver la pureté et l’intégralité des principes de l’Islam, mais à restaurer l’apogée des premiers temps, à promouvoir le développement économique et social, à rattraper le retard sur les plans technologique et scientifique, de manière à s’aligner sur les grands ensembles mondiaux et à ne plus rester dépendants de l’Occident. Ils en ont les moyens matériels et intellectuels.

    Il se trouve cependant que ce rêve ne peut se réaliser qu’au détriment des intérêts économiques de l’Occident qui a besoin de maintenir son influence dans la région et par conséquent, instituer et consolider des régimes à sa portée et à sa solde.

    L’Irak de Saddam, le régime des Talibans, il y a quelques temps, et aujourd’hui, l’Iran des Mollahs,
la Syrie d’Assad et toutes les organisations islamiques de la région constituent pour les USA des embuches qui restent absolument à éliminer, pour continuer à dominer l’exploitation et le marché du pétrole.

    Dans un article du 16/9/2007, intitulé « Mourir pourquoi en Afghanistan » l’auteur écrit : « Le motif de la guerre au terrorisme en Afghanistan, est devenu un objectif secondaire, mais préalable à la réalisation des enjeux militaro-pétroliers de la région. »… »La  démocratie et la libération des femmes afghanes, dit-il encore, sont des motifs et des arguments vertueux utiles pour la propagande de guerre »

   Le monde entier, sauf peut-être, le peuple américain, sait que la pacification de l’Afghanistan est absolument indispensable pour la construction du pipeline trans-afghan pour accéder au pétrole et au gaz naturel des républiques de l’Asie centrale au nord de l’Afghanistan.

   Le monde islamique qui n’est pas, encore une fois, opposé systématiquement aux pays occidentaux, serait peut-être disposé à accepter un partenariat avec eux, pour une meilleure collaboration et une exploitation équitable des richesses de la région, à la condition, bien entendu, de respecter le libre choix de leurs dirigeants et de leurs instances nationales. Pourquoi donc s’entêter et continuer à installer et à protéger des gouvernements impopulaires, tels ceux  actuels du golf, de l’Irak et de l’Afghanistan dont l’autorité ne dépasse pas le périmètre de leurs palais ?  

   L’avenir appartient à la jeunesse musulmane émancipée. L’occident doit le comprendre et l’admettre, une fois pour toutes. Rien ne sert de sacrifier des milliers de vies humaines pour un avenir incertain. L’Islamisme, le fondamentalisme, l’intégrisme sont des vocables vides de signification, inventés par et pour la propagande occidentale. Il y a l’Occident et les peuples des Proche et Moyen Orient. Chaque partie cherche à défendre ses intérêts vitaux. Ils sont condamnés tôt ou tard, à s’entendre et à collaborer. Il n’y a pas d’autre issue… 

   La période de l’escalade coloniale européenne des 18 et19e siècles, vers les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, est maintenant révolue. Les relations inter Etats doivent être conçues et fondées maintenant sur d’autres considérations, d’autres critères et surtout avec une autre mentalité.  

 

    

 

 

 

RELIGION ET COEXISTENCE

2 juin 2008

                             

 

      A une époque où l’Homme a marché sur la lune et envoyé avec succès, des sondes à la planète mars dans l’espoir d’y atterrir un jour, à cette époque de découvertes et de créations scientifiques d’une grande importance pour l’humanité, certaines sectes musulmanes s’affrontent encore à coup de balles et de bombes, dans des combats fratricides, notamment entre Sunnites et Chiites, opposés les uns aux autres pour des différences, pour ne pas dire des détails futiles, dans la pratique de l’Islam.

      L’on se demande comment peut-on concevoir et encore moins admettre qu’au 21e siècle il puisse encore exister de tels antagonismes religieux. Quatorze siècles environ se sont écoulés depuis la mort du prophète Mohammed. Un nombre incalculable d’ouvrages ont été consacrés à l’analyse et aux commentaires de chaque verset et de chaque mot du Coran, de toutes les paroles et actes du prophète. Et l’on continue encore aujourd’hui, à revenir sans cesse et fastidieusement, sur ce qu’on n’a pas cessé de dire et de répéter depuis 1400 ans. Les plus grands et plus éminents docteurs musulmans ne trouvent pas d’autres sujets que ces thèmes, toujours les mêmes,  relatifs à la pratique de la religion ?

     Dans le présent article nous essayerons en premier lieu, de passer en revue les points de divergences qui opposent actuellement  Sunnites et Chiites et, dans une deuxième partie, nous ferons état de la conception de la grande majorité de la jeunesse intellectuelle musulmane, de ce que devrait être demain, le visage d’une société islamique moderne, fondée sur la liberté religieuse et le respect des droits de l’Homme.

 

                    POINTS DE DISCORDE ENTRE SUNNITES ET CHIITES 

     Les Musulmans comptent actuellement environ 1milliard 300 millions de fidèles dans le monde dont 940 millions en Asie, 340 millions en Afrique, 36 millions en Europe, et un peu plus de 5 millions en Amérique.

      Les Chiites ne représentent que 15% environ du total mais sont majoritaires en Iran (94%), Irak (63%), Liban (35%). Par contre ils sont minoritaires dans tous les autres pays du Moyen Orient : 30% au Koweït, 16% aux Emirats, 12% en Syrie. Le mot chiite vient du mot chi’at Ali, c’est-à-dire le parti de Ali, cousin du prophète Mohammed.

      La grande majorité des Musulmans appartiennent donc à la secte sunnite.

      Jusqu’à la mort du prophète en 632, Sunnites et Chiites vivaient dans une totale symbiose. Et c’est à partir de ce moment que l’OUMA, la communauté islamique allait connaître les problèmes de succession. Mais après quelques brèves discussions et avis des différents proches du prophète et doctes religieux, le choix du premier Calife (successeur de Mohammed) s’est fixé sur Abu Baker, décédé en 634, auquel succéda Omar (634-644) et Othman (644-656).

       Ce n’est donc qu’après la mort de ces trois premiers Califes que vint le tour d’Ali ibn Abi Talib, cousin du prophète, pour diriger la communauté musulmane. Et ce fut le point de départ des divergences entre les sunnites et les chiites.

                                  Pour ce qui est de la nomination du calife. 

     Pour Ali et ses acolytes, la charge de Calife, successeur du prophète, revient uniquement aux descendants en ligne du prophète Mohammed. Avant d’être un chef politique, le Calife est d’abord l’IMAM des musulmans, personnage ayant un caractère sacré, sensé être infaillible et possédant une science surhumaine. Son enseignement a valeur définitive, il connaît les choses cachées et, pour cette raison, tous les fidèles lui doivent allégeance.

      Contrairement aux Sunnites, les chiites considèrent que seuls les descendants de l’Imam Ali sont susceptibles d’être nommés à cette haute fonction et de lui succéder à la tête de la communauté. C’est là en quelque sorte une glorification d’Ali. Les chiites soutiennent d’autre part que le prophète n’est pas mort dans les bras de son épouse Aicha, fille d’Abu Baker, comme cela est communément admis par les Sunnites, mais plutôt dans les bras de sa propre fille Fatima, épouse d’Ali. C’est encore, dit-on, Ali  qui s’occupa personnellement des obsèques du prophète. Pour les Chiites, Ali est le prototype de la bravoure, de la sagesse, un guerrier de valeur et un stratège habile. Pour certains, Ali a accompli des miracles comme la guérison des blessés pendant la guerre. Il reviendrait même, selon eux, après sa mort pour châtier ses ennemis.

       Pour les Sunnites Ali est un personnage très quelconque et c’est pourquoi, dit-on, Abu Baker, Omar et Othman lui ont été préférés, après la mort du prophète.

               

LA FONCTION DE L’IMAM CHEZ LES UNS ET LES AUTRES 

    Les Chiites attribuent une grande importance au culte de l’Imam. Pour eux, l’Imam est le continuateur de la mission de Mohammed. Il est le seul à connaître le sens intime de l’Islam, communiqué secrètement selon les Chiites, par Dieu à Mohammed, lors de son ascension en 621, puis par le prophète à Ali, et transmis par celui-ci à ses successeurs. L’imam est par conséquent infaillible, exempt de péché et d’erreur. Son autorité doctrinale est définitive et fait foi pour l’interprétation du Coran et de
la Sunna .Les Sunnites, par contre, considèrent que le calife est un souverain temporaire, chargé de conduire les affaires de
la Communauté et de veiller entre autre, à la protection du caractère religieux de l’Etat.

     Chez les Sunnites l’impeccabilité et l’infaillibilité sont des qualités réservées au prophète. Quant aux choses cachées, elles sont du domaine de Dieu.

     Depuis qu’il n’y a plus d’Imam à la tête des Etats islamiques ayant adopté le rite sunnite, l’imam n’est plus qu’un homme parmi d’autres, qui préside la prière.

     En plus de cette éminence et le caractère sacré donnés à l’Imam, les chiites se distinguent des sunnites par l’existence d’un clergé, hiérarchisé et complètement indépendant du pouvoir politique. En Iran, le guide de
la Révolution (Ayatollah) est nommé par un collège de 80 religieux (des mollahs). Il possède d’importantes prérogatives dont celles de nomination aux hautes fonctions de l’Etat. Hiérarchiquement, il est au dessus du président de
la République, lequel est élu suite à des élections ordinaires.

                                  LES DIVERGENCES DOCTRINALES 

   Le droit islamique est fondé principalement sur :

    -le Coran

    -le hadith et la sunna (recueil des actes et paroles du prophète)

    -le consensus « al ijmaa »(les règles acceptées et comprises par l’ensemble)

    -le qiyas, raisonnement par analogie.

Remarque :

-         le coran et le hadith sont les deux sources principales, admises par l’ensemble des Musulmans ;

-         le consensus n’est pas reconnu par les chiites puisque, estime-t-on, l’Imam est infaillible.

-         Les différentes écoles islamiques divergent au sujet du raisonnement par analogie, le qiyas

                                    Autres divergences.

  Si le premier point de divergence entre Sunnites et Chiites se limitait au départ, à la légitimité de la désignation de l’Imam, on a vu apparaître avec le temps et les apports des différents imams qui ont succédé à Ali, un certain nombre de nouvelles interprétations du Coran, et partant l’introduction ou l’interdiction par les Chiites de nombreuses pratiques religieuses. Nous nous limiterons, dans cet articles à quelques cas seulement, à titre d’exemple.

     1°) Au sujet de
la Chahada : Pour les Sunnites, la formule consiste à dire ‘’ je déclare que dieu est Unique et que Mohammed est son prophète ‘’. Les Chiites ajoutent ‘’ et qu’Ali est l’Imam d’Allah’’

   2°) Le rite du sabb (injure) qui consiste à excommunier Aicha épouse du prophète et fille d’Abu Baker, ainsi que les trois premiers Califes et tous les compagnons du prophète qui n’avaient pas soutenu Ali, attitude que tous les autres Musulmans estiment comme étant une véritable hérésie

  3°) En plus de
la Kaaba à
la Mecque, et du Mausolée du prophète à Médine, les Chiites ont d’autres lieux saints en Irak notamment (Mausolée d’Ali et de son fils Hossein).

  4°) Les Chiites croisent les bras pendant la prière et les sunnites les tiennent allongés le long du corps.

                   DES DIVERGENCES A

LA HAINE ET AUX TUERIES 

        De l’avis unanime des doctes musulmans, les divergences entre Sunnites et Chiites ne changent en rien l’essentiel de la loi islamique.

        Le contenu du Coran est resté intact et reconnu par l’ensemble des croyants, bien que les Chiites soupçonnent les collaborateurs d’Abu Baker d’avoir supprimé des passages relatifs à leur Imam Ali.

        Les cinq obligations coraniques, à savoir
la Chahada, la prière, le jeûne du ramadan,
la Zakat et le pèlerinage aux Lieux saints, sont unanimement reconnus comme étant les piliers de l’Islam, bien entendu avec quelques petites différences sans grande importance dans la pratique, comme nous l’avons signalé plus haut.

        Les musulmans ne sont pas les seuls à avoir de telles divergences religieuses. Le Judaïsme a connu un shiisme entre l’an 200 av. JC et l’an 200 de notre ère  Les églises romaines et byzantines ont eu leur conflit vers l’an 400. Les  Chrétiens, catholiques, protestants et autres se sont également affrontés entre 1400 et 1450. De véritables conflits les ont opposées dans le passé. Mais avec le temps, chaque partie a fini par admettre et respecter la différence avec les autres.

       Chez les Musulmans ce conflit a trop longtemps duré, s’est élargi pour s’étendre à des domaines qui n’ont rien à avoir avec la religion.

        Après l’assassinat d’Ali en 661, son fils Hossein qui a conduit les partisans de son père, fut à son tour tué par les sunnites à Karbala (Irak) en 680. Cette mort de Hossein allait consommer définitivement la rupture entre Sunnites et chiites, une rupture qui dure pratiquement depuis presque 1400 ans.

         Selon Hisham Hellyer (Mai 2008) « le problème du conflit entre sunnites et Chiites, est un vieux schisme historique, une division politique, devenue par la suite religieuse. Aujourd’hui, c’est bien le monde politique qui a fait de cette division un problème si monumental ».

         En Irak et au Liban les antagonistes s’opposent encore aujourd’hui dans des luttes armées fratricides, où les uns et les autres sont victimes d’atrocités abominables.

         Les chiites nourrissent une haine implacable envers les sunnites voire contre tous les autres musulmans qui n épousent pas leurs idéaux religieux. Leur théorie, rigide et monolithique, est imposée par la force à tous leurs adeptes. N’acceptant ni commentaire ni point de vue sur leur système religieux, les chiites sont restés de tout temps, enfermés dans un fanatisme sectaire et aveugle, repoussant toute évolution et toute ouverture.

        A noter que les Sunnites bien que plus souples et soit disant plus tolérants, ne sont pas pour autant, plus respectueux des droits de l’homme.

                          DROITS DE L’HOMME ET LIBERTE RELIGIEUSE 

               L’Occident estime que la démocratie et la liberté ne font pas encore partie du vocabulaire arabe et musulman. Tous les discours et les prêches portent dit-on  sur le culte de l’extrémisme et la défense, à n’importe quel prix,  de l’héritage légué par le prophète. Plusieurs  auteurs et penseurs arabes, de culture occidentale, soutiennent que la croyance en Dieu et le choix d’une religion sont des affaires strictement personnelles qui ne concernent que l’Homme et lui seul. Chaque être humain a le droit, ajoute-t-on, de pratiquer la religion qui lui plait selon ses convictions intimes et non pas sous la menace et la pression d’une autorité ou d’une organisation quelconque.

      La plupart des observateurs constatent que les Chiites prônent une grande rigueur dans la pratique de l’Islam.  Compliquer davantage les obligations de la religion, s’accrocher à des détails souvent sans grande importance, voire parfois même ridicules, ne peut, selon ces mêmes observateurs, que diviser les croyants et les opposer les uns aux autres, ce qui est le cas, depuis presque 14 siècles. Nul n’a le droit en effet, de se targuer d’être plus musulman que les autres ou de vouloir se passer comme maître dans l’art de prier Dieu. Le Très Haut accepte la prière du petit et du grand, du savant et de l’ignorant illettré. Ce qui compte, avant tout, c’est la foi, c’est la conduite de l’Homme vis à vis de ses semblables, c’est son honnêteté et non pas son fanatisme et sa haine envers les autres.

      Les Musulmans ne représentent que le 1/6 des habitantes de la terre. Est-ce là une raison pour supprimer les 5/6 qui ont adopté une autre religion ? Sur le milliard 300 millions qui adhèrent à l’Islam dans le monde, seuls 14% sont arabes et peuvent lire le Coran dans sa version originelle. Doit-on exiger du reste des musulmans, soit la grande majorité, de pratiquer la religion et de célébrer la prière avec la même perfection que le prophète et ses compagnons ? Non ! Doit-on passer notre temps à prier et à écouter des prêches ? Non ! Ce n’est pas en adorant Dieu jour et nuit que le monde musulman combattra la misère et l’ignorance dans lesquels il est plongé, mais en s’activant, en s’évertuant à rattraper son retard, en travaillant comme l’ont fait les Chinois, en inventant et en créant comme le font les Japonais.

      L’avenir du monde musulman réside dans le respect des droits de l’Homme et plus particulièrement dans le respect du libre choix d’une religion et d’une certaine liberté dans sa pratique. Tout dernièrement un pays arabe a condamné une femme à la prison, pour s’être convertie au christianisme. Je pose la question suivante à tous les doctes de la loi islamique et leur demande : est-ce qu’ils seraient aujourd’hui musulmans eux-mêmes, si leurs ancêtres et leurs parents étaient nés en Australie ou en Finlande ? Certainement non ! Alors ne lions pas la notion de nationalité à celle de confession. Un citoyen d’un pays quelconque a le droit de pratiquer la religion qu’il désire ou de ne croire à rien. C’est une chose qui ne concerne que lui.’’ Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses ’’ dit l’article 10 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 Aout 1789)

    J’admets que c’est là uns attitude encore très difficile à envisager dans le monde musulman actuel.  Cela n’est possible qu’avec l’adoption de la laïcité, autrement dit avec l’application du principe de la séparation des domaines politique et religieux, dans lequel l’Etat reste neutre entre les différentes religions. D’ailleurs comment peut-on, par exemple,  appliquer l’obligation du port du voile dans un pays comme le Liban, où plus du tiers des femmes arabes sont chrétiennes ? Nous le répétons encore une fois, la religion est une affaire entre Dieu et l’Homme, sans aucun intermédiaire.

    Que tous ces prédicateurs bénévoles ou intéressés cessent donc leur prêchi-prêcha et aillent chercher d’autres occupations plus utiles à la société.

     La laïcité n’a jamais été la négation de la religion, mais bien au contraire elle suppose le respect de toutes les croyances sans distinction, dans un Etat neutre.

     Disons enfin qu’un Etat moderne et démocratique a le devoir et l’obligation de protéger ses citoyens contre toute oppression de quelque nature que ce soit.

      La piété et le degré de dévotion de l’être humain doivent être jugés par le Créateur et non pas par l’individu.                                             Mohamed  BOUHOUCH 

 

     

       

  

 

     

                             

 

 

                                         

    

   

                              

 

La Police de Proximité

18 mai 2008

                                            

                                      

INTRODUCTION 

    La sécurité quotidienne des citoyens, la tranquillité à laquelle ils ont droit dans leurs quartiers et dans leurs foyers, la protection de leurs enfants et de leurs biens, relèvent de la mission spécifique de la police.

    Les phénomènes de l’insécurité qui changent souvent avec le temps,  peuvent varier d’un lieu à un autre .Aussi, les services de police ont-ils l’obligation de concevoir leur organisation et leur action, en fonction de l’évolution et de la nature de la délinquance .Une police routinière, une police qui stagne, une police qui n’évolue pas avec le cours des événements, est une police condamnée à l’inefficacité et à l’impuissance.

   

   .

    Comme tout pays, le Maroc a également ses problèmes spécifiques de sécurité .L’augmentation constante d’une population galopante, l’exode rural et l’afflux vers les villes engendré par la sécheresse et un plus grand taux de natalité dans la campagne ,le chômage d’une jeunesse de plus en plus désœuvrée et l’influence enfin des sectes religieuses,ont largement suscité ,pour ne pas dire crée, un climat social favorable à la contestation ,à l’explosion de la colère populaire et partant, à une certaine tendance à la violence .

    De nombreux citoyens déplorent aujourd’hui le climat d’insécurité qui règne dans certains quartiers des grandes villes où il est risqué parfois de sortir le soir et encore plus la nuit.

    Encouragés par l’absence d’une police locale permanente dans les quartiers populaires notamment, cette jeunesse désoeuvrée constitue souvent des bandes organisées d’agresseurs et devient maîtresse des lieux, déferlant la violence et instaurant un climat de psychose et d’insécurité.

   

     La police n’est visible et plus ou moins permanente, que dans les centres ville, alors qu’elle est actuellement beaucoup plus indispensable et plus utile dans les quartiers populaires et les bidonvilles.      On a vu, il y a quelque temps, l’apparition temporaire d’une certaine police motorisée, baptisée par le public de  « croissia ». 

      Pour tout le monde ces unités avaient été créees pour le simple tape à l’œil et pour détourner l’attention, à la suite de la recrudescence de la criminalité à l’époque. 

                      DEFINITION, DOMAINES ET OBJECTIFS                                  DE
LA POLICE DE PROXIMITE 

         

                            

       L’expérience a démontré qu’une police isolée, qui n’a pas le concours et l’appui des  habitants est une police désarmée .Les citoyens qui sont normalement les premiers intéressés par l’administration de leur cité, doivent être également et logiquement engagés dans la gestion des questions de sécurité, dans lesquelles ils sont physiquement impliqués .Si les habitants s’intéressent, en même temps que la police, et conjointement avec elle, à la lutte contre la délinquance, le résultat ne peut être que meilleur.

      Le désintéressement de la population, la passivité des témoins potentiels, favorisent incontestablement la délinquance .La peur de dénoncer un malfaiteur, la crainte de perdre son temps dans les commissariats et éventuellement aux tribunaux pour témoigner, répugnent en effet  beaucoup de gens .Plusieurs victimes de vols à la tire et autres méfaits renoncent même à signaler leurs préjudices, assurés à l’avance, qu’ils n’obtiendront aucun résultat .Il faut dire aussi que les témoins ne sont pas toujours sollicités pour apporter leur concours .Dans la plupart des cas les policiers ,pressés de  conclure leurs enquêtes,se contentent de passer en coup de vent sur les lieux des infractions,sans toujours faire un constat en bonne et due forme et sans trop chercher à obtenir sur place des informations et des indices susceptibles de les aider à se constituer des hypothèses valables,pour l’identification des malfaiteurs . Ne parlons pas du relevé des empreintes digitales, la police judiciaire ne dispose pas, surtout au niveau de l’arrondissement, d’un service et d’agents compétents d’identification.

      L’ absence de collaboration qui résulte d’un manque de confiance, pour ne pas dire d’un divorce entre habitants et police, profite bien entendu aux délinquants .Il va falloir, par conséquent, à l’avenir, reconvertir les esprits et opérer un véritable rapprochement entre citoyens et services de sécurité, en vue d’une collaboration utile et productive.

       L’indifférence des habitants devant des situations qui nuisent à leur sécurité, à leur bien être et à leur hygiène de vie, est un fait qui tend à devenir un phénomène généralisé dans la société marocaine.Or, une société qui refuse de se défendre, est une société qui encourage la délinquance .Est-ce par manque de civisme ? Est-ce une  simple question de culture  de la citoyenneté ? Il appartient aux responsables, autorités, élus et associations, d’éduquer la masse populaire, de l’initier à la défense des intérêts locaux et de l’environnement.

      Le quartier qui constitue une cellule sociale où un certain nombre de personnes vivent ensemble, se connaîssent entre eux, ont les mêmes soucis et éprouvent les mêmes besoins, est une unité idéale pour une organisation et un travail efficace de police.

      Il y a donc intérêt que police et habitants se rapprochent d’avantage, développent et établissent des liens étroits dans les domaines de la prévention et de la lutte contre la petite et moyenne délinquance .Les quartiers des villes doivent être investis en permanence et avoir un système de couverture bien étudié et adapté ,qui met habitants et autorités à l’abri de toute surprise .La police doit savoir jour et nuit, ce qui se passe dans chaque rue et dans chaque immeuble de la ville .Cela n’est possible que dans le cadre d’une relation quotidienne et permanente avec la population . «  Je suis pour une police fidélisée qui connaît tous les habitants par leurs prénoms et leurs professions » a dit François Bayrou ex candidat français à la présidentielle.

       C’est là la définition même et la signification de la police de proximité, laquelle s’exerce auprès des citoyens, avec eux, et pour eux. 

      Quelques nuances existent cependant en France entre
la Gauche et
la Droite, en ce qui concerne la mission de la police de proximité. Pour le parti socialiste, les policiers doivent établir un accord de partenariat avec les établissements scolaires, pour la protection et l’éducation des enfants, avec les hôpitaux pour l’aide et les secours à porter aux malades et aux personnes fragilisées.

        Pour Nicolas Sarkozy et la droite, les policiers ne doivent pas, par contre, faire un travail d’assistante sociale, mais se cantonner à leur mission de prévention et de répression et privilégier la culture du résultat. Mais cette conception du travail de la police, n’exclue aucunement la collaboration et le partenariat. La police a besoin d’être aidée et informée. En plus de l’écoute quotidienne des citoyens, notamment les victimes, la police a intérêt à rester en contact permanent avec les autorités, les moukkadems de quartiers, les élus, les associations, les corporations, les gardiens de nuit et de voitures, Les gradés de police, responsables locaux devront faire très souvent des tournées nocturnes pour voir ce qui se passe dans les quartiers et interpeller  et orienter leurs subalternes

      S’approcher des citoyens, c’est aussi résoudre les problèmes dont ils souffrent : ces voyous qui harcellent les femmes et les filles, ces adolescents qui jouent au ballon sur la voie publique et importunent les passants, ces ivrognes qui hurlent toute la nuit sous les fenêtres de citoyens qui dorment, ces tapages nocturnes causés par des baffes puissants, installés à l’occasion des fêtes de mariage et orientés vers l’extérieur, qui tapent sur les nerfs des citoyens jusqu’à l’aube, sans qu’aucun service de police ne se manifeste ou agisse.

      Combattre ces incivilités, c’est participer à l’apprentissage de la citoyenneté.        Empêcher les enfants d’endommager les voitures en stationnement, de salir les murs des maisons, de détruire et de détériorer les biens publics et privés, de piétiner le gazon des jardins publics, voilà une des missions qui rapprocheront davantage, habitants et policiers et feront de ces derniers des citoyens bien appréciés et estimés par le public.                 Bien entendu, ce genre d’activité n’incombe pas aux seuls services de police. Tout le monde doit y prendre part : Autorités locales, corps élus, corporations diverses, associations et bénévoles, le tout regroupé au sein d’un « conseil du quartier », sous l’égide de l’autorité locale. 

       Tout ce qui concerne la sécurité, la salubrité et la tranquillité du quartier doit être le travail et le souci de tous. Mais il appartient à l’autorité et aux corps élus d’organiser et de coordonner ce travail, avec la collaboration de la police et la participation active des habitants. Voila le vrai sens de la citoyenneté.

              ORGANISATION DE
LA POLICE DE PROXIMITE 

     D’une manière générale, tout le monde s’accorde à dire que les policiers doivent :

      -Bien connaître leurs terrains d’intervention       -Être bien connus des habitants 

      -Avoir une présence accrue sur la voie publique ;       -Être généralistes, donc polyvalents ;      -Être visibles et accessibles ; 

     -Avoir toujours des objectifs clairs pour une action efficace. (Un programme ciblé, établi en fonction des circonstances du moment et du genre de délinquance constaté.).

      -Faire une évaluation régulière de l’action entreprise.      -Être toujours tournée vers les préoccupations des habitants et rester à leur écoute. 

     Cela n’est possible, bien entendu, qu’avec l’existence d’une police de proximité.

      Quelle que soit l’organisation de la sécurité publique d’une cité, on doit prévoir normalement un service de police de proximité dans chaque arrondissement, sans oublier ou négliger les quartiers périphériques de la banlieue source, la plupart du temps, des grands problèmes de sécurité.

       En effet, l’exode rural draine des populations, de plus en plus importantes vers les grandes villes, lesquelles se sont étendu démesurément, ces derniers temps, avec l’implantation, à leurs abords de quartiers populaires et bidonvilles, très éloignés des centres ville, et par conséquent sous administrés, voire pratiquement incontrôlés et incontrôlables.

       Ces quartiers éloignés qui échappent aujourd’hui complètement à l’autorité de la police, servent de refuges à un grand nombre de malfaiteurs qui opèrent dans les centres ville et ne reviennent dans leurs tanières, que pour se reposer, cacher leurs butins ou se soustraire à l’action de la  police en périodes de rafles et de contrôles.

       Ces mêmes quartiers se sont également avérés comme étant des lieux privilégiés par certaines organisations subversives, notamment islamiques, qui trouvent en ces banlieues des planques tranquilles et une réserve humaine, de jeunes désœuvrés et marginalisés, bref des conditions favorables pour s’adonner librement à leurs activités d’endoctrinement et de recrutement.

        La couverture policière de ces quartiers est donc, plus que jamais, nécessaire et indispensable. Et c’est là, où la connaissance de tous les habitants et de toutes leurs activités apparentes ou clandestines, doit être le premier objectif des éléments de la police de proximité, lesquels communiqueront tous les renseignements utiles aux services spécialisés.

        Ce travail entre dans le cadre de la mission de prévention de la police.

        Dans la plupart des  grandes villes, les policiers ne sont  présents, la nuit, que dans les commissariats et quelques rares postes de police et restent absents en dehors, laissant les champs libres aux « caïds », aux agresseurs nocturnes, aux ivrognes et aux drogués qui deviennent maîtres du terrain.

        La police de proximité a pour mission d’investir tous les quartiers réputés sensibles et difficiles, de réaffirmer l’autorité de l’Etat, de faire baisser la délinquance, de redonner aux habitants confiance et le sentiment de sécurité pour leur permettre de circuler en toute liberté et quiétude. Tous les énergumènes, auteurs d’agressions nocturnes doivent êtres traqués et arrêtés.

       Il ne doit plus exister non plus dans nos villes, des quartiers réputés comme étant des lieux de prostitution, des marchés pour la vente clandestine des drogues et des boissons alcoolisées.

       Certains endroits de la ville sont plus fréquentés que d’autres. Il en est ainsi des rues commerçantes, des marchés, des terrains de sport, des gares routières. Ces lieux sont connus pour être des zones de prédilection des vols à la tire et à l’arraché, vols dans voitures, vols de cycles, etc. C’est cette petite et moyenne délinquance avec les atteintes à la personne qui inquiètent le plus, les citoyens, parce que leurs auteurs restent, bien souvent impunis. Pourtant ce sont presque toujours les mêmes qui agissent et recommencent. Avec une meilleure organisation sur le terrain, et un peu plus de persévérance, de bons éléments de la police de proximité arriveront facilement à les mettre hors d’état de nuire.

      Notons enfin que la grande délinquance, tels les crimes, le banditisme, la criminalité de sang, la subversion, les vols qualifiés etc. restent de la compétence exclusive de la police judiciaire, concentrée sur les missions fondamentales de la police de recherche et d’investigation.

                                                                                  Mohamed  BOUHOUCH

               

          

  

La mendicité au Maroc

18 mai 2008

                                      
LA MENDICITE AU MAROC

      La mendicité au Maroc est devenue une véritable profession lucrative .Il n’est donc pas étonnant qu’elle draine un grand nombre d’individus en quête de gains faciles

      En plus des personnes handicapées de tous genres, on  rencontre de vieilles personnes, des femmes, des enfants sans parler des groupes de trois à quatre aveugles, ou faisant semblant de l’être ( récitant des versets de coran), des infirmes exposant à la vue des passants, une partie de leur corps ayant subi une ablation, des mères serrant dans leurs bras un bébé à moitié endormi, et entourées de deux ou trois autres enfants en bas  âge.

      Dans les souikas, aux abords des marchés,aux feux rouges,aux portes des mosquées,bref dans tous les endroits dans lesquels la  foule se fait dense,on trouve ces demandeurs d’aumône qui vous supplient et parfois même, vous harcèlent pour recevoir votre obole .S’il est vrai que, très souvent ,des personnes en situation précaire ,sont acculées à s’adonner à la mendicité, il n’en reste pas moins, que plusieurs autres ont volontairement recours à cette pratique là,susceptible de leur rapporter  beaucoup plus qu’un travail manuel souvent plus pénible et peu rémunéré .

      Quelle solution doit-on envisager pour endiguer, et le cas échéant, réprimer ce fléau ? Quel est le rôle de l’Etat, celui des assemblées élues, celui des associations et celui des citoyens tout court ?

      Plusieurs vaines tentatives avaient été menées dans le passé, par les municipalités et les autorités provinciales et  préfectorales, notamment à Rabat, pour combattre ce phénomène social .Un camp d’hébergement pour personnes déshéritées avait été crée à Ain Attig, dans les environs de la capitale .Mais les conditions de séjour y étaient, semble-t-il, tellement lamentables et malsaines, que la presque totalité des occupants l’avaient déserté, préférant, selon eux, aller en prison que de vivre dans un tel «  camp de concentration. ».

      En réalité ils ont préféré continuer leur travail « de mendicité » qui leur rapporte beaucoup plus.

     Des opérations sporadiques de distribution de denrées alimentaires,en particulier à la veille et pendant le mois de  ramadan, n’ont pas permis non plus ,et ne permettront jamais de résoudre le problème de la mendicité .

     Que reste-il alors à faire ? A mon avis, il faut considérer la question sous plusieurs angles.

     1°)-Avec l’aide des conseils élus, des associations et des personnes bénévoles,on doit créer et équiper des centres d’hébergement pour personnes âgées et pour handicapés ,des centres bien gérés et  contrôlés en permanence par des organismes étatiques,sur les plans de l’hygiène et de l’alimentation .

     2°)-Le système des orphelinats pour tous les enfants abandonnés ou indigents, doit être revu et réorganisé en fonction de la nécessité de la vie moderne.

     3°)-Tous les bébés et enfants en bas âge « utilisés »dans les lieux publics pour recevoir de l’aumône, devront être récupérés par la police et placés dans des orphelinats .En cas de reprise de ces enfants par leurs mères, ces dernières  devront être fichées au commissariat et présentées au tribunal en cas de récidive.

     4°)-Il est enfin fait appel à tous les citoyens d’éviter de donner quoi que ce soit aux jeunes mendiants et adolescents, aptes à travailler, et ce, pour ne pas les encourager à poursuivre leur sale besogne de mendiant.

      

     Bien entendu, le problème restera encore posé et demandera en permanence de notre part à tous, toujours plus  de réflexion, toujours plus d’intérêt et toujours plus de coopération.

                                                                                                     

                                                                                                              Mohamed  BOUHOUCH

 

 

Le parti socialiste français à la recherche d’une identité

8 mai 2008

                                LE PARTI SOCIALISTE FRANÇAIS                                       A la recherche d’une identité 

        La grande majorité des français qui bossent toute la journée et qui n’ont même pas le temps de regarder la télé ou d’écouter la radio, cette grande masse de citoyens ne veulent plus qu’une seule chose : des gouvernants qui se penchent sur leurs problèmes quotidiens et plus particulièrement sur leur situation matérielle. Tous ces discours et belles paroles sans consistance des hommes politiques, toutes ces vagues promesses sans lendemain, ne signifient plus rien pour eux, à force, disent-ils, de les avoir entendus et réentendus, durant des années et à l’occasion de toutes les élections.

       Ces mêmes citoyens sont écœurés quand ils constatent que les partis de la gauche et de l’extrême droite, au lieu d’émettre des critiques constructives et de faire des propositions pour une meilleure gestion de la chose publique, ne font que critiquer, critiquer et toujours critiquer. Leur seule et unique cible n’est autre que le président Sarkozy

        Faire de la politique ne consiste pas, même en étant dans l’opposition, à vouloir par n’importe quel moyen, chercher à détruire l’adversaire au pouvoir et s’opposer systématiquement à tous les projets du gouvernement. Si aux dernières élections présidentielles, les Français ont élu Nicolas Sarkozy, c’est parce qu’ils ont, je le suppose, constaté que ce candidat ne se limitait pas à rejeter les projets des autres candidats, mais à présenter les siens propres et à les défendre avec beaucoup de force et de conviction.

       Les Français ont donc vu, d’un coté, des gens qui se sont contenté de parler, de critiquer et de détruire et d’autres qui ont essayé de construire, de faire des propositions et de chercher à convaincre. ON CONNAÎT LE RESULTAT. 

       Il est bien entendu, dans l’intérêt des Français d’avoir en face du pouvoir, une opposition, forte, crédible, bien organisée et capable de prendre la relève. Or que constate-t-on actuellement en France ? Un parti socialiste égaré, déchiré et divisé entre plusieurs tendances, sans aucun guide à la tête du parti, ce leader qui doit émerger du lot, coordonner l’action du groupe, s’imposer en arbitre et préserver l’unité du parti. Ne parlons pas des autres minis partis de la gauche dont l’audience diminue d’année en année. Depuis la fin du mandat de F. Mitterrand et le départ précipité de Jospin, le parti socialiste est resté comme un géant, avec plusieurs têtes et des mouvements discordants.

       En aspirant tous à la magistrature suprême, les grands du PS n’ont fait que s’autodétruire eux-mêmes et porter un coup fatal au prestige et à l’avenir du parti. S. Royal qui a selon plusieurs observateurs, manqué de maturité politique, n’a pas pu et su s’imposer et ce, malgré sa volonté de fer à vouloir surclasser tous les autres et en dépit de son sourire permanent, captivant au début, mais hélas trop lassant à la longue.

        Les éléphants, tous perdus dans la forêt, n’arrivent plus avec leurs discours théoriques et superficiels, à impressionner et encore moins à convaincre un peuple français qui a besoin de promesse tangibles et de projets crédibles.Il devient donc vital pour le PS, organe principal de l’opposition, de faire appel, avant la tenue du prochain congrès, à un comité de sages pour redéfinir les orientations générales du parti, établir un programme consistant et réalisable et enfin amener les cadres du parti à s’entendre une fois pour toutes, sur le nom du futur patron du PS et candidat  aux prochaines élections.

                                                                              Mohamed  BOUHOUCH

    

Le foulard islamique: est-ce une obligation religieuse?

29 avril 2008

     LE FOULARD ISLAMIQUE : est-ce une obligation religieuse ? 

   Depuis quelques années, le problème du foulard islamique dans les pays musulmans et en dehors de ces pays, s’est posé et se pose toujours avec acuité. Les discussions et débats à son sujet n’ont pas cessé de prendre de l’ampleur.

     Le paysage des villes arabes en Afrique du nord, en Egypte, au Moyen Orient a terriblement changé. Si, il y a quelques années encore, la plupart des femmes et jeunes filles sortaient sans voile, les choses ont complètement changé aujourd’hui et l’on rencontre actuellement plus de huit femmes sur dix, avec le foulard. Au Maghreb, en Egypte, où les femmes étaient, aves les libanaises, les plus occidentalisées du monde arabe, la majorité parmi elles, portent maintenant le foulard islamique.

    Le voile est devenu désormais une partie obligatoire de l’habillement féminin, et ce, à partir même parfois de l’âge de 12 ans, une obligation qui reste cependant contestée chez certaines familles dites « évoluées » pour lesquelles la femme musulmane n’est pas tenue de se couvrir la tête, sauf quand elle fait la prière.

    La question qui se pose à présent, et qui suscite les discussions les plus controversées, est bien entendu celle de savoir si réellement l’Islam fait ou non obligation à la femme de porter le voile.

     LES PRESCRIPTIONS DU CORAN

      Sourate 24 verste 31

a)      Traduction Kasimiski

« Commande aux femmes qui croient de baisser les yeux et d’être chastes….de couvrir leurs seins de voile. »

b) Traduction d’O. Pesle et A.Tadjani

« Prescris aux croyantes de tenir leurs yeux baissés, de ne laisser paraître de leurs charmes, que ce qu’elles ne peuvent dissimuler, et de couvrir leur gorge d’un voile etc. »

Sourate 33, verset 59.

a)      Traduction J. Berque

« Ô prophète, dis à tes épouses, à tes filles et aux croyantes de revêtir leur mante (cape), sûr moyen d’être reconnues (pour des dames) et d’échapper à toute offense »

b)      Traduction d’O.Pesle et A Tadjani

« Ô prophète, recommande à tes épouses, à tes filles et aux croyantes, de rabattre leur voile sur le front. Cela permettra de les distinguer et les mettre à l’abri des démarches incorrectes »

  LES INTERPRETATIONS DE CES PRESCRIPTIONS 

        Pour un grand nombre de cheikhs de l’Islam, le Coran en tant que parole de Dieu ne tolère aucune nuance et aucune modification. La parole divine est absolue et immuable. Pour ces doctes de l’Islam, toute prescription, et toute recommandation divines, doivent être considérées comme des ordres donnés par Dieu à l’Homme.

       Cette interprétation trop stricte du Coran n’est pas du tout partagée par un grand nombre de musulmans qui font une différence entre :

1)      Les Cinq obligations fondamentales de l’Islam, à savoir :

    -La chahada qui consiste à reconnaître qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Mohammed est son prophète.

    -La prière (cinq fois par jour)

    -Le jeûne du mois de Ramadan

    -La zakat, aumône obligatoire imposée sur la fortune

    - Le pèlerinage à
la Mecque pour ceux qui en ont les moyens.

         2) Les recommandations interprétées comme étant de simples conseils donnés aux bons croyants pour leur salut. Ces recommandations ne visent en effet, dit-on, en ce qui concerne le voile, que la pudicité.

          Quand le Coran prescrit aux femmes de baisser les yeux et de dissimuler leurs charmes, c’est, précise-t-on, dans un but de chasteté, autrement dit pour éviter d’être provocantes. Il en est de même pour les hommes auxquels Dieu recommande de dominer leurs sens. Dans la sourate 24, verset 33, il est dit «  que ceux qui ne trouvent pas à se marier, vivent dans la continence ». Dans un autre verset, il est dit « Mariez les célibataires ».

         Ainsi, comme il est aisé de le deviner, ces prescriptions ne sont que des conseils de morale et de bonne santé, faites aux musulmans.

         C’est pourquoi un grand nombre de croyants et surtout de responsables politiques dont des chefs d’Etat musulmans n’ont jamais imposé le port du voile, à leurs épouses et à leurs filles. La chasteté, tient-on à préciser, ne consiste pas dans l’habillement de la femme, mais plutôt dans sa conduite. D’ailleurs comment concevoir qu’un certain nombre de musulmanes qui portent le voile, s’exposent en public avec un maquillage trop voyant, voire impudent, avec le visage, les yeux, les cils, et les paupières plâtrées de fard. Alors à quoi sert, dit-on, le fait de se cacher le cou et de montrer un tel visage ?

        Un certain nombre de jeunes juristes musulmans estiment aujourd’hui que l’islam ne doit pas rester une communauté fermée et isolée. Ses élites intellectuelles et religieuses ont le devoir de chercher absolument à concilier les prescriptions religieuses avec la marche du temps et à les harmoniser en fonction d’une interpénétration des civilisations et d’une cohabitation internationale.

         Le Coran recommande de flageller une femme adultère et autorise un mari à battre une épouse récalcitrante. Aujourd’hui ce n’est plus possible, du moins sur le plan juridique. La polygamie, permise par le Coran, n’est plus tolérée dans plusieurs pays arabes, que sous de difficiles conditions, dont plus particulièrement l’accord de la première épouse. Le Coran parle des esclaves et de la manière de les traiter, alors que l’esclavage n’est plus toléré dans le monde musulman actuel, à l’exception de certains petits pays, comme semble-t-il,
la Mauritanie.

        En dépit de ce qu’en pensent donc les intégristes, les inscriptions coraniques peuvent évoluer avec le temps.

     LES RAISONS AYANT ENCOURAGE LE PORT DU VOILE        1°) Une islamisation galopante de la société arabo-musulmane. 

         L’apparition et la propagation d’un certain Islam intégriste préoccupe la plupart des gouvernements arabes et musulmans pour lesquels il a souvent été un facteur déstabilisant et destructeur. On a l’impression qu’on assiste depuis quelque temps à un glissement du pouvoir politique traditionnel et son passage entre les mains de forces religieuses organisées de manières ouvertes ou clandestines qui étendent leur influence, chaque jour d’avantage, sur les masses populaires. Des femmes portant un voile, (hijab au Maghreb, nigab en Egypte, khimar en Arabie Saoudite, tchador en Iran) des hommes barbus et bizarrement accoutrés en afghans, c’est le paysage actuel dans plusieurs villes arabes, une mutation opérée sous le regard impuissant et inquiet des autorités traditionnelles, quand ce n’est pas sur l’incitation et l’exhortation des nouveaux régimes islamiques, tels ceux érigés en Afghanistan et en Iran.

     2°) L’attitude des dirigeants arabes. 

           Si la plupart des dirigeants et des responsables des partis politiques arabes sont hostiles à la poussée de l’islam intégriste et notamment au terrorisme, il reste qu’en ce qui concerne le port du voile, ils n’ont jusqu’à présent, pris aucune initiative pour désapprouver les défenseurs du foulard. L’attitude quelque peu molle et mitigée des gouvernants arabes ne peut s’expliquer que par la crainte de susciter une levée du bouclier et de donner l’occasion aux extrémistes de montrer les dents.La Qaeda n’attend que de telles opportunités pour taxer les dirigeants modérés de traitres, de vendus aux ennemis de l’Islam et, par conséquent pour commettre des attentats meurtriers.

      Aucun pays arabe ne souhaite devenir une cible de ces visées terroristes, d’où la grande prudence observée dans leurs attitudes et leurs déclarations, sauf quand il s’agit de s’aligner sur des réactions internationales pour condamner le terrorisme.

       A noter toutefois, comme dit plus haut, que plusieurs dirigeants arabes n’exigent nullement de leurs épouses et filles de porter le foulard islamique, ce qui est déjà, il faut le reconnaître, un acte courageux et assez significatif de la part de responsables musulmans censés, selon les intégristes, faire respecter les inscriptions coraniques et les protéger.

      Des dizaines de chaines de télévision par satellites diffusent à longueur de journée des émissions religieuses en langue arabe dont l’impact sur les populations n’est plus un secret pour personne. Un certain nombre de prédicateurs et d’imminents professeurs en matière religieuse sont devenus célèbres pour ne pas dire familiers, dans la société arabo-musulmane. Citons entre autres, le cheikh Karadaoui, déclaré persona non grata dans son pays, l’Egypte, et qui a trouvé refuge au Qatar, le Pr. Amrou Khalid et bien d’autres encore, dont les causeries religieuses trouvent une forte audience au sein de la jeunesse arabe, qu’ils arrivent souvent à enflammer par leurs allusions à l’attitude hostile des Américains à l’égard des Musulmans.

    Pour le sujet objet de notre écrit, le cheikh Karadaoui qui est un fervent défenseur du voile islamique, a exprimé sur la chaine de télévision Al Jazzera, son mécontentement et pris une position hostile à la suite de la décision du gouvernement français d’interdire le port du voile dans les lycées.

    La même chaine qatarie, Al Jazzera diffuse quotidiennement et plusieurs fois par jour, des informations et des images montrant le calvaire dont souffrent les Palestiniens et les Irakiens.

   Le travail d’endoctrinement  entrepris par tous ces propagandistes, ainsi que leurs discours destinés à une jeunesse souvent désœuvrée et marginalisée, créent un terrain favorable au recrutement de futurs terroristes, lesquels, en attendant, obligent leurs épouses, filles et sœurs, à porter le foulard, premier acte de fidélité à l’esprit de l’islam et au respect de ses prescriptions.

   A signaler enfin que plusieurs de ces chaines sont financées par des personnalités arabes de haut rang, lesquelles placent leurs actes, dit-on, dans le cadre d’une contribution de leur part, aux dépenses nécessitées par le combat engagé par les Moudjahidines pour le triomphe de l’Islam.

    LE PROBLEME DU FOULARD ISLAMIQUE EN FRANCE. 

     La vague d’islamisation, à laquelle nous avons fait allusion, n’a pas épargné
la FRANE où vivent un grand nombre de jeunes musulmans français d’origine maghrébine notamment.

      L’implantation de plus en plus importante de mosquées et l’activité de prédicateurs venus d’Orient, du Maghreb et d’ailleurs ont, bien entendu, eu toute leur influence sur les jeunes musulmans de France dont un grand nombre souffre, il faut le reconnaître, de désœuvrement et de marginalisation. La situation de la jeune fille musulmane, vivant dans ces milieux et dans ces conditions, n’est pas du tout aisée, puisque, dans la plupart des cas, elle se voit contrainte par sa famille de porter le foulard, et ce, bien souvent contre son propre gré.

     
La France, étant une République laïque, elle ne peut pas et ne doit pas tolérer, bien entendu, une telle situation. Et c’est précisément pour cette raison, qu’a été prise la décision d’interdire le port du foulard islamique dans les établissements scolaires, décision, certes, contestée par certains, mais approuvée par une grande majorité des citoyens français qui estiment, à juste titre, que le caractère laïc et le paysage européen de
la France doivent être, à tout prix, préservés. La laïcité donne à chaque citoyen français le droit de choisir et d’exercer librement son culte, de croire ou de ne pas croire. Le fait donc d’exhiber ostensiblement sa religion par un signe quelconque, crée une fausse note dans l’harmonie de cette société égalitaire et fraternelle de citoyens unis, sans distinction de race, de couleur ou de religion.

                                                                                               Mohamed  BOUHOUCH

  

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