9 octobre 2008

                        LES VICTIMES DU RACISME  

      Une source inépuisable de recrutement pour les Islamistes 

     

        L’action des premiers Islamistes s’inscrit avant tout, selon ses promoteurs dans le cadre d’une Renaissance de
la Communauté islamique et la volonté de réinstaurer les pratiques religieuses telles que prévues par le Coran et les hadiths (Recueil des actes et paroles du prophète Mohammed). Les prêches de ces islamistes étaient destinés au départ, aux pays musulmans.

        Mais cette action de réislamisation a trouvé auprès des musulmans de France, pour la plupart victimes du racisme, non seulement  des oreilles attentives, mais également un terrain favorable pour toute entreprise antioccidentale.

                          

LA COLONIE MUSULMANE EN FRANCE 

         C’est un fantôme statistique qui hante depuis des années les réunions politiques, les comptoirs de bistrots et les colonnes des journaux…. Débats autour du voile islamique, de l’immigration, des banlieues, du terrorisme ou des discriminations… Combien y-a-t-il de musulmans aujourd’hui dans l’hexagone ? 

                                                                                                      Gilbert Charles et Besma Lahouri

            Ce nombre de musulmans qui inquiète tant de monde, n’est pas connu avec précision. Pour les uns, il est évalué à cinq ou six millions ; pour d’autres, il ne doit pas dépasser les trois millions et demi. Bien entendu le nombre, de plus en plus grand, des immigrés clandestins, en provenance du Maghreb notamment, empêche toute évaluation exacte.

             L’Islam constitue aujourd’hui la deuxième religion de France. Le nombre des mosquées et autres lieux de prière aménagés, qui poussent comme des champignons, ce nombre bien supérieur à celui des synagogues, est sur le point de dépasser le nombre des églises. Il est certain en tout cas, qu’en ce qui concerne la fréquentation, les lieux de prière musulmans semblent détenir le recors, puisque les fidèles de l’Islam s’orientent cinq fois par jour vers
la Mecque pour se prosterner, en hommage à Allah, ce qui doit, à coup sûr, irriter certains chrétiens non pratiquants, qui ne se rendent aux églises qu’à l’occasion d’une cérémonie de mariage ou de funérailles. Mais ce n’est pas là, la seule explication d’une certaine islamophobie de plus en plus grandissante en France, laquelle semble plutôt prendre ses racines dans le racisme anti-arabe et anti-africain, un racisme larvé et pour peu, ouvertement déclaré.                                                                                                  

           LE REGARD DES FRANÇAIS ENVERS LES IMMIGRES 

         Le racisme anti-arabe et anti-immigré, très souvent amalgamé avec un sentiment antimusulman, est étroitement lié à l’histoire de la colonie française en Afrique du Nord. Depuis les années cinquante, la peur et la haine des Arabes et plus particulièrement des Nord africains, se sont exprimées un peu partout en France où chaque famille avait au moins un parent de l’autre coté de
la Méditerranée, notamment en Algérie.

           Les guerres d’indépendance qui ont fait des milliers de victimes de part et d’autre ont attisé encore davantage la haine entre Français et musulmans de l’Hexagone. Chaque Arabe était considéré comme un ennemi potentiel. Comme le dit Mouloud Aounit dans un document publié en 2007, les Français avaient «  une vision  hiérarchisée des rapports entre groupes de population (ethnique et confessionnels) fondée sur l’idée d’une inégalité naturelle et légitime ». Même en Algérie qui était pourtant considérée comme une partie intégrante de
la République française, les Algériens étaient vus comme des citoyens de seconde zone.

           Personne ne peut nier qu’actuellement les Arabes sont très mal vus en France et que plus d’un Français sur deux, désire les voir partir et quitter le pays. L’hostilité manifestée à l’égard des immigrés par Jean Marie Le Pen, Philippes De Villiers, George Freche et bien d’autres encore, est connue de tous. Même Jacques Chirac, en 1995, président à l’époque du RPR a dénoncé le bruit et l’odeur qui se dégagent selon lui, des habitations des immigrés entassés dit-il, dans des hlm avec chacun, quatre épouses et une vingtaine d’enfants (Notons au passage l’exagération) Quant aux musulmans qui ont acquis la nationalité française, ils n’arrivent pas à s’intégrer dans une société qui les rejette et ne veut pas d’eux. Dans les lieux publics (Cinéma, métro, terrain de sport, restaurants, dancings, cafés), tout le monde se méfie d’eux et les fuit. Sur la voie publique ils sont souvent insultés et parfois même agressés.

       Ces mêmes Français d’origine maghrébine n’arrivent que difficilement à se faire embaucher ou à trouver un appartement pour loger. Leurs seuls noms et couleur suffisent pour essuyer un refus.

                          L’ISLAMISME FACE AU RACISME 

      Le dédain et l’injustice engendrent la haine, et la haine suscite la colère et la violence. Un grand nombre de jeunes Français d’origine maghrébine, habitants des banlieues, victimes de racisme et de rejet, se réfugient dans l’Islamisme au sein duquel ils trouvent un accueil bienveillant, un encadrement attentif, fraternel et bien souvent, un soutien moral et matériel.

       La prise en charge de ces jeunes gens, dépaysés, marginalisés et démoralisés, commence d’abord par un ressourcement religieux qui les replace dans leur véritable contexte originel de musulman pratiquant. Les organisations islamiques implantées en France disposent d’un grand nombre de prêcheurs spécialisés dans l’endoctrinement de ces jeunes déprimés qu’ils arrivent facilement à retourner et à façonner psychologiquement pour en faire localement des fauteurs de trouble et éventuellement des moudjahidines prêts à servir en Europe ou dans une autre destination qui peut être l’Afghanistan, l’Irak, l’Afrique du Nord ou ailleurs.  C’est le cas du franco-marocain Zakaria Moussaoui et bien d’autres.

       Loin de nous l’idée de vouloir prendre ici la défense des immigrés clandestins, lesquels doivent être arrêtés et reconduits dans leurs pays respectifs. Mais s’agissant des Français d’origine étrangère, nous pensons qu’ils doivent jouir des mêmes droits que les Français de souche, lesquels ne sont pas toujours plus utiles à
la France et plus patriotes que les autres. Dans les missions de l’armée française les tâches sont égales pour tous, en équipe nationale de football on ne distingue pas les uns des autres. Zidane était une idole pour tous les Français. Alors pourquoi marginaliser tous les jeunes banlieusards d’origine maghrébine ? Pourquoi les jeter dans la gueule du loup ?

      Certains esprits malins vont encore chercher à dire que nous sommes entrain d’allumer le feu ou de faire l’éloge des Islamistes. Non et non. Ce serait vraiment bête de le croire, à moins qu’on soit de mauvaise foi. Si nous nous élevons contre le racisme sous toutes ses formes, c’est justement pour barrer le chemin aux Islamistes qui profitent de la situation précaire des jeunes pour les recruter et en faire les soldats du Mal.

      Nous sommes pour une limitation extrême de l’octroi de la nationalité française, qui doit rester une mesure exceptionnelle, mais une fois bénéficiaire de la  nationalité, toute personne doit absolument jouir des mêmes droits que tous les autres Français et ne jamais être regardé comme un intrus.

      

      

                             

          

 

            

 

           

           

 

          

                                                                          

                         

  

     

6 octobre 2008

          

 

      LAÏCITE, RELIGIONS ET LIBERTE INDIVIDUELLE 

 

     On constate depuis un certain temps, et un peu partout en France, de nombreuses interventions à propos de la laïcité. Stop aux signes religieux. Touche pas à ma laïcité. La laïcité est en danger. Interdiction au chef de l’Etat de faire l’éloge de la religion ou d’exprimer un quelconque penchant envers l’église. Tels sont les slogans qu’on entend ça et là, dans les propos tenus par certains hommes politiques, chaque fois qu’un haut responsable ose parler de  religion.

      Certes, la laïcité est l’un des principes les plus révolutionnaires des temps modernes. Elle a permis aux gouvernants de se dégager de cet ascendant des autorités de Rome lesquels, durant  des siècles, ont exercé leur pouvoir sur les plus hautes instances des pays européens, intervenant même dans le choix des souverains comme dans leur destitution.

      Les hommes de l’église étaient de véritables gendarmes, censeurs des mœurs humaines, qui relevaient toutes les défaillances des responsables et les manquements à la moralité.

      Cette hégémonie a pris fin avec
la Révolution française et la séparation des églises et de l’Etat, consacrée par la loi de 1905 qui fut longuement débattue à l’assemblée nationale.

       Si certains hommes politiques comme Emile Combes et Maurice Allard, partisans de la tradition jacobine et anticléricaux, étaient pour l’éradication pure et simple de la religion chrétienne, la reléguant au domaine strictement privé, d’autres, tels Julien Jaurès et Aristide Briand, soutenaient quant à eux, une attitude plus nuancée, à savoir une neutralité de l’Etat vis-à-vis de toutes les croyances et la garantie de la liberté de conscience des citoyens, et ce, conformément à la déclaration des Droits de l’Homme. C’est d’ailleurs dans cet esprit que fut conçue la loi de 1905, adoptée le 3 juillet de la même année, après 48 séances d’âpres discussions à la chambre des députés, par 341 voix contre 233 et promulguée le 9 décembre 1905 par le président de
la République.

      Cette loi, jugée finalement comme étant un texte de conciliation, a mis fin à plusieurs années de tension, entre partisans ou non de la séparation des pouvoirs politique et religieux    

           COMMENT CETTE LOI PEUT-ELLE SE CONCILER     

                   AVEC LES PRESCRIPTIONS DU CORAN ?     

     Au moment de sa promulgation, cette loi ne concernait que les catholiques, les protestants et les juifs. Les musulmans étaient encore minoritaires en France et l’islamisme tel qu’on le connaît aujourd’hui, encore inexistant. La plupart, pour ne pas dire la totalité des jeunes femmes musulmanes en France et en Europe, ne portaient pas de voile à l’époque. Seules les vieilles femmes se couvraient les cheveux, ce qui est d’ailleurs le cas, aujourd’hui encore, des vieilles françaises dans la campagne. 

     Si en Arabie Saoudite et dans les pays du Golfe, le Hijab fait partie intégrante de l’habit de la femme, le port du voile islamique a toujours été facultatif en Egypte et dans les pays de l’Afrique du Nord. En milieu étudiant, la pratique est apparue, dans les années soixante dix dans les Universités de Bir Zeit en Palestine et Al Azhar au Caire. Depuis, et peu à peu, sous l’influence des islamistes, le port du voile s’est généralisé pour s’étendre à pratiquement l’ensemble de la communauté féminine musulmane en Egypte, et à neuf femmes sur dix, dans les pays du Maghreb. Cet enthousiasme pour le voile n’a pas épargné l’Europe où vivent des millions de musulmans. Pour les Islamistes, il ne s’agit pas là d’une mode vestimentaire, mais bel et bien d’une obligation religieuse faite à toutes les femmes musulmanes, affirmation que ne partagent pas un grand nombre de penseurs et responsables politiques arabes, notamment au Maghreb, lesquels n’osent pas cependant, le dire tout haut.

      Revenons maintenant en France.  

   Personne n’ignore plus l’influence exercée actuellement par les Islamistes en Europe. Un grand nombre d’organisations religieuses s’activent dans les pays européens, encadrant et orientant les musulmans pour une meilleure observation des principes de la religion islamique, conformément aux prescriptions coraniques, telles que pratiquées dans les premiers temps de l’Islam. Parmi ces prescriptions il y a bien entendu, l’obligation faite aux femmes de couvrir certaines parties de leur corps et de porter un voile pour ne pas laisser paraître leurs charmes.

   En partant de là, il n’est pas difficile d’imaginer l’attitude qu’un immigrant musulman qui quitte la mosquée, bien endoctriné et convaincu par les prêches d’un grand moufti,  va observer désormais à l’égard de son épouse et de ses filles.

     Certes, la loi de 1905 (article 2) garantit la liberté de conscience et la liberté collective de pratiquer une religion sans entraves. Mais il faut reconnaître que le nombre des mosquées et celui des femmes qui circulent avec un tchador ou un foulard et une djellaba, qui a changé quelque peu le paysage des villes et des écoles françaises, a de quoi inquiéter les Français de souche qui commencent à craindre une islamisation de l’Hexagone.

     La loi du 17 Mars 2004 est venue, du moins au niveau des écoles, collèges et lycées, limiter un peu ce que certains considèrent comme un déferlement islamique et un dérapage de la société française. Ce texte stipule en effet que « le port de signes ou de tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit ».

     La loi de 2004 souleva, comme on le sait, un véritable tollé de protestation et d’indignation au sein des Français de confession musulmane qui estiment que les autorités françaises ont légiféré sous la pression médiatique et d’une certaine opinion hostile aux immigrés qui voit en l’Islam un danger pour

la République. Pour ces Français musulmans, les mesures prises par la loi de 2004, ainsi qu’une certaine circulaire d’application de François Bayrou, à l’époque ministre de l’Education nationale, portent un coup grave aux principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Pourquoi, dit-on encore, obliger une musulmane à enlever son voile pour faire une photo d’identité ? A-t-on réellement besoin, fait-on remarquer, de voir le cou et les oreilles d’une femme pour pouvoir l’identifier ?

       De nombreux François n’ont pas admis tous ces textes qui constituent selon eux, des restrictions dans les tenues traditionnelles des jeunes musulmanes, rappelant qu’au Royaume Uni et aux Etats-Unis, aucune loi n’interdit aux habitants de porter une tenue traditionnelle. Des Américains nés indous, qui vivent en Amérique depuis plusieurs décades continuent, disent-ils, de porter, hommes et femmes, des tenues de leur pays d’origine.

       Dans un article intitulé Islam et Laïcité, Alain Boyer dénonce les discriminations contre les convictions religieuses et les manifestations d’identité.

        ‘’ La loi d’Allah doit être suivie avant la loi française ‘’ proclame un imam turc en France. Les pays musulmans qui suivent de près ce qui se passe en France, déplorent l’idée de certains hommes politiques qui cherchent à façonner à leur manière, un Islam à la française. Dans ces conditions, rétorquent certains Islamistes, pourquoi pas un catholicisme à la chinoise ou à l’indienne ?

          La société du 21e siècle est, fait-on remarquer, une société cosmopolite où des hommes de races différentes, de couleurs, de religions et de mœurs différentes doivent cohabiter et s’entendre dans le respect de leurs différences. Tous les Français sont égaux. Ils ont les mêmes droits et les mêmes obligations.’ La laïcité a dit N. Sarkozy est cette barrière qui empêche les différentes croyances de s’affronter. Nous sommes a-t-il précisé’’ pour une laïcité ouverte, positive, une laïcité qui respecte, qui rassemble, qui dialogue, et non pas une laïcité qui exclut et qui divise’’ Arrêtons donc les discriminations, sans quoi on risque de voir au prochain 14 Juillet, des pancartes hissées aux abords des Champs Elysées, avec des écrits tels que :

    TOUCHE PAS A MON VOILE 

    TOUCHE PAS A MA BARBE 

    TOUCHE PAS A MA DJELLABA

     VIVE
LA REPUBLIQUE.
 

        

    

     

                                                                                                                                                                                        

                     

              

     

 

 

6 octobre 2008

                          Le refuge en l’islam intégriste  

     Est-il l’unique moyen de combattre l’impérialisme occidental ? 

 

      Les peuples du monde musulman, et plus particulièrement ses intellectuels et sa jeunesse,

sont préoccupés aujourd’hui par la situation déplorable dans laquelle ils vivent et l’état de sous-développement dont ils n’arrivent pas à s’en sortir. Mécontents, ils le sont également de la mauvaise gestion des affaires de leurs pays, et surtout de leurs dirigeants dont la plupart sont arrivés et demeurent éternellement au pouvoir, par la force ou par hérédité.  Durant les longues années de la lutte pour l’indépendance, ces peuples arabes et africains nourrissaient l’espoir de connaître, une fois libres, la démocratie, la prospérité et le bonheur. Mais jusqu’à ce jour, ils n’ont connu que déception après déception.  

                                            La période coloniale      

        Durant les XVIIe et XVIIIe  siècles, les pays du monde musulman au Moyen Orient et en Afrique ont vécu leur plus grave déclin et pris beaucoup de retard sur les pays développés, ce qui a permis à certains Etats européens de les coloniser ou de les administrer sous la forme d’un protectorat. Les pays musulmans ont gardé de très mauvais souvenirs de cette période coloniale. Pendant «  les guerres de pacification », des milliers de personnes avaient été tuées à coup de canon et de mitraillâtes,  et des chefs de tribus enlevés et emprisonnés. Il a fallu plusieurs années et d’énormes sacrifices pour que ces pays recouvrent leur indépendance.                                                                                           

Personne ne peut nier aujourd’hui, que la plupart des grandes puissances européennes ont  acquis une grande part de leurs richesses et édifié leurs économies, à partir de leurs empires coloniaux Si des expéditions, dans les régions du monde les plus éloignées, avaient été entreprises dans les siècles passés, ce n’était pas du tout, pour le plaisir ou pour le bien être des indigènes, mais plutôt pour l’acquisition de nouveaux territoires et la recherche de richesses. Les colons européens s’étaient approprié les meilleures terres agricoles, appartenant aux paysans locaux. Entre la fin du XVIIIe et le début du  XIXe siècle, l’empire de Sa Majesté britannique, comptait le quart de la population mondiale et s’étendait sur le quart des terres émergées à travers les cinq continents. Les nationalistes et combattants pour la liberté de leurs pays, étaient considérés à l’époque, par les occupants, comme des terroristes, étaient poursuivis devant les tribunaux et condamnés à la prison. Plusieurs personnes enlevées avaient disparu pour toujours.

         Après l’indépendance, de nombreux hommes politiques des anciennes colonies et parmi les anciens détenus, sont devenus de grands dirigeants, investis de hautes responsabilités dans leurs pays. Citons à titre d’exemple Nehru, Ho Chi Minh, Nelson Mandela, Bourguiba, Bouteflika et ses amis du FLN, pour ne citer que ceux là, sans parler du roi Mohammed V du Maroc, éloigné de son trône et déporté à Madagascar, pour avoir refusé de céder aux exigences des autorités du Protectorat. Pour les gouvernements français et britannique de l’époque, tous ces gens étaient des fauteurs de trouble, alors que leur seul crime était d’avoir demandé la fin de la colonisation et l’indépendance de leurs pays.

                                    Un colonialisme d’un nouveau genre

       Les gouvernements « nationalistes » qui ont succédé à l’administration coloniale ou pris le pouvoir à la suite d’un coup d’état, allaient éprouver toutes les difficultés du monde à résoudre les nombreux et difficiles problèmes politiques, économiques et sociaux, posés par la gestion des nouveaux Etats indépendants, d’où le recours à l’aide et à l’assistance des anciens pays colonisateurs et par conséquent, à l’ingérence de ces derniers dans leurs affaires.

       L’existence à l’époque des deux clans opposés, l’Est et l’Oust, qui se disputaient leur influence sur les nouveaux Etats, allait augmenter les enchères et rendre la rivalité plus intense encore, chacun des deux blocs cherchant à voir, à la tête des nouveaux Etats, des dirigeants alliés, acquis à leur cause. L’équilibre du monde et la paix allaient  reposer désormais sur un partage approprié des intérêts économiques et stratégiques entre les grandes puissances qui avaient, chacune, ses satellites à travers le monde, des pays alliés ou plutôt « dépendants » sur le plan économique, idéologique et stratégique (présence étrangère et bases militaires). Et c’est le Néo-colonialisme.

      Après la désagrégation du géant soviétique, plusieurs de ses anciens alliés, arabes notamment, sont restés dans le collimateur de l’Occident et plus particulièrement des Etats-Unis.  

                   LES ISLAMISTES SUCCEDENT AUX NATIONALISTES 

      La plupart des régimes nationalistes qui ont pris la relève dans les anciennes colonies et protectorats européens se sont avérés, en fin de compte, incapables de gouverner valablement leurs pays, comme ils n’ont tenu aucune des promesses faites à leurs peuples, à savoir la prospérité et la démocratie. Même les gouvernants, parvenus au pouvoir avec une coloration et des projets socialistes, ne sont pas arrivés à faire décoller les économies de leurs pays ni à instaurer un régime démocratique.

     Peu à peu, on a vu naître dans tout le monde arabe, un certain nombre d’associations  religieuses dont l’influence et l’intérêt au sein des masses populaires, n’ont pas cessé de prendre de l’importance.

     Ces Islamistes qui refusent de se positionner à droite ou à gauche, déclarent tirer leur doctrine et leurs orientations, du Coran, le Livre Saint des Musulmans. Ils enseignent à tous leurs fidèles et adeptes que si l’Oumma,
la Communauté musulmane, a pris du retard, c’est parce que les croyants se sont éloignés des principes de la religion islamique et adopté des modes de vie, parfois même, prohibés en Islam.

      Ces enseignements sont actuellement bien ancrés dans les esprits de la jeunesse islamique qui considère que les Etrangers  sont des vampires qui viennent sucer le sang des musulmans pour nourrir leurs peuples. Ces mêmes Etrangers, dit-on, présentent les Islamistes comme des barbares, des terroristes qui n’ont qu’un seul but, celui d’éliminer les adeptes de toutes les autres religions, ce qui, affirme-t-on, est loin de refléter la vérité. Dans leurs journaux comme dans leurs sites internet, la plupart des organisations islamiques estiment qu’ils ne cherchent qu’à échapper à l’influence des pays occidentaux et à mettre fin à l’exploitation de leurs richesses. S’agissant du terrorisme, ils soutiennent que les vrais terroristes sont ceux qui ont massacré des milliers d ‘êtres humains en Algérie, au Japon, au Vietnam, en Irak et aujourd’hui encore en Afghanistan, tout en précisant que les Islamistes n’ont recours à des méthodes terroristes que pour se défendre contre des adversaires beaucoup plus puissants qu’eux, et pour exiger le départ des occupants. Les plus modérés des Islamistes expliquent que leur but est de réaliser une Union des pays de
la Ligue arabes, à l’instar des pays de l’Union européenne. Pour eux une communauté unique sous l’autorité d’un calife, comme le préconisent Oussama Ben Laden ou autres islamistes, est irréalisable de nos jours. D’autre part,  ayant échoué avec les nationalistes comme avec les socialistes, cette Union ne peut se réaliser, dit-on, que sous la bannière de l’Islam et dans le cadre des directives et des principes édictés par le Coran.

      Dans toues les réunions clandestines ou ouvertes, tenues par les groupes islamiques avec leurs adeptes, un seul et même thème revient presque toujours, à savoir l’exploitation des richesses du monde arabe par les puissances occidentales, avec la complicité de quelques dirigeants arabes et musulmans acquis à l’impérialisme, auquel ces derniers doivent leur existence et leur maintien au pouvoir.

      Ces mêmes prêcheurs considèrent que l’invasion des forces occidentales en Irak et en  Afghanistan n’est autre qu’une croisade des temps modernes. C’est pourquoi, soutiennent-ils, le Djihad, la guerre sainte s’impose comme un devoir sacré pour tout musulman.

      Nombreuses sont les personnes, en Europe et ailleurs, qui estiment que ce ne sont là que des paroles de fanatiques, qualifiées de barbares par Nicolas Sarkozy et de lâches par G.W. Bush  Mais ce sont des paroles qui ont, croyez-moi, tout leur impact sur une jeunesse musulmane marginalisée, dont un grand nombre, partent des pays du Maghreb et de l’Orient, voire même de l’Europe, pou répondre à l’appel de
la Qaeda et rejoindre les rangs des Moudjahidines en Irak et en Afghanistan. Ceux qui ne font pas le déplacement, approuvent l’action, participent à la propagande anti-impérialiste et aux collectes d’argent au profit des « combattants ».

      Il s’agit donc là d’un problème très important qui demande de la réflexion et des solutions durables, pour un avenir meilleur, qui garantit les intérêts de tous et respecte les aspirations de tous. La force, à elle seule, n’a jamais suffi à régler les problèmes entre les peuples.

      

6 octobre 2008

                     LES PAYS DE L’ASIE MEDIANE : 

                LES ENJEUX D’UNE STABILITE PLUS QUE JAMAIS FRAGILE

 

     Les pays de l’Asie médiane : l’Afghanistan, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, le Pakistan et l’Iran, constituent aujourd’hui une région stratégique, et une zone importante sur les plans géopolitique et géoéconomique où chacun des Grands de ce monde, les USA,
la Russie,
la Chine et bien entendu l’Europe, tient à exercer son influence et imposer sa présence. 

     Cette région a déjà, durant les siècles écoulés, connu diverses invasions de peuples voisins tels les Mongols, les Indo-Aryens, les Grecs, les Turcs, les Perses, les Arabes, entre autres. 

                               
LA PERIODE COLONIALE            

      Au cours de la période plus récente des XVIIIe et XIXe siècles, les empires britanniques et russes se sont livrés à une véritable course pour s’approprier tous les territoires de l’Asie médiane. Les deux grands s’étaient engagés durant de longues années, dans une lutte sans merci, pour garantir la sécurité de leurs territoires respectifs, les Russes voulant aller plus loin au Sud et les Britanniques cherchant à trouver une barrière naturelle qui constituerait une frontière sûre pour leurs acquisitions aux Indes. 

      Dans les années vingt,
la Russie a annexé à son empire la plupart des pays de l’Asie centrale et plus particulièrement le Kazakhstan, Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan.

      Le Pakistan faisait partie jusqu’en 1947 de l’empire britannique des Indes. L’Afghanistan est le seul pays de la région à avoir échappé à la colonisation européenne et russe, les Afghans ayant toujours été une race guerrière et un peuple très attaché à son indépendance. Les britanniques furent plusieurs fois mis en déroute et subirent de cuisantes défaites, notamment en 1842 à Gangamak.

      Il en fut de même en Iran où ni les Anglais ni les Russes n’ont jamais pu s’implanter d’une manière permanente.

      Afghanistan, Pakistan, Iran, ces trois pays constituent une zone charnière stratégique que l’Occident d’une part et
la Russie et
la Chine d’autre part, cherchent absolument à s’y investir, d’où la situation instable que connaît la région, et l’intense activité politique, militaire et diplomatique déployée dans cette région du monde, par les grandes puissances

      En 1978,
la Russie envahit l’Afghanistan, chose qui n’a pas dû plaire aux occidentaux. Les superpuissances étaient d’ailleurs en pleine guerre froide (1947-1956). Les intrigues, les manœuvres politiques et militaires, l’espionnage atteignaient leur point culminant.

      Les Etats-Unis allaient entreprendre, on les comprend, tous les moyens pour aider les islamistes Afghans à combattre les Russes. Sans intervenir directement sur le terrain, les Américains ont fait appel aux Saoudiens et à plusieurs autres pays musulmans pour soutenir l’Afghanistan financièrement et militairement (Envoi de volontaires recrutés dans les pays voisins).

                         L’ISLAM, UNE ARME A DOUBLE TRANCHANT 

     En 1982, Ben Laden prend la tête du mouvement  de la résistance afghane contre les Russes qui ont été contraints de quitter le pays. Cette guerre contre les Russes, l’émergence du mouvement des Talibans, et l’envergure religieuse et nationaliste de Ben Laden ont suscité au-delà de l’Afghanistan, dans les pays voisins, anciennes républiques soviétiques, socialistes (RSS), libérés en 1991, un vaste mouvement pour un Islam fondamentaliste.

      Tous ces pays à majorité musulmane, avec plus de 90% de sunnites (comme Ben Laden), ont vu l’apparition de personnalités religieuses influentes et la constitution de groupes religieux orthodoxes qui prônaient un retour à l’Islam originel et à une société gérée par

la Charia. A titre d’exemple en Ouzbékistan, le nombre des mosquées est passé entre 1987 et 1994 de 87 lieux de prières à 3000 ; et le nombre des écoles religieuses de 2 à 50 unités.  

     Ces cinq anciennes RSS, d’une population de presque 50 millions d’habitants, riches en hydrocarbures, constituent aujourd’hui une base arrière pour les Talibans de l’Afghanistan, une réserve inestimable de nouveaux recrus « moudjahidines », de vastes zones de replis pour les combattants et bien entendu, un allié important pour le soutien matériel et logistique. Les dirigeants de ces pays qui ne sont pas engagés contre les forces de coalition, ne sont pas cependant en mesure de contrôler l’activité des groupes de guérilla qui échappent complètement à leur autorité.

       Le Pakistan, pays officiellement allié des Etats-Unis, n’échappe pas non plus, à cette situation. Une grande partie de la population pakistanaise appartient en effet à des mouvances anti-américaines. D’où la complicité manifeste de ce pays dans le conflit afghan.

      La situation devient encore plus délicate quand on sait que
la Chine a non seulement une frontière commune avec l’Afghanistan, mais également avec le Kazakhstan et le Kirghizstan qui peuvent servir comme lieux de passage entre
la Chine et l’Afghanistan. C’est dire toute la difficulté pour les forces de coalition d’avoir un contrôle efficace sur le théâtre des opérations.

     Ainsi, avec
la Russie et
la Chine d’un coté et les organisations islamiques de tous les pays de la région y compris l’Iran, les Etats-Unis n’auront pas, à coup sûr,  la tache facile.

      En 1979 ce sont les Etats-Unis qui apportèrent leur soutien indirect aux Afghans, aujourd’hui la situation a changé. Ce sont les Russes qui semblent vouloir la victoire des Talibans, une victoire souhaitée également par les Chinois.

     Les forces de la coalition qui n’ont, pour un grand nombre d’observateurs, aucune chance de gagner cette guerre, se trouvent actuellement pris en sandwich entre les deux grands de l’Asie et les Islamistes. Les quelques régimes qui leur sont alliés dans la région, n’ont pas l’appui de leurs peuples et sont eux-mêmes menacés par le fondamentalisme islamique, qui n’est l’allié ni de l’Est ni de l’Ouest. C’est le cas particulièrement du Pakistan où seuls les dirigeants semblent pencher pour une alliance avec les Américains.

    Pour les habitants de la région, des dirigeants comme Hamid Karzaï président actuel de l’Afghanistan, un afghan naturalisé  et proche de l’administration américaine, ou le général Musharref du Pakistan ou son successeur Asif Ali Zardani, sont tous des agents de
la CIA, acquis à Washington. Le nouveau président, un fonctionnaire corrompu, surnommé monsieur 10%, est très mal vu par les Pakistanais. C’est pourquoi le vocable « insurgés » employé actuellement par les médias, pour désigner les Talibans,  est contesté par un grand nombre d’observateurs qui estiment que le mot ne convient pas, puisque il ne s’agit pas d’une révolte contre un pouvoir légitime, mais contre des « traitres à la nation, placés par les forces d’occupation » à la tête de leurs pays.

                              QU’EN EST-IL DE
LA QAÏDA ? 

       Selon presque la totalité des médias,
la Qaïda est toujours présente dans la région et plus particulièrement sur le terrain.  Les extraits de la presse internationale, parmi les plus récents, rapportés ci-après, illustrent cette affirmation.

       14 Aout 2008 

   Selon l’Agence France Presse, les Talibans sont plus tenaces que jamais. Le conseil de Sentis, un centre de réflexion international, basé à Londres, a estimé,  jeudi 14 Aout,  que « les récentes attaques meurtrières menées dans ou à proximité de Kaboul, montrent l’avance des insurgés talibans vers la capitale afghane, sept ans après avoir été chassés du pouvoir ».

      20 Aout 2008 

    Le journal le Monde du 20 aout rapporte que «  En deux opérations de grande ampleur, et presque simultanément, les Talibans ont fait une spectaculaire démonstration de leur capacité de frappe contre le contingent de l’OTAN en Afghanistan.

      21Aout 2008 

   Toujours selon l’AFP, les Talibans, plus audacieux et plus organisés, encerclent Kaboul.

     10 septembre 2008

    Le journal le Figaro écrit «  Chassés de Kaboul en 2001, les Talibans sont bel et bien de retour en Afghanistan où leur influence augmente de mois en mois. Al Qaïda s’est reconstruit sur les ruines de l’après 11 Septembre »

     11 Septembre 2008 

   Le Figaro rapporte que, selon Michèle Alliot Marie, ministre français de l’intérieur, «  les Islamistes recrutent dans les prisons françaises »…. Et que «  sept ans après le 11 septembre, l’Afghanistan est redevenu le bastion du terrorisme islamique »

      On voit par conséquent que
la Qaïda est toujours là, présente, menaçante et intouchable.

       Il ne sert donc à rien de continuer à leurrer l’opinion publique par de fausses informations concernant une défaite imminente des « insurgés » et l’établissement en Afghanistan d’une république démocratique et laïque. Nombre d’observateurs avertis suggèrent aujourd’hui, pour sortir de ce bourbier, la recherche d’une solution équitable pour tous, sans vainqueur ni vaincu, une solution qui préservera les intérêts réciproques des grandes puissances, tout en garantissant le respect des traditions ancestrales et religieuses des peuples de la région, traditions qu’il est bien difficile de changer avec un coup de baguette magique. On peut, bien sûr, craindre l’institution de régimes islamiques fondamentalistes. Peut-être, mais ça ne sera pas pour très longtemps, car les peuples finiront bien, un jour, par se libérer. Ils ne sont pas d’ailleurs les seuls, en Asie, à vivre dans une telle situation. Commençons d’abord par régler les questions économiques entre les grandes puissances….Mais pense-t-on réellement que
la Qaïda mettra un jour fin à ses activités terroristes ? Ça sera possible pense-t-on, avec la fin de l’impérialisme dans le monde musulman. C’est semble- t-il, le but même et la raison d’être des Islamistes à travers le monde.

      

 

     

      

 

       

     

     

       

 

14 septembre 2008

                            L’IRAN, AU PASSE MOUVEMENTE 

                Est aujourd’hui encore, un pays très convoité (1) 

 

     Près de 2000 ans avant Jésus Christ, des tribus venues d’Europe et d’Asie s’installent sur les terres fertiles de
la Perse antique (l’Iran actuel).

       Achéménides, séleucides et Sassanides sont les premiers grands empires que
la Perse a connus dans l’Antiquité, une période pleine de remous et de renversements de situations, marquée notamment par les invasions de quelques grands conquérants tels Crésus, roi de Lydie (Asie Mineure), Cyrus, fondateur de l’empire perse et Alexandre le Grand, roi de
la Macédoine.

       Au cours des siècles passés, l’empire perse s’est étendu à l’Asie Mineure,
la Mésopotamie,
la Syrie,
la Phénicie, l’Egypte et jusqu’ à
la Grèce à l’Ouest, et à la vallée de l’Indus à l’Est.

                            L’ARRIVEE DES ARABES ET DE L’ISLAM 

       Avec l’arrivée des Omeyyades en l’an 637 de notre ère, les Arabes  conquièrent
la Perse, emmenant avec eux une nouvelle religion, l’Islam. A noter cependant que si la conquête de l’Iran s’est faite relativement sans grande difficulté, la conversion à l’Islam s’est effectuée progressivement et a duré presque deux siècles. Mais là, il y a une particularité importante dans l’Histoire de ce pays que  nous ne pouvons pas ne pas relever, à savoir que l’Iran a été islamisé mais jamais arabisé, comme cela fut le cas en Syrie, au Liban, en Irak, en Egypte, en Afrique du Nord et ailleurs. Les différentes tribus qui composaient les anciens empires perses ont gardé leurs dialectes et leurs folklores.

      La période omeyyade a été également marquée par une certaine ségrégation raciale. Tous  les avantages étaient, en effet, confiés aux seuls aristocrates arabes dont les dirigeants concentraient, entre leurs mains, l’ensemble des pouvoirs. Cette situation a favorisé la division et contribué à l’expansion du Chiisme naissant. Au XIIIe siècle, le Khorasan, actuelle province frontière de l’Afghanistan, a embrassé la nouvelle doctrine chiite pour se dégager de la domination arabe à majorité sunnite.

     L’empire omeyyade qui s’étendait de l’Atlantique aux confins de
la Chine a connu une belle période d’épanouissement des sciences, de la culture et des arts, un épanouissement inspiré d’ailleurs en partie des acquis que
la Perse ancienne a, elle –même, hérité des civilisations grecque et romaine, notamment dans les domaines de l’urbanisation et de l’organisation administrative. Mais comme tout grand empire, le Califat Omeyyade après l’apogée, connut à son tour le déclin et s’est peu à peu, divisé en petits royaumes, indépendants les uns des autres.

     Après l’avènement de la dynastie abbasside en 748, et l’installation de la capitale de l’empire à Bagdad en Irak, plusieurs petites dynasties se sont constituées en Iran dont, entre autres,  les Samanides, les Ghaznévides les Seldjoukides. Cette période qui a duré de 820 à 1005, a vu l’explosion d’une grande culture persane, de multiples créations artistiques et  l’invention  du calendrier persan.

     En 1219, l’Iran est envahi par les Mongols venus de l’Asie centrale, lesquels ont causé d’énormes dégâts dans les installations des villes, détruit les canaux d’irrigation, avant de s’emparer du pouvoir et de faire fuir une grande partie des populations. Ces conquérants qui ont occupé le pays jusqu’en 1335, ont cédé le pouvoir à d’autres envahisseurs turcs et mongols qui ont administré l’Iran jusqu’en 1507.

      Durant les 16e, 17e, et 18e siècles diverses dynasties et tribus se sont disputé les territoires et les richesses de
la  Perse, à la suite d’invasions et de guerres tribales.

       En 1794, Agha Mohammed Shah Qajar prend le pouvoir et fonde une dynastie qui va durer jusqu’en 1925 et à la tête de laquelle se sont succédé : Tath Ali Shah, Mohammed Shah et Nasseredin  Shah. Avec ce dernier l’Iran a connu une certaine stabilité et vu la modernisation d’un grand nombre de secteurs administratifs et surtout le renforcement du pouvoir de l’Etat au détriment de celui du clergé chiite. En 1906, la première constitution iranienne a vu le jour. 

    Avec la découverte des premiers puits de pétrole en 1908, et le déclenchement de la première guerre mondiale, les intrigues des puissances étrangères allaient commencer et  prendre de l’ampleur. Britanniques et russes, intéressés par l’or noir, s’investirent avec leurs diplomates et agents spéciaux, dans l’infiltration de l’administration iranienne et la course aux intérêts. Les résultats de cette activité souterraine ne se sont pas fait attendre.

      Miné par des événements internes, fomentés à coup sûr par l’Etranger, Nasseredin Shah est renversé par un coup d’Etat et remplacé par le jeune Général Rizâh Khan qui devint en 1923, le Shah Rizâh Shah Pahlavi.  

                      NAISSANCE DE L’ETAT IRANIEN MODERNE 

      La dynastie Pahlavi, l’une des plus célèbres familles royales iraniennes, fut également la dernière à gouverner le pays, un empire aux multiples facettes, divisé entre une société évoluée, vivant à l’occidentale, dans des résidences de luxe et le reste du peuple, menant une vie misérable dans des hameaux paysans.

      Le Shah Rizâh Pahlavi est arrivé avec l’idée et le rêve de faire de son pays un Etat moderne. Dès le début de son règne, il entreprit de moderniser tous les rouages de l’Etat, de développer l’industrie et de créer des universités. Il ne tarda pas non plus, à mettre sur pied une armée moderne, à réformer
la Justice et le système éducatif.

      En 1935 il décida d’interdire le port du voile par les femmes et imposa aux hommes, le port de l’habit occidental.

       Certes, beaucoup de progrès ont été réalisés dans l’édification de l’Etat, mais le niveau de vie du peuple et l’évolution de la société iranienne n’allaient pas au même rythme. D’un côté il y avait une cour royale, un gouvernement et une administration qui vivaient dans un siècle, et de l’autre, un peuple iranien qui végétait dans un autre siècle, une ère encore moyenâgeuse. C’est là une particularité commune à beaucoup de pays du Tiers monde, mais en Iran le contraste entre le riche et le pauvre était encore plus accentué. Cette situation n’avait pas, bien sûr, échappé aux puissances étrangères qui suivaient de près tout ce qui se passait dans le pays. Russes, Allemands et Américains étaient là, à l’affut, dans l’attente d’une occasion propice pour renverser le Shah, trop avare de concessions en leur faveur sur le plan économique. L’attitude de l’empereur a même été jugée trop hostile à l’égard des alliés quand, en pleine guerre avec l’Allemagne, il refusa de laisser transiter par son pays le passage des munitions et opta plutôt pour un rapprochement avec les Nazis avec lesquels il conclut d’importants contrats commerciaux. C’en était trop !

     Le 25/8/1941 les Alliés envahissent l’Iran et forcent le Shah à abdiquer en faveur de son fils Mohammed. Lempereur déchu fut ensuite exilé à l’Ile Maurice où il vécut jusqu’à sa mort.

                                LE DIVORCE AVEC LE PEUPLE 

     Ayant reçu une formation militaire et une éducation à l’occidentale, Mohammed Rizâh Pahlavi fut un monarque pratiquement étranger à son peuple.

     Les grands palais, le faste de la vie impériale, les réceptions grandioses, les diamants de grande valeur et les toilettes de l’impératrice, tout cela était un luxe provocateur aux yeux du peuple, un peuple plongé dans la misère et l’ignorance.

     Contrairement à son père, Mohammed Pahlavi était complètement soumis à la volonté de l’Occident dont il bénéficiait de la confiance et de la protection. Durant ses 38 ans de règne, de 1941 à 1979, il vécut loin des masses populaires et ignorait leurs besoins les plus élémentaires. Les seules choses auxquelles il tenait c’était la belle vie et les titres impériaux : Sa Majesté Impériale, Sa Grandeur, Le Roi des Rois,
La Lumières des Aryens Le Grand Cyrus….Il avait la sympathie, l’admiration et le soutien des classes privilégiées mais était rejeté, méprisé et condamné par les milieux déshérités.

     En 1953, le Dr Mossadegh, alors premier ministre,  réorganise l’armée en écartant tous les officiers fidèles au Shah, s’oppose à la gestion du pétrole iranien par les Anglais et les Américains et annonce sa volonté de nationaliser l’industrie pétrolière. Pris de peur le Shah s’enfuit et s’exile à l’étranger avant de revenir quelques jours après, avec le soutien de
la CIA et du M16 britannique.

     Ce fut là la première tentative de révolution nationaliste, évitée de justesse grâce aux puissances étrangères. Le 19 août de la même année, le Dr Mossadegh est limogé à la suite d’un coup d’Etat et remplacé par un général.   

      Durant toutes les années qui ont suivi, la situation politique et sociale s’est de plus en plus détériorée ; la disparité des classes s’est accentuée chaque année davantage, créant ainsi deux pays différents : l’Iran des lumières et l’Iran des ténèbres.

      Dès le début des années soixante l’activité islamique, animée et dirigée par les Chiites a commencé à prendre forme et à se démarquer de la politique gouvernementale. Un jeune professeur de théologie, Rouhollah Khomeiny s’est engagé dans une opposition hostile au régime impérial dont il n’approuvait pas les réformes de modernisation, dont notamment le droit de vote des femmes, décrété en 1962.

      Après avoir été arrêté et condamné à mort en 1963 pour avoir appelé à l’émeute, Khomeiny fut gracié par le Shah quelques mois après. A peine libéré, il prit le chemin de l’exile, d’abord vers
la Turquie et ensuite vers Karbala en Irak, ville sainte des Chiites et lieu de pèlerinage, où il s’installa durant 14 ans, avant de se fixer en France.

       En 1979, les protestations populaires ont atteint leur paroxysme ; les manifestations contre le régime se sont multipliées. Le Shah n’avait plus qu’une solution : quitter le pays. Ce qu’il fit le 16 janvier 1979. Deux semaines après, Khomeiny  retourna en Iran à la tête de
la Révolution islamique dont il prit la direction politique et religieuse, déclarant le 11 février la fin de la monarchie.

         On peut noter en conclusion de ce premier article, que les grandes puissances : les USA,
la Russie et

la Grande Bretagne, ont toujours été mêlées, de près ou de loin, aux bouleversements que l’Iran a connus ces derniers temps. Il n’échappe à personne que les motivations de l’intérêt accordé à cette région du monde sont toujours d’ordre économique et notamment sa richesse en pétrole. 

          Après la chute, l’un après l’autre, des Pahlavi, père et fils, les Islamistes arrivent au Pouvoir. 

         Comment l’Occident va-t-il se comporter avec le nouveau régime iranien ? C’est ce que nous verrons dans un deuxième article. 

    

       

    

    

 

      

 

                         

L’IRAN AU PASSE MOUVEMENTE, est aujourd’hui encore un pays convoité(II)

3 septembre 2008

                     

         

                    Quel programme pour le nouveau régime ? 

 

    Le passage, en Iran, du régime royaliste des Shah à celui d’un gouvernement islamique, est un tournant historique dans la vie politique de l’Iran et de toute la région.

    Selon tous les théologiens et doctes islamiques de l’Asie comme de l’Afrique, la société musulmane s’était beaucoup éloignée, ces derniers temps, des principes de l’Islam, tels que dictés par le Coran  La division du monde musulman, dominé et exploité par les pays occidentaux, la dégradation des mœurs, la dépravation de la jeunesse, le retard accusé dans les domaines technique et scientifique, sont justement, affirme-t-on, les conséquences de cet abandon de la voie tracée à l’homme par Dieu, dans le Coran, le Livre Sacré qui organise la vie des êtres vivants dans la société, une société islamique conçue sur l’union, la solidarité, la justice entre tous, l’humanisme et le respect de l’Etre humain.

     On comprend, à entendre ces slogans, que l’institution d’un régime islamique, est à coup sûr, une véritable révolution, d’où le vocable de REVOLUTION ISLAMIQUE utilisé par les Mollahs dès la prise du pouvoir en Iran.

      Les Islamistes iraniens ont hérité d’un pays qui avait tous les atouts pour sortir du sous développement  et accéder au rang des nations développées. D’une superficie de 1.648.000 km2 et une population de 70 millions d’habitants, l’Iran était déjà la 2e économie de la région, le 4e producteur de pétrole au monde, le 2e en termes de réserve et le 2e exportateur de l’OPEP. Le pays dispose également de la 2e réserve de gaz naturel après
la Russie et est le 2e producteur.

     Vingt neuf ans se sont écoulés depuis que les Islamistes ont pris la relève du régime du Shah Mohammed Rizâh Pahlavi en 1979. Le monde musulman, dans sa totalité s’attendait à la naissance d’une république démocratique et populaire qui allait mettre fin à la disparité des classes, celle des privilégiés sous le règne du Shah et celle des pauvres qui espéraient et  attendaient tout, du nouveau régime. Mais les Mollahs qui ont appauvri les riches n’ont rien fait pour enrichir les pauvres.

     Tout l’intérêt et tout l’effort des gouvernants iraniens ont été portés sur une islamisation aveugle de la société iranienne. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que le monde entier se rende compte que les nouveaux maîtres de Téhéran n’avaient aucune capacité à gouverner un Etat moderne et n’ont substitué au régime du Shah, rien de valable et de constructif.

     L’Islam ne consiste pas uniquement à faire des prêches et à dicter des interdits. Gouverner, c’est mettre au point un programme pour le développement du pays et le bien-être des citoyens, et s’évertuer à le réaliser. Gouverner, c’est savoir gérer le patrimoine national pour le bien de tous. Gouverner, c’est se mettre à la disposition du peuple et non pas soumettre celui-ci à la volonté des dirigeants.

                     L’ERREUR FATALE  DES ISLAMISTES IRANIENS

    
La Révolution islamique n’a donc pas tenu ses promesses. Cette grande partie du peuple iranien qui vivait dans la misère sous le règne du Shah, n’a pas vu son sort amélioré. Au contraire les Islamistes ont privé la masse populaire des rares libertés qu’elle avait sous l’ancien régime.

     Les Gouvernants iraniens le savent. C’est pourquoi, et pour ne pas perdre la face devant leurs compatriotes et continuer à surchauffer les esprits, il fallait trouver un thème mobilisateur : et c’est l’IMPERIALISME ET LE SIONISME, et trouver des ennemis : et ce sont les AMERICAINS ET LES JUIFS.

      L’enthousiasme suscité au sein des masses populaires par l’avènement de la révolution islamique, s’étant estampé peu à peu, il était devenu nécessaire, pour le maintenir, d’avoir recours, encore une fois à un nouveau slogan, un nouveau thème pour continuer à occuper l’opinion publique : et c’est le PROJET NUCLEAIRE.

    De nombreux observateurs aussi bien à l’intérieur qu’en dehors de l’Iran, estiment que la politique suivie par les Islamistes ne fait que nuire à leur régime et augmenter le nombre de leurs ennemis à travers le monde. Cette affaire du Nucléaire qui ne sert nullement les intérêts du pays, est considérée par la communauté internationale comme étant une erreur fatale. Ces mêmes observateurs reprochent aux Iraniens de s’être attelés à réaliser ce projet qui ne servira en rien leur pays, au lieu de s’occuper en priorité à améliorer le niveau de vie, très bas, de leurs concitoyens. Posséder l’arme atomique mais dit-on, pour frapper qui ? Et pour se protéger de quel ennemi ? Pense-t-on qu’aujourd’hui, une puissance quelconque peut se permettre d’utiliser encore et impunément, l’arme atomique ?

     L’Iran étant un grand producteur de pétrole, n’aurait-il pas fallu, pense-t-on, que ses dirigeants concentrent tous leurs efforts sur le développement économique et social pour bâtir un pays industriel, à l’image des grands Etats européens ? Mais dommage, dit-on, les Mollahs n’excellent que dans la proclamation des interdits et le contrôle de la toilette des femmes.

                      L’OCCIDENT EST-IL RESPONSABLE 

                   De la montée de l’intégrisme islamique ? 

     L’Islam vit aujourd’hui une prise de conscience, un éveil politique  après la longue léthargie qu’il a connu durant la période coloniale. Plusieurs intellectuels et économistes musulmans estiment que le monde islamique n’occupe pas actuellement la place qu’il mérite dans le concert des nations. Cette communauté, forte d’un milliard 300 millions d’habitants, vivant dans des régions extrêmement riches, devrait logiquement, selon ces observateurs, s’imposer sur la scène internationale ou du moins faire poids égal avec les grandes puissances.

    Il y a une vérité dit-on, que nul ne peut nier aujourd’hui, à savoir que l’Occident doit sa prospérité, en grande partie, grâce à l’exploitation des richesses du Tiers Monde. Durant la deuxième moitié du 18e et tout le 19e siècle, les pays européens, notamment

la Grande Bretagne,
la France, l’Espagne et l’Italie avaient colonisé la plupart des pays musulmans dont ils ont dit-on,  pillé les richesses. De nos jours, affirment les Islamistes, l’Occident cherche toujours à perpétuer sa domination sur les économies du Moyen Orient et des Etats du Golfe, une région dont on veut faire un marché pour l’acquisition, à bas prix, des matières premières, notamment des produits pétroliers, en échange de la vente des armes et des avions d’occasion.

    Toute la politique de l’Amérique et de l’Union Européenne est guidée dit-on, par l’intérêt et la recherche des acquis économiques et financiers. Tout dirigeant arabe ou musulman qui essaie de s’opposer aux ambitions occidentales, est immédiatement taxé de terroriste, mis sur la sellette et sur la liste des personnes à éliminer : le président égyptien Nasser pour avoir nationalisé le canal de suez, Saddam Hussein, Assad, Kadhafi, Omar Béchir du Soudan, et bien sûr, tous les dirigeants iraniens, sont considérés comme des ennemis de la liberté, de la légalité et des droits de l’homme, donc des gens dont il faut se débarrasser.

    Les Islamistes se sont, à leur tour, engagé dans la même guerre verbale.

    Les moyens de propagande et de communication islamiques sont aujourd’hui aussi nombreux et performants que ceux de l’Occident. Des dizaines d’émissions télévisées et radiophoniques et des centaines de journaux diffusent quotidiennement des commentaires anti-américains qui ont un impacte certain sur la jeunesse du monde musulman.

     Les dirigeants islamistes de toute la région, disent que le temps travaille pour eux, d’abord parce qu’ils considèrent que c’est l’Occident qui les attaque chez eux et occupe leurs différents pays, et parce qu’ils sont sûrs que les pertes des alliés sont énormes et insupportables à long terme, aussi bien sur le plan financier que du côté de l’opinion publique, de plus en plus hostile à ce genre d’interventions loin de leurs frontières. Contentons-nous, à ce sujet, de rappeler la grande polémique suscitée tout dernièrement, par la mort des dix soldats français en Afghanistan.

    Tout le monde sait que la politique de surenchère menée par l’occident n’inquiète aucunement les Islamistes qui n’ont, disent-il, rien à perdre. Les USA enlisés aujourd’hui en Irak, en Afghanistan voire au Moyen Orient et au Soudan, ont-ils le droit de s’engager en Iran et peut-être demain au Pakistan ?

    Qui nous dit d’ailleurs que la question du nucléaire iranien n’est pas un piège tendu aux Américains par le régime des Mollahs, et une mesure stratégique pour disperser encore davantage leurs efforts ?
La Russie n’a-t-elle pas un rôle secret dans ce conflit, comme elle en a certainement un, dans l’armement et l’entrainement des Irakiens et des Afghans ?

                       LES RELATIONS ISLAMISTES ET OCCIDENT 

                                      DANS LE FUTUR 

     La presque totalité des observateurs qui suivent de près l’évolution de la situation en Iran, au Moyen et proche Orient condamnent la politique menée dans la région, par les uns et par les autres. Ils reprochent aux Islamistes de baser toute leur défense sur le terrorisme dont ils font leur seul moyen d’action, comme ils blâment les Occidentaux de ne savoir parler que le langage des armes. L’utilisation de la force n’est pas ou n’est plus le meilleur moyen de convaincre les peuples. Cela a été démontré jadis au Vietnam, en Algérie et aujourd’hui encore en Irak et en Afghanistan. Les Occidentaux devront à l’avenir prendre en considération l’intérêt des pays producteurs de matières premières, savoir respecter leur dignité et accepter un partage équitable des profits.

    Les Islamistes quant à eux doivent à leur tour, admettre que l’avenir de leurs pays dépend de leur bonne entente avec les autres et notamment avec l’Occident dont ils ont beaucoup à apprendre. S’il n’y a plus de conflit armé entre
la France et l’Allemagne ou entre le Japon et les USA, c’est parce que chacun a compris que l’avenir de l’un ne peut pas se construire au détriment de l’autre. L’avenir de l’humanité réside dans la cohabitation, le respect mutuel des peuples, de leurs religions, de leurs traditions et  SURTOUT, DE LEURS INTERÊTS. 

 

                                                                                                          Mohamed  BOUHOUCH 

   

    

     

   

LA TURQUIE A LA RECHERCHE d’un lien de parenté

2 septembre 2008

    

 

      Située aux confins de l’Europe et au début du continent asiatique,
la Turquie, charnière et point de jonction entre les deux continents, est perdue entre les deux civilisations, et n’arrive pas à trouver, entre l’Est et l’Ouest, quelle direction prendre. Tournée plutôt vers l’Orient, de par la religion musulmane de l’écrasante majorité de ses habitants, elle garde cependant le regard fixé sur l’Europe dont elle a hérité les principes d’un Etat moderne et l’adoption de la laïcité, bien qu’il s’agisse d’une laïcité beaucoup plus théorique que pratique et continuellement menacée par un retour inéluctable aux sources originelles de l’Islam.

      Cette situation n’est pas le fait du hasard.
La Turquie a vécu des siècles à cheval sur les continents européen et asiatique. L’empire turc qui a duré plus de 600 ans, de 1299 à 1923, s’est étendu sur pratiquement tout le Moyen Orient et sur une bonne partie de l’Europe du Sud Est, notamment :
la Bulgarie,
la Hongrie,
la Serbie,
la Bosnie, l’Albanie et une grande partie de

la Grèce. Plusieurs de ces pays gardent encore aujourd’hui des vestiges et l’empreinte de ce prodigieux passé de l’Histoire turque. Il est donc tout à fait normal que le peuple turc soit à son tour imprégné des habitudes et des pratiques de vie des habitants de ces pays.

                 LES EUROPEENS NE VEULENT PAS DE
LA TURQUIE

   Les sondages effectués en Europe sur l’adhésion éventuelle de
la Turquie à l’Union Européenne, ont  montré que la majorité relative des personnes interrogées, soit 48% sont hostiles à cette entrée, avec des taux élevés en :

-         Autriche :       81%

-         Allemagne :   69% 

-         Luxembourg  69%

-         Chypre           68%

-         Grèce             61%

-         France            54%

   Pour Philippe de Villiers
la Turquie n’a pas la vocation à entrer dans l’Union Européenne, car dit-il « ni sa géographie, ni son histoire, ni sa culture, ne font d’elle une nation européenne »
La Turquie dit-il encore, « est un club de Musulmans ». Selon lui, l’entrée de
la Turquie « signifierait en effet l’arrivée de 70 millions de Musulmans et de 300 millions de turcophones au sein d’un ensemble de 400 millions d’habitants ». Si
la Turquie, crie de toutes forces, De Villers, entrait à l’U.E, il faudrait que
la France quitte l’Europe » Voila qui est net.

     Dans une intervention à l’Assemblée nationale, en 2007, François Bayrou  a déclaré que «  l’entrée de
la Turquie dans l’Union européenne serait un risque de dissolution pour le projet européen »

    Pour les responsables du Modem « 
la Turquie n’est pas un pays européen. Son territoire se trouve à 90% en Asie. Seule sa tête, en l’occurrence la ville d’Istanbul est située en Europe. Or le premier critère d’appartenance à l’Union Européenne, fait-on remarquer, est l’européanité comme cela a été affirmé à l’occasion du refus des candidatures du Maroc et d’Israël dans les années 70.

    Giscard d’Estaing est également opposé à l’adhésion de
la Turquie, laquelle pour lui n’est pas du tout un pays européen.

     Nous savons par ailleurs que Nicolas Sarkozy est farouchement contre l’entrée d’Ankara à l’Union Européenne et favorable juste à un accord de partenariat. Au cours de toute la campagne électorale, il n’a pas cessé de préciser que
la Turquie est un pays d’Asie Mineure.

     Seul le PS laisse la porte ouverte. Mais nous savons que c’est plutôt pour ne pas s’aligner sur la position de la droite. Rappelant la décision prise à l’unanimité le 12 octobre 2004 par le bureau national, Julien Dray, porte parole du parti, a déclaré le 13 décembre 2004 «  les conditions de l’adhésion turque ne sont pas réunies aujourd’hui, mais que les discussions devraient se poursuivre en laissant toutes les options ouvertes, qu’il s’agisse d’une adhésion ou d’un partenariat privilégié avec l’Union Européenne. »

   COMMENT LES MUSULMANS VOIENT CE REFUS ? 

    Certaines déclarations de politiques français n’ont pas laissé indifférents aussi bien les Musulmans de France, que la communauté musulmane en général et les Turcs en particulier.

    Les arguments avancés par De Villiers et François Bayrou ont été jugés plus qu’offensants et xénophobes. François Bayrou rejette catégoriquement l’entrée de
la Turquie à l’Europe, afin dit-il de garantir un espace cohérent. Pour lui l’adhésion de
la Turquie à l’Europe changerait la nature de l’Europe.

    Pour Julien Bartoletti (12/3/2007) Bayrou dit cela parce que
la Turquie est un pays à majorité musulmane. « On peut en déduire, dit-il, que pour Bayrou, cette nature de l’Europe dont il parle, serait d’essence chrétienne. Apparemment pour le Béarnais, l’identité et la nature de l’Europe ne peuvent se fonder que sur la chrétienté. »

    De même, la crainte principale de De Villiers n’est pas motivée en réalité par une question de géographie ou d’histoire ou du génocide arménien, mais bel et bien par la peur d’un déferlement sur l’Europe de 70 millions de Musulmans, rappelant en cela le déferlement barbare en Gaule dans le passé.

     Ce genre d’attitude de personnalités européennes a fini par exaspérer la plupart des observateurs musulmans qui voient en ce rejet, une humiliation et une insulte pour leur religion, leur culture et toute leur civilisation.

      L’acceptation au cours de ces dernières années, d’un certain nombre de pays européens de l’ancien bloc de l’Est, qui n’ont affirme-t-on, ni l’histoire et le passé glorieux de
la Turquie, ni sa puissance économique, ni le niveau culturel du peuple turc, est la meilleure preuve que ce ne sont pas les droits de l’homme, ni le degré de démocratie dans ces pays qui ont été à l’origine de leur admission au sein de l’Union Européenne.

     Le principal argument du « rejet » de la candidature turque à son adhésion à l’Europe réside explique-t-on, dans sa situation géographique en Asie Mineure. Mais, soulignent certains observateurs,  pourquoi un grand nombre de départements français font partie de l’Union Européenne, alors qu’ils sont situés en Amérique du Sud telles, entre autres,
la Guadeloupe (Aux Antilles),
La Martinique (dans
la  Mer des Caraïbes),
la Guyane (en Amérique du Sud),
la Réunion (Au Sud Ouest de l’Océan  Indien) ? Pourquoi les Iles Canaries au Sud du Maroc, les villes de Ceuta et Melilla, sur la cote méditerranéenne du Royaume marocain,  font-ils partie intégrante de l’Union Européenne ?  Est-ce que Messieurs Giscard D’Estaing, ou De Villiers ou Bayrou  auraient contesté l’appartenance de l’Algérie française à l’Union Européenne si ce pays, avec ses trois départements (Oran, Alger et Constantine) faisait encore partie de
la France ? Pourquoi dans ces conditions accepter une Algérie française et refuser une Algérie indépendante ? Est-ce que les opposants à l’adhésion de
la Turquie se sont un jour posé des questions sur les peuples de tous les départements d’outre mer : leurs religions, leur culture et leurs origines ? Est-ce que, dit-on, l’Union Européenne sera plus hétérogène, avec
la Turquie, qu’elle l’est, aujourd’hui, avec ses composants actuels ?

     Pour un grand nombre d’observateurs, même européens, le fait de refuser d’admettre
la Turquie au sein de l’Union, relève beaucoup plus d’un sentiment de racisme et de rejet envers les Musulmans, que de considérations d’ordre géographique, ethnique, culturel ou autre.

                        QUELLE ALTERNATIVE POUR
LA TURQUIE ?

   Après tout ce qu’on vient d’exposer, il faut reconnaître que
la Turquie n’a aucun avenir au sein de l’Europe. L’intervention de l’Occident dans certains pays musulmans, tels l’Irak, l’Afghanistan et demain peut-être, au Soudan et en Iran, attise de plus en plus la haine et les antagonismes entre les l’Occidentaux et les communautés islamiques. La proximité de
la Turquie de ce terrain de tension qu’est le Moyen Orient, avec le conflit israélo-palestinien, les circonstances actuelles au Liban, en Irak et en Afghanistan, est une situation qui ne plaide pas, du moins pour le moment,  en faveur d’une ouverture de l’Europe sur cette partie de l’Asie.
La Turquie peut en effet constituer une barrière de protection de l’Europe, comme elle risque de devenir un pont de passage et une porte d’entrée pour des actions terroristes.

       Il va donc de l’intérêt, aussi bien de
la Turquie que de l’Europe, de s’orienter vers une autre forme de relations, tel un partenariat privilégié avec l’Union Européenne, comme cela a été suggéré par le président Sarkozy. De plus,
la Turquie aura également toute sa place dans le projet de l’Union pour
la Méditerranée au même titre que tous les autres pays du Sud.

       Etant un pays dont une partie des habitants appartiennent à la communauté kurde,
la Turquie doit également développer ses relations avec les Etats voisins, Syrie, Irak, des pays musulmans, en voie de développement, ayant les mêmes caractéristiques démographiques et ethniques, avec lesquels elle partage les eaux du Tigre et de l’Euphrate et entretient de multiples rapports sur les plans économique et culturel.  

     

L’UNION DES PAYS DE L’AFRIQUE DU NORD (U P A N)

2 septembre 2008

                

        Depuis leur accession à l’indépendance au milieu du siècle dernier, les pays du Maghreb n’ont pas cessé de rêver à une union qui ferait d’eux une région économiquement et stratégiquement importante.

        Lancée le 17 Février 1989 à Marrakech, au Maroc, entre l’Algérie,
la Libye,
la Mauritanie, le Maroc et
la Tunisie, l’union du Maghreb arabe est restée jusqu’à présent, un projet encore au point mort et handicapé de naissance. Ayant suscité un immense espoir parmi la jeunesse de ces pays, l’UMA semble avoir été victime des ambitions et des susceptibilités de quelques uns de ses propres fondateurs.

         Les débuts furent pourtant prometteurs. De 1989 à 2002, les chefs d’Etats des cinq pays se sont rencontrés six fois :

-         Sommet constitutif tenu à Marrakech les 16 et 17 février 1989, avec la signature du traité constitutif, entré en vigueur le 1er juillet de la même année.

-         Sommet de Tunis tenu du 21 au 23 juillet 1990 concrétisé par l’établissement d’un accord de principe sur la création d’une union douanière, et sur la signature de  conventions (Echange de produits agricoles, garantie des investissements et la non double imposition.)

-         Sommet de Ras Lanouf en Libye, les 10 et 11 mars 1991 qui a vu l’adoption des grandes lignes de la stratégie maghrébine commune de développement, et de deux conventions, l’une commerciale et tarifaire et l’autre sur la création d’une banque d’investissement et de commerce extérieur.

-         Sommet de Casablanca les 15 et 16 septembre 1991 au cour duquel fut établi un accord sur le système de paiement bilatéral unifié entre les banques centrales d’investissement et un accord non écrit sur une distribution des postes, donnant le siège du secrétariat de l’UMA au Maroc, celui du secrétaire général à
la Tunisie, celui du conseil consultatif à l’Algérie, de l’instance judiciaire et de la banque de développement et du commerce extérieur à
la Mauritanie et à
la Libye le siège de l’Académie des sciences et l’Université maghrébine

-         Sommet de Nouakchott les 10 et 11 novembre 1992

-         Sommet de Tunis les 2 et 3 avril 1994 qui a décidé la création d’une zone de libre échange et adopté une convention sur la prévention des infractions douanières.

-         Sommet d’Alger en juin 2002 qui a organisé les structures de l’Union (Conseil de la présidence, conseil des ministres des affaires étrangères, un secrétariat général permanent, un comité de suivi, cinq commissions ministérielles, une assemblée constitutive, composée de 30 parlementaires par pays, avec une présidence tournante et une instance judiciaire.

          Ce fut là, la dernière rencontre plénière des chefs d’Etat de l’UMA.

           En dehors de quelques rares réunions de ministres (Habitat, agriculture, énergie et mines, transport, connexion énergétique, promotion des investissements, intégration maghrébine, entre autres), aucune activité notable ou tentative de rapprochement n’ont été enregistrées. La période de 2002 à ce jour a connu une véritable léthargie.

        La question du Sahara Occidental qui oppose actuellement le Maroc et le Polisario ou plus exactement le Maroc et l’Algérie, semble être la principale raison de ce blocage, lequel a certainement d’autres causes, restées jusqu’à ce jour cachées et inavouées. Comme l’a si bien dit Béchir Yahmed  dans Jeune Afrique du 26/6/2003, « L’UMA paralysée, ressemble à un bateau sur cale…fait semblant d’exister…pendant ce temps, les gens sérieux, Européens et Asiatiques dépassent leurs conflits séculiers et construisent de vraies unions »

        Dans un monde arabe déchiré par des problèmes de divergences religieuses et miné par les intrigues des puissances étrangères, une union des pays arabes de l’Afrique du Nord, comme celle des pays du Golfe, ne peut que favoriser leur intégration économique, harmoniser et coordonner leurs relations extérieures et leur permettre de mieux assurer leur sécurité et leur défense.

                        POUR UN MAGHREB ETENDU A L’EGYPTE 

       En attendant que la question du Sahara occidental trouve une solution équitable, un grand nombre d’observateurs politiques et économiques estiment que l’Egypte est un pays dont la vocation, sur les plans géographique, culturel et des conditions sociales, est de faire partie des pays du Maghreb, plutôt que d’être rattaché au Moyen Orient avec les peules desquels elle ne semble pas avoir beaucoup d’affinité.

         Ainsi on verrait naître un ensemble maghrébin avec intégration de l’Egypte et qui prendra l’appellation de : l’union des pays de l’Afrique du Nord 

         Comme on le constate, le vocable « arabe »  contesté par un certain nombre d’observateurs, disparaît de l’appellation, du fait dit-on, qu’un habitant sur trois  de cette région au moins, est d’origine berbère.   

                              PRESENTATION DE CET ENSEMBLE 

                1-   SUR LES PLANS GEOGRAPHIQUE ET DEMOGRAPHIQUE 

      L’UPAN s’étend de l’océan atlantique à la mer rouge, couvre une superficie de 6.300.000 km2 et compte 170 millions d’habitants.

       Située face à l’Europe et ouverte sur trois espaces maritimes d’une extrême importance, l’UPAN compte 9700 kilomètres de cotes environ, avec 3700 sur l’Atlantique, 5200 sur
la Méditerranée  et 800 sur

la Mer Rouge, avec deux passages stratégiques : le détroit de Gibraltar et le Canal de Suez.

       Les peuples de cette Union sont issus de la même ethnie et appartiennent à la même communauté de langues (arabe et berbère), et de religion (l’Islam), sont pratiquement au même stade de décollage économique et culturel. Ayant tous été colonisés, ils ont comme l’a souligné Nacera Rech, journaliste (Allemagne), ce trait commun d’être «  trop européanisés pour être Arabes   mais trop arabisés pour être Européens ». Ces pays connaissent également, aujourd’hui, un certain nombre de problèmes communs : développement de sectes religieuses, forte natalité, taux d’analphabétisme encore assez élevé, faible taux de croissance du PIB, émigration vers l’Etranger, disparité des classes sociales, institutions démocratiques encore très timides, pouvoir personnel des chefs d’Etat contrastant avec le besoin d’émancipation d’une jeunesse aux ambitions démesurées, qui aspire à un présent assuré et un avenir meilleur.

                    2-      SUR LE PLAN ECONOMIQUE

            Les richesses de la région nord africaine sont variées et assez importantes :

      AGRICULTURE : Céréales, maraîchage, agrumes, vigne, olivier, coton, arbres fruitiers, élevage.

      MINES                : Hydrocarbures (Algérie et Libye), phosphate (Maroc), fer (Mauritanie) etc.

      POISSON           : Grande richesse halieutique (cotes très poissonneuses notamment au Maroc et en Mauritanie

      INDUSTRIE       : Confection, agroalimentaire, pétrochimie, matériaux de construction, petite et moyenne entreprises.

      TOURISME        : Région très sollicitée pour son climat et son infrastructure touristique

(Egypte, Maroc, Tunisie).

 

                  
LA LIBERATION DES PEUPLES PASSE CEPENDANT   

                               AVANT L’UNION DES ETATS      

   Les six pays de l’Afrique du Nord présentent donc beaucoup de points communs et possèdent tous les moyens humains et les richesses pour constituer une communauté économique fiable. Mais est-ce suffisant pour pouvoir édifier une société de peuples libres, gérée par des institutions réellement démocratiques, une société où le citoyen a le droit de s’exprimer librement et de choisir librement ses représentants.

      Les six Etats concernés par l’Union des Pays l’Afrique du nord, objet de cet article, ne présentent pas, aujourd’hui tous les critères  pour constituer une entité démocratique.

      L’Egypte,
la Libye,
la Tunisie sont présidés par des militaires dont les mandats durent depuis plusieurs années. Les présidents égyptien et libyen espèrent même se faire succéder à la tête de l’Etat par leurs propres fils. En Algérie ce sont toujours les hommes du FLN qui détiennent  le pouvoir, chapeautés par les hauts gradés de l’armée. Pour des raisons que seuls les généraux connaissent Chadli Benjedid a été écarté de la présidence sans aucune explication et le président Boudiaf a été assassiné, et tous les deux pour avoir voulu se libérer de l’emprise de la junte militaire. En Mauritanie le seul président issu, soit disant, d’élections libres vient d’être limogé par l’armée, maîtresse du terrain et des institutions. Au Maroc, le premier ministre n’a aucun pouvoir réel. Le gouvernement marocain fragilisé dés sa formation, par sa composition hétéroclite, semble n’être en fait qu’une institution de façade.

    Comment dans de telles conditions peut-on faire démarrer le train de l’Union ? Comment peut-on concevoir, dans cet ensemble déchiré, aux membres enfermés sur eux même, une politique étrangère ou de sécurité communes et une économie intégrée ?   

    Aucune union entre ces Etats, ne sera durable tant que leurs dirigeants continueront de concentrer tous les pouvoirs entre leurs mains, tant qu’il n’y aura pas une totale liberté d’EXPRESSION et de RELIGION… L’UPAN, ce n’est pas six chefs d’Etats mais six peuples et 170 millions d’êtres humains qui doivent être les premiers concernés et maîtres de leur destin et de  toutes les décisions qui engagent l’avenir de leurs pays.      

   

                             

             

L’UNION POUR LA MEDITERRANEE :Pour quoi faire et comment?

2 septembre 2008

       LUNION POUR
LA MEDITERRANEE : Pour quoi faire et comment ? 

 

     La mer méditerranée, ce grand bassin de 2,5 millions de kilomètres carrés, a toujours été une voie de transport maritime, utilisée depuis l’Antiquité, par les peuples de la région, pour leurs échanges commerciaux et culturels. Mésopotamiens, Egyptiens, Perses, Phéniciens, Carthaginois, Grecs et Romains ont tous sillonné les eaux méditerranéennes et installé des comptoirs de part et d’autre du bassin, ce qui avait déjà permis, dans les temps anciens, d’établir des rapports humains et de tisser des relations entre les différentes civilisations de la région.

     L’expansion coloniale du 18 et du19 e siècles, à la recherche des matières premières et de nouveaux horizons de profit, a donné lieu à une plus grande interpénétration entre pays de la région et à l’établissement de rapports plus étroits sur les plans économiques et culturels.

     Mais après l’avènement des mouvements de libération et l’indépendance de la quasi-totalité des pays de la rive Sud, les données  et les rapports entre Européens et  les autres Méditerranéens ont pratiquement changé, devenant des relations entre pays souverains, ou plutôt entre anciens colonisateurs et colonisés, d’où l’existence encore aujourd’hui de séquelles inoubliables.

                       UNE UNION POURQUOI FAIRE 

     Bien entendu
la Méditerranée qui fut et reste toujours un creuset de cultures et de civilisations, doit constituer une zone de paix, de contacts humains, d’échanges et de prospérité. Groupant les croyants de toutes les religions du Livre, Juifs, Chrétiens, et Musulmans, cette région se doit aussi de demeurer à jamais un espace de tolérance, et de compréhension.  

      Lancée en 1995, le processus de Barcelone, l’Euromed, est repris à nouveau par l’appel de Rome pour l’union le 20 décembre 2007, par le président français, le président du conseil des ministres italien et le président du gouvernement espagnol qui ont établi  les grandes lignes du projet de l’Union et invité les chefs d’Etat et de gouvernement des pays riverains de
la Méditerranée, à une réunion le 13 juillet à Paris.

      Pour les instigateurs de cette idée, il s’agit d’instituer un partenariat entre les pays du pourtour de
la Méditerranée, en vue d’une coopération, d’une mobilisation des sociétés civiles, des entreprises, des collectivités locales, des associations et des ONG.

       Selon Alain Le Roy ambassadeur en charge du projet pour
la Méditerranée il sera question en priorité de la dépollution de
la Méditerranée à l’horizon 2020, d’investissement des entreprises dans les projets liés à l’eau, au réchauffement des nappes phréatiques, à la création d’un système d’irrigation, à la mise en place d’une autoroute maritime entre Alexandrie et Tanger, d’un plan solaire méditerranéen. Le programme prévoit également des projets agricoles et un espace scientifique méditerranéen.

      La rencontre de Paris aura pour but de fixer les principes et l’organisation de l’Union, ses objectifs immédiats et lointains, les domaines de coopération prioritaires, de se mettre d’accord sur un certain nombre de projets concrets dont les participants essayeront  d’étudier la fiscalité et les sources de financement.

                          UNE UNION ENTRE LE RÊVE ET
LA REALITE 

     Ce projet d’une Union pour
la Méditerranée qui a, en principe, obtenu l’accord de presque la totalité des pays intéressés, a cependant suscité beaucoup de commentaires et provoqué diverses réactions voire des réserves chez certains participants.

     Pour le Colonel Kadhafi cette union est humiliante et constitue un affront pour les pays du Sud. «  Nous ne sommes pas des affamés ou des chiens pour qu’ils nous jettent des os »  a-t-il notamment déclaré. De plus l’UPM va, a-t-il ajouté, rendre sans objet

la Ligue Arabe et l’Union des pays africains. Les autres pays arabes restent prudents et attendent des éclaircissements au sujet de la participation d’Israël. L’on craint dit-on une normalisation tacite avec le régime de Tel-Aviv. Le conflit arabo-israélien et celui entre l’Algérie et le Maroc au sujet du Sahara risquent en effet de constituer des accrocs et d’empêcher le fonctionnement normal de l’Union projetée. Ces mêmes pays du Sud de
la Méditerranée qui n’arrivent pas, depuis des années, à avoir des relations normales, pourront-ils un jour, dit-on, trouver un terrain d’entente entre eux ?

     Alger semble exprimer des craintes quant à sa place au sein des organismes de direction de la future Union. Le président du patronat algérien Habib Yousfi estime à son tour que pour le moment il n’y a aucune vision claire en matière de financement des projets d’investissement.

     Le commissaire européen au commerce, Mr Peter Mandel a reconnu que le volume des investissements en provenance de l’Europe reste faible. D’autre part les importations et exportations en provenance des pays du Sud de
la Méditerranée comptent pour moins de 10% des échanges de l’union européenne, laquelle est  tournée davantage vers les pays de l’Est.

   Le scepticisme des observateurs ne s’arrête pas là.

    Comme l’a si bien dit le professeur tunisien Khalifa Chater, « il faut éviter que le Sud méditerranéen ne devienne le pare-chocs de l’Europe face à l’Afrique ».La plupart des traités d’amitié et de coopération entre les Pays européens et ceux du Maghreb ne parlent que de l’émigration clandestine et du trafic des drogues, comme si la coopération entre l’Europe et l’Afrique devait se limiter à ces seuls domaines.

   Moulay Hafid el Alaoui, président de la confédération  générale des entreprises du Maroc a déclaré en marge de la conférence Med Business Days, tenue les 3 et 4 à Marseille que «  l’Europe doit considérer ses partenaires de la rive sud de
la Méditerranée, non pas comme étant des pays pauvres auxquels il faut donner l’aumône, mais plutôt des partenaires à part entière. »

    Pour Mme Leila Sbiti, présidente d’Anima Investment Network, il ne faut pas considérer le sud de
la Méditerranée comme « la partie boiteuse » de la zone, comme il faut arrêter également de le voir uniquement comme un marché de consommation. Estimant que le Sud étant un véritable moteur de croissance pour le Nord, Leila Sbiti plaide pour le « développement d’actions conjointes ».   

                                               CONCLUSION 

    Le projet de l’Union pour
la Méditerranée reste en lui-même, une idée porteuse d’espoir pour cette région que plus d’un lien destinent à un avenir commun.

    Il est cependant nécessaire, pour atteindre cet objectif, de passer par un certain nombre d’étapes et de faire preuve de beaucoup de patience. Certes,  il ne s’agira peut-être jamais d’intégration, mais de simple coopération, étant donné le grand retard à attraper par les riverains du Sud.

    Mais malgré cela, certains dirigeants des pays de la rive sud ne doivent pas voir d’un bon œil l’union projetée, laquelle risque de mettre à nue les pratiques anti-démocratiques de leurs régimes et de réveiller les consciences des jeunes générations qui n’arriveront pas à admettre que leurs dirigeants restent des décennies entières accrochés au Pouvoir, et ce, contrairement aux chefs d’Etat européens élus démocratiquement pour des périodes assez courtes.  

    Il est donc absolument nécessaire pour tous les régimes de la rive sud, de revoir leur style de gouvernement, de manière à devenir des interlocuteurs plus crédibles, en respectant la dignité humaine et les règles les plus élémentaires de la démocratie.

 

                                                                                     Mohamed  BOUHOUCH

   

   

2 septembre 2008

 

 

 

          
LA SECURISATION DE

LA ROUTE DU PETROLE : 

   Rime-t-elle avec l’élimination des Régimes islamo-révolutionnaires ? 

 

   La politique américaine poursuivie aux Proche et Moyen Orient étonne et inquiète plus d’un observateur. Menée dans un but : 

    - tantôt humanitaire, pour, soit disant, sauver un peuple opprimé et établir la démocratie dans un pays dominé par un régime autoritaire ; 

    - tantôt sécuritaire, pour, soit disant, empêcher la prolifération des armes de destruction massive ; 

    - tantôt politique et militaire, pour, soit disant, éliminer un régime terroriste, jugé dangereux pour la communauté internationale ; 

   - et peut-être, demain, dans le cadre d’une mission de gendarme international, pour, encore soit disant, empêcher l’Iran de mettre à jour son programme nucléaire. 

   Qu’en est-il exactement de la réalité de ce déploiement militaire américain dans la région proche et moyen orientale ? Peut-on croire sincèrement et un peu naïvement, qu’un pays, aussi puissant soit-il, puisse mener « bénévolement » une telle action, perdre des milliers de ses citoyens et dépenser des sommes colossales, pour le simple plaisir de l’humanité et l’amour de la démocratie ? 

                            RAPPORTS USA / ARABO-MUSULMANS 

     Durant la période de la guerre froide, les Etats-Unis d’Amérique avaient lié des relations économiques et stratégiques  avec un certain nombre de pays arabes sur lesquels ils exerçaient leur influence, en échange de la protection de leurs régimes. Ce fut le cas de tous les pays du Golf, de l’Egypte d’avant et de l’après Nasser, de
la Tunisie et du Maroc entre autres. D’autres Etats comme
la Syrie, l’Irak, l’Egypte de Nasser, l’Algérie de Boumediene,
la Lybie de Kadhafi, avaient fait serment d’allégeance au camp soviétique et déclaré leur opposition à ce qu’ils considéraient comme étant l’impérialisme occidental, prônant ainsi leur attachement à des idéaux révolutionnaires.

     Ce partage d’influence ne se limitait d’ailleurs pas aux seuls pays arabes mais s’étendait pratiquement à l’ensemble des petits pays du tiers monde, en Afrique, en Asie et en Amérique latine, dans lesquels les deux grandes puissances se disputaient la primauté des marchés pour la vente de leurs produits notamment militaires et l’acquisition des matières premières .Dans le présent article, nous nous limiterons aux proche et moyen Orient, une zone dont la particularité consiste en sa richesse pétrolière et l’émergence depuis quelque temps, de régimes notamment islamiques, hostiles à la présence «  militaire » américaine dans la région.

                 Les Régimes islamiques sont-ils nés pour combattre l’occident ?

     Croire cet adage serait absolument absurde et insensé. Je ne pense pas qu’il existe un seul régime islamique qui aurait été érigé au départ,  pour s’attaquer aux Américains et d’une manière générale aux occidentaux. A peine libérés du joug colonial européen, tous les jeunes Etats de la région, grande réserve de pétrole et importantes places stratégiques, allaient devenir, après la fin de la deuxième guerre mondiale, la convoitise et l’objet de surenchère des grandes puissances.

    La caractéristique de la  plupart, pour ne pas dire de la totalité des régimes arabes, durant toutes ces dernières années, est le maintien du même homme fort, à la tête de l’Etat, durant de longues années, avec la bénédiction et la protection de l’un ou de l’autre des deux Grands. Que ce soit dans le camp de l’Est ou celui allié de l’Occident, les dirigeants des Proche et Moyen Orient s’emparaient du pouvoir dont ils s’accaparaient jalousement, jusqu’à la fin de leur vie ou leur éviction à la suite d’un coup d’Etat, avec plus ou moins la complicité de la puissance protectrice.

    Avec les années qui passent, les peuples constatent l’incompétence de leurs dirigeants et leur incapacité à résoudre leurs problèmes et à améliorer le niveau de leur vie.

    Malgré certains changements de régimes de la royauté ancestrale, comme en Tunisie, en Lybie, en Egypte, en Irak et ailleurs et l’érection de régimes républicains nationalistes avec parfois une teinte socialiste, malgré la mise en application de constitutions octroyées et l’organisation d’élections plus ou moins truquées ou tout simplement la mise en place de conseils consultatifs auprès du Souverain absolu, la situation des peuples est restée pratiquement la même et s’est empirée de plus en plus: Sous développement économique et intellectuel, analphabétisme, maladies, pourrissement de la société, jeunesse désœuvrée, corruption, avilissement des mœurs, pauvreté, grande disparité des classes, absence de libertés, etc.…d’où le mécontentement de plus en plus grand des peuples et l’apparition de forces d’opposition à l’intérieur comme à l’extérieur des pays.

   La volonté du changement et l’espoir d’un futur meilleur ont commencé à se faire jour et à exercer toute leur emprise sur l’esprit d’une jeunesse aux yeux bien ouverts sur le monde, des jeunes qui ne veulent plus accepter leur situation misérable, tolérer des gouvernants potentats et une main mise de l’Etranger sur les richesses nationales. Ni les souverains absolus, ni les gouvernants nationalistes, ni les militaires au pouvoir n’ont été, jusqu’à présent, capables de mener à bien la gestion des affaires de leurs pays ou de réaliser un quelconque progrès sur les plans économique, social et démocratique.

    Toute manifestation et toute velléité de révolution sont très vite étouffées et sévèrement réprimées.                                                                                                                                                                              La religion est donc devenue le seul recours et le seul refuge de ces peuples opprimés et    bâillonnés.

    Des prêcheurs de tout bord ont alors trouvé, en ces jeunes désœuvrées, un terrain favorable et des oreilles attentives pour dénoncer l’exploitation des richesses de leurs pays et l’influence « néfaste » de l’Etranger sur les mœurs.

    Le souvenir du colonialisme, encore vivant au Grand Maghreb et en Irak, le conflit israélo-palestinien qui a trop duré et fait des milliers de victimes parmi les musulmans, à cause affirme-t-on, de la complicité et de la partialité des Américains, tout cela a contribué à la naissance et au développement d’un sentiment anti impérialiste et d’un déchaînement des passions qui s’est peu à peu transformé en ressentiment contre l’Occident d’une manière générale et plus particulièrement contre les Etats Unis.

   Mais de là, à penser que les peuples des Proche et Moyen Orient sont tous des terroristes qui veulent la destruction systématique de l’Amérique et de l’Europe, serait commettre une grave erreur d’appréciation et par conséquent, faire un jugement sans fondement.

   Bien sûr, certaines personnes vont me dire, comment dans ces conditions, expliquer et qualifier l’action entreprise par
la Qaeda de Ben Laden et notamment l’attaque des tours du World Trade Center et les pertes qu’elle a entraînées ? Ce même Ben Laden leur répondra « comment également comprendre les bombardements américains et alliés lors de l’invasion de l’Irak qui ont occasionné plus d’un million de morts de personnes innocentes et laissé des milliers de sans abri et des dégâts considérables » ?

         QUE VEULENT LES JEUNES GENERATIONS MUSULMANES ? 

      La raison d’être des organisations islamiques n’a jamais été, quoi que l’on dise, la destruction de la civilisation occidentale. Ce qui les intéresse en premier lieu, c’est :

       - se dégager du joug néocolonial ;

       - se débarrasser des régimes archaïques et pourris qui leur sont imposés ;

       - et instaurer des gouvernements démocratiques, issus d’élections libres, dans le cadre d’une communauté édifiée sur le respect et l’application des hautes valeurs de l’Islam.

      Toutes les religions du Livre, sans exception, imposent à l’homme une conduite morale et un certain nombre d’interdits. Si certaines communautés se sont permis dit-on de s’éloigner des principes de leur religion, au nom de la liberté individuelle et de la laïcité, l’Oumma islamique, quant à elle, a opté pour un attachement au respect et à l’application des préceptes et des obligations de leur religion, l’Islam. La véritable démocratie et le fondement même de la liberté, nous imposent de respecter le choix de chaque communauté, qu’elle soit occidentale, islamique, indienne ou chinoise. Si les musulmans veulent une observation stricte de leur religion, qu’on leur foute la paix.

     Mais soyons honnêtes et ayons le courage de dire que le véritable problème entre l’Occident et les Musulmans, ne réside pas du tout dans le choix ou l’application d’une religion. Les pays occidentaux s’intéressent très peu à ce qui se passe, à ce sujet, en Afrique noire ou en Asie centrale. L’attention et l’intérêt américain se polarisent aujourd’hui sur la région proche et moyen orientale parce qu’elle est riche en pétrole et située dans une zone stratégique d’une haute importance.

    L’éveil des peuples de cette partie de la planète ne consiste pas uniquement à préserver la pureté et l’intégralité des principes de l’Islam, mais à restaurer l’apogée des premiers temps, à promouvoir le développement économique et social, à rattraper le retard sur les plans technologique et scientifique, de manière à s’aligner sur les grands ensembles mondiaux et à ne plus rester dépendants de l’Occident. Ils en ont les moyens matériels et intellectuels.

    Il se trouve cependant que ce rêve ne peut se réaliser qu’au détriment des intérêts économiques de l’Occident qui a besoin de maintenir son influence dans la région et par conséquent, instituer et consolider des régimes à sa portée et à sa solde.

    L’Irak de Saddam, le régime des Talibans, il y a quelques temps, et aujourd’hui, l’Iran des Mollahs,
la Syrie d’Assad et toutes les organisations islamiques de la région constituent pour les USA des embuches qui restent absolument à éliminer, pour continuer à dominer l’exploitation et le marché du pétrole.

    Dans un article du 16/9/2007, intitulé « Mourir pourquoi en Afghanistan » l’auteur écrit : « Le motif de la guerre au terrorisme en Afghanistan, est devenu un objectif secondaire, mais préalable à la réalisation des enjeux militaro-pétroliers de la région. »… »La  démocratie et la libération des femmes afghanes, dit-il encore, sont des motifs et des arguments vertueux utiles pour la propagande de guerre »

   Le monde entier, sauf peut-être, le peuple américain, sait que la pacification de l’Afghanistan est absolument indispensable pour la construction du pipeline trans-afghan pour accéder au pétrole et au gaz naturel des républiques de l’Asie centrale au nord de l’Afghanistan.

   Le monde islamique qui n’est pas, encore une fois, opposé systématiquement aux pays occidentaux, serait peut-être disposé à accepter un partenariat avec eux, pour une meilleure collaboration et une exploitation équitable des richesses de la région, à la condition, bien entendu, de respecter le libre choix de leurs dirigeants et de leurs instances nationales. Pourquoi donc s’entêter et continuer à installer et à protéger des gouvernements impopulaires, tels ceux  actuels du golf, de l’Irak et de l’Afghanistan dont l’autorité ne dépasse pas le périmètre de leurs palais ?  

   L’avenir appartient à la jeunesse musulmane émancipée. L’occident doit le comprendre et l’admettre, une fois pour toutes. Rien ne sert de sacrifier des milliers de vies humaines pour un avenir incertain. L’Islamisme, le fondamentalisme, l’intégrisme sont des vocables vides de signification, inventés par et pour la propagande occidentale. Il y a l’Occident et les peuples des Proche et Moyen Orient. Chaque partie cherche à défendre ses intérêts vitaux. Ils sont condamnés tôt ou tard, à s’entendre et à collaborer. Il n’y a pas d’autre issue… 

   La période de l’escalade coloniale européenne des 18 et19e siècles, vers les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, est maintenant révolue. Les relations inter Etats doivent être conçues et fondées maintenant sur d’autres considérations, d’autres critères et surtout avec une autre mentalité.  

 

    

 

 

 

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