AL QAÏDA ET LES EVENEMENTS actuels dans le monde arabes

11 mars 2011

                                   

 

       Depuis le début des soulèvements des peuples arabes et la chute des régimes de Ben Ali et Moubarak en attendant celle de Kadhafi et Abdullah Salah, une question revient sans cesse dans les écrits et commentaires des observateurs politiques de par le monde, à savoir ce que seraient les futures relations des nouveaux dirigeants arabes avec l’Organisation d’Al Qaïda et son chef Oussama Ben Laden.

       Pour Mouammar Kadhafi il ne fait pas de doute que
la Qaïda est derrière les événements qui secouent actuellement son pays. Selon lui, sa chute amènerait indubitablement le chaos dans la région et serait même une menace pour la sécurité d’Israël. Cette interrogation qui reste parfois muette, est cependant visible dans l’esprit et le regard même d’un certain nombre de journalistes et d’analystes des événements politiques.  S’il est vrai que pour le moment toute affirmation dans ce domaine est prématurée, il n’en reste pas moins qu’une grande incertitude planera longtemps encore sur l’orientation politique exacte vis-à-vis de Tel Avive des nouveaux dirigeants arabes et de leurs futures assemblées élues. En attendant, examinons les points de convergence  entre
la Qaïda et la jeunesse arabe et les questions dans lesquelles elles restent en général  divisées et opposées.  

 

                     
LA Où LES DISCOURS DE B.L. FONT MOUCHE 

   La jeunesse arabe et musulmane d’une manière générale tend une oreille attentive à tous les discours de Ben Laden dirigés contre l’impérialisme et l’exploitation par l’occident des richesses du Tiers Monde. Que ce soit au Moyen Orient, en Afrique ou en Asie centrale les USA essaient, selon Ben Laden,  de s’implanter pour étendre leur hégémonie et ériger des régimes favorables à leurs intérêts économiques et stratégiques.

    Pour le chef de
la Qaïda «  l’Amérique est le plus grand ennemi de l’Islam ». C’est pourquoi il affirme que «  le Jihad contre cette super puissance est l’essence même de la foi ». Le soutien militaire et diplomatique accordé par Washington à Israël ne cesse en effet d’écoeurer les peuples arabes et musulmans qui y voient tout simplement un encouragement à l’entêtement de Tel Aviv et à son refus d’accepter un accord quelconque dans le conflit qui l’oppose aux Palestiniens. Les peuples arabes reprochent aux Etats-Unis d’avoir, depuis 1967, utilisé 39 fois leur droit de veto pour toute condamnation de l’Etat d’Israël à la suite de ses attaques meurtrières contre un  peuple désarmé. Ben Laden accuse également les différents gouvernements qui se sont succédés ces dernières décades à

la Maison Blanche, d’avoir toujours soutenu des régimes et des chefs d’Etat arabes impopulaires et corrompus. La plupart des jeunes intellectuels de ces pays estiment que si leurs dirigeants se maintiennent aussi longtemps au pouvoir c’est, affirment-ils, grâce à la complicité et au soutien de l’Occident et ce, en échange d’un manque de fermeté de ces « princes et raïs » à l’égard d’Israël et leur soumission aux directives des USA.

     Disons enfin que les peuples arabes ont applaudi toutes les prises de position de B.L. concernant l’invasion américaine et les massacres inhumains, inadmissibles commis par les bombardements des alliés en Irak et aujourd’hui encore en Afghanistan.

 

                     CE QUE

LA JEUNESSE ARABE REPROUVE 

                                 Chez Oussama ben Laden 

   A l’exception d’une minorité de barbus, les jeunes intellectuels aussi bien au Maghreb qu’au Moyen Orient rejettent en bloc toutes les idées du chef de
la Qaïda ainsi que ses injonctions relatives à l’hostilité et à la haine contre les occidentaux et condamnent l’activité terroriste prônée par les organisations islamistes.

    Cette même jeunesse arabe réprouve toutes les pratiques de l’Islam orthodoxe telles qu’enseignées et imposées par les adeptes de
la Qaïda qui ont administré l’Afghanistan de 1996 à 2001 avec : Port obligatoire d’une longue barbe par les hommes, Interdiction aux femmes de travailler, de sortir sans voile intégral, de se faire admettre dans un hôpital où exercent des médecins hommes, interdiction de la musique, de la danse, de la peinture, du dessin, des poupées pour les enfants, fermeture des salles de cinéma et interdiction des magnétophones et des costumes européens pour les hommes, obligation de se rendre à la mosquée aux heures de prière sous peine d’être arrêté, application des pires châtiments pour les prostituées et les homosexuels enterrés vivants ou écrasés sous un bulldozer etc.… 

    Un Islam modéré, une société musulmane démocratique,  libérale et pluraliste, ouverte au monde et à toutes les civilisations et religions : voila l’idéal auquel aspire aujourd’hui la jeunesse des pays arabes. Les craintes et appréhensions  de certains politologues peu avertis quant à un certain durcissement de l’attitude des futurs dirigeants à l’égard de l’Occident ou d’Israël sont donc mal fondés et ne reposent sur aucun critère sérieux. Mais encore faut-il que l’Etat hébreux révise sa politique d’occupation des territoires spoliés et décide une fois pour toutes de consentir l’effort nécessaire pour un règlement définitif de ce problème qui n’a que trop duré. 

    Avec le règlement de cette question délicate et une politique plus équilibrée et plus réaliste     des occidentaux dans leurs rapports économiques avec les pays arabes, Oussama Ben Laden sera contraint de prendre sa retraite ou restera tout simplement ignoré.

 

 

                        

     

      

DEMOCRATIE ET OBSCURANTISME:Peuvent-ils cohabiter?

8 mars 2011

   

 

    L’année 2011 aura marqué le déclenchement de soulèvements dans bon nombre d’états arabes. Après
la Tunisie, l’Egypte,
la Libye, le Yémen,
la Jordanie, Bahreïn et peut être demain l’Algérie,
la Mauritanie ou le Maroc, les manifestations se succèdent et se ressemblent par leur ampleur sur le terrain, la détermination des habitants à mettre fin à la dictature et la similitude des revendications qui en sont à l’origine : désir de changement de régime et de dirigeants pour certains pays ou de comportement et de la politique suivie par les gouvernants dans d’autres états. Tous demandent de profondes réformes constitutionnelles, administratives et judiciaires et un droit de regard dans la gestion des affaires de leurs pays. Les jeunes générations arabes exigent en effet plus de démocratie, plus de justice sociale, une plus grande place pour eux dans la direction des affaires, une distribution plus équitable des richesses nationales, la fin du favoritisme et de la domination de la société par des princes et  certaines familles privilégiées.

     La jeunesse arabe au proche Orient est écœurée de voir tous les postes de responsabilité confiés presque exclusivement à des princes ou des proches de la famille royale, comme si  parmi les citoyens de ces pays il ne se trouve pas de personnes capables d’assumer de hautes fonctions de l’Etat. Tous les édifices du pays, les avenues, les grandes places, les aéroports etc. sont baptisés aux noms de rois et de princes. Les grands organismes sociaux  sont également dirigés par eux ou portent leurs prénoms.

     Trop imbus de leur pouvoir et de leur personne, ces grands hommes qui gouvernent le monde arabe ne se rendent pas compte du ridicule dont ils se couvrent aux yeux de la communauté internationale, quand ils se laissent embrasser la main par des « sujets trop dociles » qui leur font la courbette ?

     Ces monarques et présidents arabes veulent s’éterniser dans leurs fonctions pour continuer à jouir des richesses et des honneurs que ces fonctions leur procurent. Ils deviennent malades et presque drogués. La manifestation de soumission et l’allégeance quotidienne dont ils sont l’objet de la part des hommes qui les entourent, comme les louanges et les gestes obséquieux  deviennent pour le prince ou le président un besoin vital. Ben Ali et Moubarak sont alités depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir et privés de cette « substance nutritive ». Quant à Kadhafi, il n’arrive pas encore à s’imaginer sans son accoutrement et son rôle de GUIDE DE

LA REVOLUTION LIBYENNE. Oui le pouvoir a grisé ces gens ! 

      L’avenir risque par conséquent de nous révéler d’autres Ben Ali, d’autres Moubarak et d’autres Kadhafi ! Les jeunesses arabes qui ont fait les révolutions dans leurs pays en ce début d’année attendent quant à eux un véritable changement dans les mœurs politiques de leurs nations. Ils espèrent voir émerger des urnes non pas des «  monarques » mais des hommes honnêtes prêts à servir leurs pays, des dirigeants décidés de se pencher sur les problèmes quotidiens de leurs concitoyens, de lutter contre la corruption et les disparités sociales, de remplacer les bidonvilles par des habitations décentes, de combattre la pauvreté et l’analphabétisme. Bref des gens qui viennent pour servir et non pas pour se servir. 

     Dans les royautés et les principautés les citoyens veulent avoir affaire à des premiers ministres élus et responsables  qui doivent rendre compte devant des instances parlementaires. Le roi ou le prince ne doivent pas, en même temps, régner et gouverner. Le peuple a le droit de contrôler et de sanctionner les mauvais gouvernants. Il ne peut pas le faire s’il n’a affaire qu’à des exécutants. C’est ça la véritable démocratie.   Un président de
la République ne doit pas non plus briguer plus de deux mandats, sans quoi on reviendrait au système des présidents à vie.

    Le problème de la démocratie dans le monde arabe reste par conséquent entièrement posé. Quelles constitutions, quelles élections, quels parlements, quels régimes pour l’avenir ? Quels choix politiques et sociaux ? Le changement intervenu dans les pays de l’Europe centrale et orientale à la fin des années 80 aura-t-il lieu dans les Etats arabes ? Aura-t-on des régimes islamiques à l’iranienne ou militaires avec des généraux à la tête ? La liberté d’expression et de la presse sera-t-elle tolérée ? L’enrichissement illégal sera-t-il dénoncé et sanctionné ? Tous les enfants et notamment ceux des pauvres seront-ils tous scolarisés ? Les ouvriers agricoles seront-ils moins exploités et mieux payés ? Les jeunes de 18 à 30 ans seront-ils moins tentés par l’émigration vers l’Europe pour survivre ?   Ce ne sont là que quelques questions qui sont posées ça et là dans les milieux intellectuels et populaires arabes qui n’osent pas encore croire à la fin de leur calvaire.   

    Le changement des dirigeants à lui seul ne résoudra pas les problèmes du monde arabe. Ce qu’il faut changer c’est l’esprit, c’est la manière de gouverner, c’est la conception que les responsables dans ces régions se font du pouvoir, de la démocratie et du respect des droits de l’Homme.

 

                              Mohamed  BOUHOUCH 

                   

           

LES REVOLUTIONS ARABES:Quel avenir ?

8 mars 2011

   

 

    L’année 2011 aura marqué le déclenchement de soulèvements dans bon nombre d’états arabes. Après
la Tunisie, l’Egypte,
la Libye, le Yémen,
la Jordanie, Bahreïn et peut être demain l’Algérie,
la Mauritanie ou le Maroc, les manifestations se succèdent et se ressemblent par leur ampleur sur le terrain, la détermination des habitants à mettre fin à la dictature et la similitude des revendications qui en sont à l’origine : désir de changement de régime et de dirigeants pour certains pays ou de comportement et de la politique suivie par les gouvernants dans d’autres états. Tous demandent de profondes réformes constitutionnelles, administratives et judiciaires et un droit de regard dans la gestion des affaires de leurs pays. Les jeunes générations arabes exigent en effet plus de démocratie, plus de justice sociale, une plus grande place pour eux dans la direction des affaires, une distribution plus équitable des richesses nationales, la fin du favoritisme et de la domination de la société par des princes et  certaines familles privilégiées.

     La jeunesse arabe au proche Orient est écœurée de voir tous les postes de responsabilité confiés presque exclusivement à des princes ou des proches de la famille royale, comme si  parmi les citoyens de ces pays il ne se trouve pas de personnes capables d’assumer de hautes fonctions de l’Etat. Tous les édifices du pays, les avenues, les grandes places, les aéroports etc. sont baptisés aux noms de rois et de princes. Les grands organismes sociaux  sont également dirigés par eux ou portent leurs prénoms.

     Trop imbus de leur pouvoir et de leur personne, ces grands hommes qui gouvernent le monde arabe ne se rendent pas compte du ridicule dont ils se couvrent aux yeux de la communauté internationale, quand ils se laissent embrasser la main par des « sujets trop dociles » qui leur font la courbette ?

     Ces monarques et présidents arabes veulent s’éterniser dans leurs fonctions pour continuer à jouir des richesses et des honneurs que ces fonctions leur procurent. Ils deviennent malades et presque drogués. La manifestation de soumission et l’allégeance quotidienne dont ils sont l’objet de la part des hommes qui les entourent, comme les louanges et les gestes obséquieux  deviennent pour le prince ou le président un besoin vital. Ben Ali et Moubarak sont alités depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir et privés de cette « substance nutritive ». Quant à Kadhafi, il n’arrive pas encore à s’imaginer sans son accoutrement et son rôle de GUIDE DE

LA REVOLUTION LIBYENNE. Oui le pouvoir a grisé ces gens ! 

      L’avenir risque par conséquent de nous révéler d’autres Ben Ali, d’autres Moubarak et d’autres Kadhafi ! Les jeunesses arabes qui ont fait les révolutions dans leurs pays en ce début d’année attendent quant à eux un véritable changement dans les mœurs politiques de leurs nations. Ils espèrent voir émerger des urnes non pas des «  monarques » mais des hommes honnêtes prêts à servir leurs pays, des dirigeants décidés de se pencher sur les problèmes quotidiens de leurs concitoyens, de lutter contre la corruption et les disparités sociales, de remplacer les bidonvilles par des habitations décentes, de combattre la pauvreté et l’analphabétisme. Bref des gens qui viennent pour servir et non pas pour se servir. 

     Dans les royautés et les principautés les citoyens veulent avoir affaire à des premiers ministres élus et responsables  qui doivent rendre compte devant des instances parlementaires. Le roi ou le prince ne doivent pas, en même temps, régner et gouverner. Le peuple a le droit de contrôler et de sanctionner les mauvais gouvernants. Il ne peut pas le faire s’il n’a affaire qu’à des exécutants. C’est ça la véritable démocratie.   Un président de
la République ne doit pas non plus briguer plus de deux mandats, sans quoi on reviendrait au système des présidents à vie.

    Le problème de la démocratie dans le monde arabe reste par conséquent entièrement posé. Quelles constitutions, quelles élections, quels parlements, quels régimes pour l’avenir ? Quels choix politiques et sociaux ? Le changement intervenu dans les pays de l’Europe centrale et orientale à la fin des années 80 aura-t-il lieu dans les Etats arabes ? Aura-t-on des régimes islamiques à l’iranienne ou militaires avec des généraux à la tête ? La liberté d’expression et de la presse sera-t-elle tolérée ? L’enrichissement illégal sera-t-il dénoncé et sanctionné ? Tous les enfants et notamment ceux des pauvres seront-ils tous scolarisés ? Les ouvriers agricoles seront-ils moins exploités et mieux payés ? Les jeunes de 18 à 30 ans seront-ils moins tentés par l’émigration vers l’Europe pour survivre ?   Ce ne sont là que quelques questions qui sont posées ça et là dans les milieux intellectuels et populaires arabes qui n’osent pas encore croire à la fin de leur calvaire.   

    Le changement des dirigeants à lui seul ne résoudra pas les problèmes du monde arabe. Ce qu’il faut changer c’est l’esprit, c’est la manière de gouverner, c’est la conception que les responsables dans ces régions se font du pouvoir, de la démocratie et du respect des droits de l’Homme.

 

                              Mohamed  BOUHOUCH 

                   

           

LA SITUATION EN EGYPTE et le problème du Proche Orient

8 mars 2011

                                

 

 

      Les jours se succèdent les uns aux autres  et la situation en Egypte demeure toujours tendue, une situation dont personne n’est encore en mesure, à l’heure actuelle, d’en prévoir l’issue. Les rassemblements localisés au début au centre du Caire et Alexandrie, se sont étendus à de nombreuses villes égyptiennes dont Suez, Port Saïd, Ismaïlia et bien d’autres localités.

      Le nombre des manifestants estimés aux premiers jours à des milliers de personnes, atteint aujourd’hui voire dépasse les deux millions de personnes : des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux. On a vu même des handicapés, sur leurs fauteuils roulants, brandissant des pancartes hostiles au pouvoir. Toute cette foule, en colère, vocifère contre Hosni Moubarak, un président « inamovible » dont les Egyptiens ont assez vu le portrait depuis trente ans. Le même leitmotiv, le même refrain, la même revendication, la même exigence : le départ de Moubarak.

     Seize jours et seize nuits de manifestation. Plus de 300 morts et des centaines de blessés. Le message du peuple égyptien est très clair. Pour le commun des mortels la question est simple. Moubarak doit céder la place. Mais en réalité le problème égyptien, vu de l’extérieur, est beaucoup plus compliqué. Un changement subit de régime dans ce pays risque dit-on d’avoir des conséquences dramatiques aussi bien sur le plan interne qu’au niveau de tout le proche Orient où la sécurité reste encore très précaire.

     L’avenir de l’Egypte intéresse par conséquent toute la communauté internationale et non pas les seuls habitants de ce pays. D’où la complexité de la situation qui exige beaucoup de temps,  de la réflexion et une extrême prudence. Certes, les revendications du peuple doivent être satisfaites, du moins les plus légitimes et les différentes forces politiques doivent être représentées dans le gouvernement de transition. Comme il est absolument indispensable de chercher, dans la composition de la nouvelle équipe dirigeante, à préserver un certain équilibre entre toutes les organisations politiques, idéologiques et religieuses autour d’un projet de gouvernement qui puisse prendre en compte aussi bien les exigences d’un peuple qui vit aujourd’hui dans la misère,  que la nécessité absolue de la paix dans la région.

    Il est certain que c’est exactement la solution que cherchent et exigent maintenant les Occidentaux. Mais est-ce que ces derniers savent bien  ce qui se passe dans l’esprit des milliers de jeunes égyptiens rassemblés depuis le 25 janvier sur les grandes places publiques ? Est-ce que les Américains  et les Européens ont une idée des masses d’argent volées et détournées par certains chefs d’Etats arabes et placées dans des banques étrangères ou investies dans de grandes activités économiques ? Est-ce qu’ils ont une idée exacte des injustices sociales dont souffrent les peuples arabes  Pourquoi les grandes puissances gardent le silence sur de telles anomalies inacceptables qui deviennent  intolérables chez eux quand il s’agit de  leurs propres dirigeants  et hommes politiques ?

   La jeunesse arabe n’est pas, en grande partie, acquise aux idées islamiques. Mais il faut reconnaître qu’elle ne les rejette pas en bloc. Si une écrasante majorité de jeunes refusent de laisser pousser la barbe ou de porter des habits afghans, il n’en reste pas moins qu’ils sont en totalité opposés au soutien logistique et moral accordé par l’Occident aux dictateurs qui se perpétuent à la tête des pays arabes ou à un Etat d’Israël qui refuse de composer avec ses voisins. Un thème qui revient en permanence dans les discours des Islamistes.

   Depuis le début du soulèvement égyptien,  tous les hommes politiques occidentaux, éditorialistes, analystes et peut être l’homme de la rue n’évoquent et ne développent qu’une seule et unique question, celle de savoir comment se comporteront les futures dirigeants égyptiens face au conflit arabo-israélien. Le choix du successeur de Moubarak devrait donc obligatoirement se faire selon eux en fonction de ce seul aspect de la question. Même Benyamin Nétaniahou aurait déjà fait son choix et opté pour Omar Souleymane qui n’est d’autre, pour les Egyptiens, qu’une copie conforme de Hosni Moubarak Y a t-il une seule voix en Occident qui s’est élevée pour dire qu’il faut imputer l’impopularité de l’actuel président à sa position équivoque dans le conflit du proche Orient ? Y a-t-il un seul chef d’Etat de l’Union Européenne qui a osé jusqu’à présent mettre en cause la responsabilité d’Israël sur le blocage des négociations de paix avec les Palestiniens ? Tout le monde sait que l’Etat hébreux cherche depuis des années à esquiver les questions de fond pour le règlement définitif de ce problème qui réside en premier lieu en la restitution aux Palestiniens des territoires annexés en 1967. Et l’on s’accroche au seul FANTÔME des Islamistes ! 

    Soyons francs et logiques. Les Islamistes existeront toujours  mais ne constitueront jamais une majorité au sein du monde arabe. Pourquoi donc chercher à voir, à tout prix, dans toute tentative de révolution dans la région contre un régime corrompu, une menace pour la sécurité de l’Etat hébreux ? Israël est là et le restera jusqu’à la fin des temps, mais un Israël tel que prévu par la division du territoire de 1948 par l’ONU, c’est-à-dire sans la partie arabe de Jérusalem .et non pas tel qu’imaginé et voulu par les extrémistes hébreux, fanatiques porteurs de barbe qui rêvent du GRAND ISRAËL, étendu à une bonne partie du proche Orient.  Tout le problème réside donc dans la position du pouvoir israélien soumis et assujetti à la volonté d’une minorité d’orthodoxes et à des équilibres très fragiles de coalition gouvernementale.

    Laissons donc l’Egypte et peut être demain d’autres pays arabes, faire librement leurs révolutions sans essayer d’y voir toujours une volonté quelconque d’envahir Israël dont la sécurité est assurée par toute la communauté internationale et par sa propre armée super équipée. S’il y a par conséquent une pression à exercer actuellement, elle doit l’être plutôt sur le gouvernement israélien pour se retirer de tous les territoires occupés et en particulier Jérusalem Est. Ce ne sera là que le respect du droit international et une marque de sagesse politique de la part de dirigeants qui se respectent. Notons d’ailleurs que
la Mosquée d’Al Qods est un lieu sacré pour tous les musulmans du monde et non pas une simple  revendication palestinienne. Les grands lobbys juifs de par le monde qui soutiennent Israël et influencent les gouvernements occidentaux devront, bien entendu, saisir l’importance de cette question cruciale qui se trouve au centre du conflit du Proche Orient.

    Soyons assurés qu’après une attitude plus souple et plus réaliste de la part de Tel Avive, il n’y aura plus de guerre israélo-arabe. La paix au proche Orient se trouve sous la coupole de la mosquée d’Al Qods….

 

                          Mohamed BOUHOUCH 

               

         

     

KADHAFI ou Néron des temps modernes

8 mars 2011

 

 

   Jamais deux sans trois. Mais le colonel Kadhafi ne veut pas être le troisième. « Je ne suis ni Ben Ali ni Moubarak » ne cesse-t-il de répéter. «  Je ne partirai pas. Je lutterai jusqu’à la dernière goutte de mon sang.  Je ne capitulerai jamais et s’il le faut je brûlerai toutes les installations pétrolières, détruirai toutes les villes et tuerai jusqu’aux derniers libyens ».

    C’est lui dit-il qui a crée et façonné 
la Libye telle qu’elle est aujourd’hui. Il n’est pas un président de
la République comme les autres précise-t-il, mais un guide de
la Révolution, un guide pour toute l’Afrique, le monde arabe et l’Amérique du Sud.

    Du 17 février date du déclenchement de
la Révolution libyenne à ce jour, soit une semaine environ, plus de 400 manifestants sont morts. Selon des observateurs dignes de foi le nombre de victimes serait même de plus de 2000. Ce n’est pas étonnant quand on sait que le colonel Kadhafi a utilisé des mercenaires maliens et toutes les armes de guerre pour étouffer la rébellion. Des blindés, des hélicoptères, des chasseurs bombardiers, des gaz etc.…

    Ni l’ampleur des manifestations qui ont secoué et mobilisé toutes les grandes villes du pays, ni la condamnation  internationale unanime n’ont permis d’intimider Kadhafi ou de le dissuader de son action criminelle. Traité de fou, de despote, d’hystérique, de chien enragé, de maudit, de vomi par son peuple, de tueur, de criminel de guerre, de boucher, de mégalomane, de monstrueux, cet homme anormal est resté sourd à tous les appels de la société internationale et à toutes les critiques et insultes proférées à son égard.

   Que peut-on en effet penser ou attendre d’un énergumène de ce genre qui, le 21 décembre 1988, a provoqué l’attentat de Lockerbie contre le bœing 747-100 de la compagnie américaine PAN AM, causant la mort de 270 personnes innocentes ? Que peut-on dire de cet assassin qui, le19 septembre 1989, a fait tomber
la DC 10 UTA de la compagnie française mettant fin à la vie de 171 hommes et femmes ? Je ne trouve personnellement aucun qualificatif pour désigner un tel individu, un homme que Mr Sarkozy a malheureusement reçu il y a quelques mois en grandes pompes à l’Elysée.

    Son accoutrement, habillé souvent en bédouin, sa résidence préférée sous une tente au désert, sa manière ridicule de se tenir toujours le buste bombé, la tête redressée à rompre le coup, ses lunettes noires, son arrogance et ses discours fleuve sans objet précis, sautant souvent du coq à l’âne : ce sont là autant de signes qui situent  cet individu à la recherche d’une personnalité originale et d’un ascendant sur son entourage.

   Quelle fin peut-on imaginer pour un tel homme ? Le dénouement d’une tragédie grecque avec un suicide ? Peut être. Mais avant, Kadhafi, à l’instar de NERON,  risque avant de mourir de ne laisser de
la Libye qu’une terre brûlée et des millions de cadavres. Il est en effet très difficile pour quelqu’un qui a régné sans partage sur son pays pendant quarante deux ans, qui possède une fortune évaluée à 130 milliards  de dollars investis à l’Etranger et plus de 800 milliards de dollars représentant ses biens en Libye, il est très dur pour  lui de se retrouver dans la situation actuelle de Ben Ali… Mais c’est bien là la fin des scélérats et des criminels de guerre.     

 

                           Mohamed    BOUHOUCH    

 

 

 

   

 

 

LE VENT DES LIBERTES:Souffle-t-il à nouveau sur le versant sud de la Méditerranée?

8 mars 2011

 

          

 

    Les pays de l’Afrique arabe ont été secoués dans les années cinquante par de grands mouvements d’agitation populaire qui ont contraint les autorités coloniales de l’époque à leur octroyer l’indépendance :
la Libye en 1951, le Maroc et
la Tunisie en 1956,
la Mauritanie en 1960 et l’Algérie en 1962. L’Egypte quant à elle, ayant acquis une indépendance tout à fait relative, n’a été réellement libérée du joug colonialiste qu’en 1953 après la chute d’une monarchie complètement dominée par

la Grande Bretagne et la proclamation de la république par Jamal Abdel Nasser qui a permis au pays de récupérer le Canal de Suez encore sous occupation étrangère.

    Au fil des années qui se sont écoulées depuis cette épopée historique, l’horizon politique de ces peuples s’est peu à peu estompé ; leurs rêves pour un Eden et un avenir heureux se sont hélas évaporés. A l’exception d’une minorité de privilégiés, la masse a continué à vivre dans l’ignorance et la misère. Et pourtant des milliers de victimes sont tombés pour l’acquisition de cette indépendance tant attendue. Un million de morts pour la seule Algérie…tous ces martyrs qui ont permis à une poignée de militaires et à leur agent Bouteflika de profiter aujourd’hui des richesses agricoles et minières de l’Algérie.

    Aux gouvernants européens se sont succédés en effet des administrateurs nationaux qui se sont avérés plus cruels et plus intraitables que les pires colonialistes. A la tête de ces Etats se sont intronisés en effet des gradés militaires, des individus sans expérience politique ni soutien populaire, des parvenus qui deviennent avec le temps de véritables souverains absolus, grisés par le pouvoir et imbus de la supériorité de leur personne et la prééminence de leurs idées et décisions.

    Deux choses perpétuent le règne de ces potentats. L’ignorance de la grande majorité de leurs peuples, en quelque sorte voulue par les gouvernants et la peur de la répression. En Tunisie comme en Egypte ce sont des intellectuels, des diplômées chômeurs qui ont été à l’origine des soulèvements. Le tunisien Bouazizi qui s’est immolé à Sidi Bouzid est un ancien lycéen qui a été contraint de rompre ses études secondaires pour devenir marchand de fruits. Les prisons égyptienne et tunisienne regorgent de prisonniers politiques, pour la plupart des intellectuels qui ont osé un jour exprimé librement leurs opinions ou demandé le changement. La pauvreté, l’ignorance et surtout la crainte de la répression contraignent le reste c’est-à-dire  les masses populaires, à croire malgré eux en leur destin de malheur, à se soumettre et à accepter leur situation précaire. Bien entendu quand ils sont encouragés par leurs élites, ils se joignent aux manifestants et laissent exploser leur colère et leur amertume, bien souvent avec beaucoup de violence et de brutalité.

   Aujourd’hui toute la jeunesse nord africaine souhaite que les événements survenus en Egypte et en Tunisie s’étendent à d’autres Etats du Maghreb, des pays qui connaissent la même situation d’exploitation populaire et une énorme disparité entre les classes, avec une minorité de privilégiés (dont les généraux de l’armée) qui possèdent 90% des richesses nationales et le reste du peuple marginalisé qui végète dans la misère et l’ignorance. C’est là une triste vérité que chacun doit avoir le courage de reconnaître.

   Seulement voila. Certains régimes totalitaires de la région semblent avoir pris toutes les mesures de sécurité et de défense pour parer à toute éventualité et pérenniser leur empire. Le 12 février dernier une marche a été organisée à Alger à l’appel de la coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC) pour dénoncer le vide politique et demander des changements. D’importantes et imposantes forces de l’ordre ont été mobilisées par les autorités pour empêcher cette marche pacifique. Pour contrer 2000 manifestants les forces de police ont fait appel à 30.000 agents, soit un pour quinze, sans parler des milices du pouvoir (en civil) qui se comptent par milliers. Bien entendu et comme toujours les responsables algériens ont essayé de minimiser l’ampleur de la contestation. Pour le ministre des Affaires étrangères « l’Algérie ce n est ni l’Egypte ni
la Tunisie ». Comprenez bien le fond de la pensée du ministre à savoir « que le régime de Bouteflika que les Islamistes ne sont pas parvenus à inquiéter, ne se laissera pas déborder par de simples mouvements de rue ».

      Il en est de même pour
la Libye qui mobilise deux forces de l’ordre : une police en tenue et un corps en civil, « des gardiens de la révolution »,  qui constituent une milice bien entraînée aux combats de rue. Sans parler de l’armée qui reste en état d’alerte. Quelle est la position des Etats européens face au comportement de ces Etats totalitaires qui compriment les aspirations de leurs peuples et les privent de leurs droits et des richesses de leurs pays ? Les porte-parole de leurs gouvernements, quand ils osent s’exprimer, le font avec beaucoup de diplomatie en utilisant des expressions très tactiques et adroites destinées à  plaire aussi bien aux manifestants qu’aux autorités, telles que «  Laisser les manifestations se dérouler librement » ou bien « éviter les moyens de répression ». Aucune condamnation ferme et solennelle n’est prononcée, de peur de mécontenter de bons  partenaires économiques ! Un grand dirigeant européen aurait même dit qu’il préférait un gouvernement Bouteflika à un régime taliban. Dans les deux cas il s’agit d’un pouvoir autocrate. Mais alors quelle place occupe le peuple dans ces deux systèmes ?

     De par sa situation géographique et son histoire aussi bien ancienne que récente, cette région de l’Afrique du Nord se trouve et restera indubitablement tournée vers sa sœur jumelle de l’autre coté de

la Méditerranée. Les croyances religieuses de ses habitants inspirées d’un islam malékite tolérant, ouvert à tous les courants de la civilisation, n’ont jamais été une source de haine ou de rejet des autres. Les millions de touristes européens qui visitent les pays du Maghreb ne tarissent pas d’éloges à propos de l’amabilité et de l’hospitalité de ses habitants.

     Un vent de révolte, un vent de liberté porteur de parfum de jasmin et de fleur d’oranger souffle actuellement sur cette région pour balayer la dictature des militaires et ouvrir la voie à la démocratie véritable. Faisons en sorte que ce printemps s’installe, que le ciel maghrébin s’éclaircisse et que les roses éclosent. Amen.     

 

               Mohamed BOUHOUCH    

   

 

      

 

                                      

LA REVOLUTION DANS LE MONDE ARABE: A qui le tour?

8 mars 2011

            

 

    Ben Ali et Moubarak sont tombés  Tout le monde se demande à présent quel est le prochain chef d’Etat arabe qui sera donné en offrande au dieu de
la Révolution ? 

    Après plusieurs décades de sommeil, d’adoration aveugle et de soumission sans faille à l’autorité souveraine de Rois divins ou de «  Raïs à vie  », les peuples arabes ou du moins quelques uns, semblent avoir enfin aujourd’hui, entr’ouvert les yeux et pris le courage de s’exprimer. Après
la Tunisie et l’Egypte, la plupart des observateurs s’accordent à dire  que c’est l’Algérie qui présente actuellement tous les indices et tous les ingrédients d’un soulèvement imminent.

     Pourquoi l’Algérie me dire-t-on ? Eh ! Bien, parce que c’est le pays où un grand nombre d’habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté alors que l’Algérie, de par sa situation  géographique, l’immensité de son territoire et ses richesses naturelles (pétrole et gaz notamment) a tous les atouts pour développer une économie florissante et offrir à ses ressortissants une vie meilleure.

     Tous les présages d’une révolution en Algérie sont là. Une jeunesse désoeuvrée, la cherté de la vie, une pénurie des produits alimentaires, la corruption dans tous les secteurs de la vie économique et administrative, et avec cela, la main mise sur le pays d’une junte militaire qui tient sous sa botte le chef de l’Etat (à la merci d’un coup d’Etat à n’importe quel moment), le gouvernement et toute l’administration. Les services de renseignements de l’armée couvrent et contrôlent l’ensemble des organismes de l’Etat et des médias. Le pouvoir actuel croit détenir sa légitimité du FLN et s’évertue à perpétuer sa domination en organisant des élections truquées  et en s’appuyant sur une armée omniprésente dans le pays et des services de renseignements qui pénètrent et encadrent toutes les couches du peuple algérien. Quelques manifestants algériens rassemblés cette semaine place de République criaient «  Bouteflika dégage ».En réalité cet homme malade n’est qu’un paravent. Le pouvoir réel en Algérie est détenu par la junte militaire qui profite de toutes les richesses du pays. J’ai préféré ce qui est écrit dans un site sur face book « Boutef dégage, Ouyahia dégage, généraux dégagez ». Cela semble beaucoup plus prêt de la réalité.    

    Il est donc difficile pour les citoyens de ce pays, gouverné et géré militairement, de pouvoir manifester librement leur colère et d’exprimer leurs opinions. Les autorités algériennes profitent de l’existence de quelques cellules islamiques pour renforcer leur système de sécurité, sans pour cela attirer l’attention des organismes des droits de l’homme et soulever des protestations de l’autre côté de

la Méditerranée. L’union Européenne semble même encourager le régime algérien dans sa répression soi-disant des « Islamistes », lesquels ne sont autres que des Algériens mécontents de leur sort, des citoyens démunis et frustrés de leurs droits les plus élémentaires, de pauvres gens que des groupes subversifs essaient de recruter pour les endoctriner et les marginaliser.

   Nous avons confiance en cette jeunesse algérienne, dont une grande partie de diplômés des grandes Universités européennes, des jeunes pleins d’espoir et de vouloir faire pour l’édification d’une société heureuse et florissante et d’un Maghreb arabe prospère. Je dis à tous les hommes politiques de l’Occident que le meilleur et le plus sûr moyen de combattre le terrorisme dans le monde arabe et musulman est d’aider plutôt ces jeunesses à retrouver leurs droits et libertés et à lutter contre les potentats et les régimes militaires qui n’ont aucune raison d’être en notre temps.  Je conseille à ces enfants du pays de persister dans leurs manifestations, de ne pas se lasser ou de se décourager ni de tomber dans le piège des barbus.  Les organisations islamistes recrutent leurs adeptes et fondent leurs bases dans les milieux et les entités défavorisés, dans les quartiers déshérités des bidonvilles, au sein des chômeurs et tirent le contenu de leurs discours et de leurs thèmes de propagande de la misère de ces peuples opprimés. Donc attention DEMOCRATIE NE SIGNIFIE PAS FANATISME RELIGIEUX ET OBSCURANTISME. 

                             

LA SITUATION EN EGYPTE et le problème du Proche Orient

7 mars 2011

                              

 

 

      Les jours se succèdent les uns aux autres  et la situation en Egypte demeure toujours tendue, une situation dont personne n’est encore en mesure, à l’heure actuelle, d’en prévoir l’issue. Les rassemblements localisés au début au centre du Caire et Alexandrie, se sont étendus à de nombreuses villes égyptiennes dont Suez, Port Saïd, Ismaïlia et bien d’autres localités.

      Le nombre des manifestants estimés aux premiers jours à des milliers de personnes, atteint aujourd’hui voire dépasse les deux millions de personnes : des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux. On a vu même des handicapés, sur leurs fauteuils roulants, brandissant des pancartes hostiles au pouvoir. Toute cette foule, en colère, vocifère contre Hosni Moubarak, un président « inamovible » dont les Egyptiens ont assez vu le portrait depuis trente ans. Le même leitmotiv, le même refrain, la même revendication, la même exigence : le départ de Moubarak.

     Seize jours et seize nuits de manifestation. Plus de 300 morts et des centaines de blessés. Le message du peuple égyptien est très clair. Pour le commun des mortels la question est simple. Moubarak doit céder la place. Mais en réalité le problème égyptien, vu de l’extérieur, est beaucoup plus compliqué. Un changement subit de régime dans ce pays risque dit-on d’avoir des conséquences dramatiques aussi bien sur le plan interne qu’au niveau de tout le proche Orient où la sécurité reste encore très précaire.

     L’avenir de l’Egypte intéresse par conséquent toute la communauté internationale et non pas les seuls habitants de ce pays. D’où la complexité de la situation qui exige beaucoup de temps,  de la réflexion et une extrême prudence. Certes, les revendications du peuple doivent être satisfaites, du moins les plus légitimes et les différentes forces politiques doivent être représentées dans le gouvernement de transition. Comme il est absolument indispensable de chercher, dans la composition de la nouvelle équipe dirigeante, à préserver un certain équilibre entre toutes les organisations politiques, idéologiques et religieuses autour d’un projet de gouvernement qui puisse prendre en compte aussi bien les exigences d’un peuple qui vit aujourd’hui dans la misère,  que la nécessité absolue de la paix dans la région.

    Il est certain que c’est exactement la solution que cherchent et exigent maintenant les Occidentaux. Mais est-ce que ces derniers savent bien  ce qui se passe dans l’esprit des milliers de jeunes égyptiens rassemblés depuis le 25 janvier sur les grandes places publiques ? Est-ce que les Américains  et les Européens ont une idée des masses d’argent volées et détournées par certains chefs d’Etats arabes et placées dans des banques étrangères ou investies dans de grandes activités économiques ? Est-ce qu’ils ont une idée exacte des injustices sociales dont souffrent les peuples arabes  Pourquoi les grandes puissances gardent le silence sur de telles anomalies inacceptables qui deviennent  intolérables chez eux quand il s’agit de  leurs propres dirigeants  et hommes politiques ?

   La jeunesse arabe n’est pas, en grande partie, acquise aux idées islamiques. Mais il faut reconnaître qu’elle ne les rejette pas en bloc. Si une écrasante majorité de jeunes refusent de laisser pousser la barbe ou de porter des habits afghans, il n’en reste pas moins qu’ils sont en totalité opposés au soutien logistique et moral accordé par l’Occident aux dictateurs qui se perpétuent à la tête des pays arabes ou à un Etat d’Israël qui refuse de composer avec ses voisins. Un thème qui revient en permanence dans les discours des Islamistes.

   Depuis le début du soulèvement égyptien,  tous les hommes politiques occidentaux, éditorialistes, analystes et peut être l’homme de la rue n’évoquent et ne développent qu’une seule et unique question, celle de savoir comment se comporteront les futures dirigeants égyptiens face au conflit arabo-israélien. Le choix du successeur de Moubarak devrait donc obligatoirement se faire selon eux en fonction de ce seul aspect de la question. Même Benyamin Nétaniahou aurait déjà fait son choix et opté pour Omar Souleymane qui n’est d’autre, pour les Egyptiens, qu’une copie conforme de Hosni Moubarak Y a t-il une seule voix en Occident qui s’est élevée pour dire qu’il faut imputer l’impopularité de l’actuel président à sa position équivoque dans le conflit du proche Orient ? Y a-t-il un seul chef d’Etat de l’Union Européenne qui a osé jusqu’à présent mettre en cause la responsabilité d’Israël sur le blocage des négociations de paix avec les Palestiniens ? Tout le monde sait que l’Etat hébreux cherche depuis des années à esquiver les questions de fond pour le règlement définitif de ce problème qui réside en premier lieu en la restitution aux Palestiniens des territoires annexés en 1967. Et l’on s’accroche au seul FANTÔME des Islamistes ! 

    Soyons francs et logiques. Les Islamistes existeront toujours  mais ne constitueront jamais une majorité au sein du monde arabe. Pourquoi donc chercher à voir, à tout prix, dans toute tentative de révolution dans la région contre un régime corrompu, une menace pour la sécurité de l’Etat hébreux ? Israël est là et le restera jusqu’à la fin des temps, mais un Israël tel que prévu par la division du territoire de 1948 par l’ONU, c’est-à-dire sans la partie arabe de Jérusalem .et non pas tel qu’imaginé et voulu par les extrémistes hébreux, fanatiques porteurs de barbe qui rêvent du GRAND ISRAËL, étendu à une bonne partie du proche Orient.  Tout le problème réside donc dans la position du pouvoir israélien soumis et assujetti à la volonté d’une minorité d’orthodoxes et à des équilibres très fragiles de coalition gouvernementale.

    Laissons donc l’Egypte et peut être demain d’autres pays arabes, faire librement leurs révolutions sans essayer d’y voir toujours une volonté quelconque d’envahir Israël dont la sécurité est assurée par toute la communauté internationale et par sa propre armée super équipée. S’il y a par conséquent une pression à exercer actuellement, elle doit l’être plutôt sur le gouvernement israélien pour se retirer de tous les territoires occupés et en particulier Jérusalem Est. Ce ne sera là que le respect du droit international et une marque de sagesse politique de la part de dirigeants qui se respectent. Notons d’ailleurs que
la Mosquée d’Al Qods est un lieu sacré pour tous les musulmans du monde et non pas une simple  revendication palestinienne. Les grands lobbys juifs de par le monde qui soutiennent Israël et influencent les gouvernements occidentaux devront, bien entendu, saisir l’importance de cette question cruciale qui se trouve au centre du conflit du Proche Orient.

    Soyons assurés qu’après une attitude plus souple et plus réaliste de la part de Tel Avive, il n’y aura plus de guerre israélo-arabe. La paix au proche Orient se trouve sous la coupole de la mosquée d’Al Qods….

 

                          Mohamed BOUHOUCH 

               

         

     

LES ORGANISATIONS ISLAMIQUES:Sont-elles en train de gagner du terrain sur les forces de l’Occident ?

7 mars 2011

   

  Qu’on le veuille ou pas on peut dire qu’on assiste depuis ces dernières années à une véritable guerre d’usure entre les Occidentaux et les organisations islamiques. 

  Quand on examine attentivement la carte géographique des zones de perturbation ayant une relation avec l’activité des Islamistes, on constate qu’il s’agit d’actions de guérilla dirigées spécialement contre les forces de l’Occident : attentats sporadiques en Europe pour maintenir leurs services de sécurité continuellement en état d’alerte (avec tout ce que cela entraîne comme dépenses et malaise au sein de leur société) et conflits régionaux localisés pour multiplier les foyers de tension et disperser les forces occidentales dans le but de les affaiblir militairement et économiquement ( attaques des intérêts économiques américains et européens notamment en terres d’Islam).

-AFGHANISTAN et PAKISTAN : route du pétrole et vaste zone stratégique comprenant l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan le Tadjikistan, une région riche en matières premières, peuplée majoritairement de musulmans. C’est également une zone tampon avec
la Russie,
la Chine et l’Inde où les Etats-Unis ne voudraient à aucun cas y perdre pied.

- YEMEN, SOMALIE : une contrée également très importante avec le golfe d’ADEN et l’accès par le sud de

la MER ROUGE, passage obligé pour le transport maritime de l’Asie vers l’Europe et vice versa.

-AFRIQUE DU NORD, SAHEL et aujourd’hui l’ÉGYPTE : une présence  face à Israël et à l’Europe avec une pénétration vers l’Afrique occidentale et un contrôle total du canal de Suez.

         

               QUEL BILAN DE CET AFFRONTEMENT 

                 OCCIDENT- MOUVEMENTS ISLAMIQUES ? 

 

    Précisons tout d’abord que jusqu’à maintenant les USA et les Européens essaient toujours de justifier leur présence en Afghanistan et en Irak par la nécessité de défendre et de garantir leur propre sécurité. Pour George Bush et Tony Blair la destruction du régime Saddam Housein a été décidée pour empêcher l’ex chef d’Etat irakien d’utiliser ses « ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE » contre leurs pays, leurs concitoyens et leur allié Israël. Et finalement il s’est avéré que l’Irak ne possédait aucun armement de ce genre. Pour Sarkozy la défense de
la France doit se faire à partir de l’Afghanistan.  Selon lui C’est de là que vient le danger. Mr Sarkozy n’a peut être pas tout à fait  tort parce que : défendre
la France c’est surtout garantir ses intérêts économiques.  
Malheureusement jusqu’à aujourd’hui le bilan est toujours négatif ! L’Afghanistan est encore aux mains des Talibans et l’Irak est en proie à une guerre civile impitoyable dont il n’arrive pas à s’en sortir.

   Au Yémen comme en Egypte (après
la Tunisie) les hommes de main des Occidentaux tombent les uns après les autres. Ben Ali, Moubarak et demain Ali Salah n’auront certainement pas des successeurs aussi obéissants et dirigeables. Obama, Sarkozy, Merkel, tous ces responsables appellent maintenant à la démocratie dans les pays arabes, au respect des peuples et à la satisfaction de leurs revendications. Depuis quand ces Grands Hommes politiques s’intéressent-ils au bonheur de ces peuples opprimés ? Ben Ali, Moubarak et bien d’autres potentats du Tiers monde, ne sont-ils plus leurs amis fidèles ? Sont-ils tous devenus subitement indésirables et  déclarés «  persona non grata » ?

 

         QUEL AVENIR POUR LES RELATIONS 

                  Monde arabe/occident ?    

    De deux choses l’une. Ou bien les services de renseignements américains et européens ne rapportent pas à leurs administrations toute la vérité de ce qui se dit à leur sujet dans le monde arabe et notamment au milieu de la jeunesse ou bien alors ce sont les gouvernements de ces pays qui ne tiennent pas compte des rapports de leurs représentants diplomatiques. Un grand nombre d’observateurs pensent plutôt que l’Occident semble trop croire en son pouvoir et son influence sur des régimes arabes acquis et des peuples soumis, indifférents et fatalistes.  

   Mais il se trouve aujourd’hui que des milliers d’enfants de ces peuples ont fréquenté de grandes universités, acquis une grande culture et ouvert très grands les yeux. Des générations qui refusent de rester résignées comme leurs aînés et décident de secouer le joug dont ils sont asservis, un joug qui aliène leur liberté et les maintient éternellement dans les tribulations du sous développement.

    C’est avec cette jeunesse qui a chassé Ben Ali, cette jeunesse qui crie « MOUBARAK DEGAGE », c’est avec elle qu’il convient désormais de dialoguer et de concevoir les prochains jours. Le devoir de l’Occident est de se déployer à l’avenir pour arracher ces jeunes musulmans aux crocs des Islamistes qui risquent d’en faire des kamikazes, nuisibles aussi bien à leurs pays qu’aux autres. Les organisations religieuses dans le monde arabe et en Afrique sont aujourd’hui mieux structurées et leurs discours mieux captés. Il est donc préférable de s’attirer ces jeunes vers soi et de collaborer avec eux d’égal à égal, plutôt que de les avoir en face comme ennemis.      

   A bon entendeur Salut !

 

                                       Mohamed  BOUHOUCH 

     

                                

 

 

 

                                                                                                                

 

  

 

LA SUCCESSION DE HOUSNI MOUBARAK

7 mars 2011

    

 

     Après
la Tunisie c’est aujourd’hui  au  tour de l’Egypte de se soulever. Depuis le mercredi 26 janvier 2011 la jeunesse égyptienne est sortie de sa réserve, décidant ainsi de braver le destin et d’affronter avec courage et détermination les forces d’une administration dictatoriale qui l’étouffe depuis trente ans. Certes, l’institution militaire égyptienne ne sera pas aussi facile à abattre que le régime tunisien. Mais y a- t il au monde une force capable de venir à bout et d’anéantir éternellement la volonté d’un peuple et de le  priver de ses droits les plus élémentaires ?

      Les régimes institués par Sadate et son successeur Moubarak sont-ils réellement une continuité de cette révolution historique menée après l’abolition en juillet 1952 de la royauté par tout un peuple enthousiaste, engagé derrière le Grand Jamal Abdennacer ? Non ! Le peuple égyptien qui compte aujourd’hui plus de quatre vingt millions d’habitants a été frustré, muselé et soumis à la domination d’un régime militaire appuyé sur une administration collaborante corrompue. C’est là une vérité que personne ne peut plus nier.         

                    L’EGYPTE VIT AUJOURD’HUI 

               UN TOURNANT HISTORIQUE. 

     Il est certain  que cette révolte égyptienne pour ne pas dire REVOLUTION constitue un point de non retour. Que les autorités parviennent ou non à rétablir l’ordre, les Egyptiens, toutes couches confondues,  se projettent déjà sur l’avenir et rêvent à ce que sera le pays de l’après Moubarak. L’actuel président et son gouvernement, n’ont par conséquent, aucune chance de perdurer.

      LEgypte a encore beaucoup de choses à faire sur les plans économique et social. Le chômage et la misère restent toujours dominants dans plusieurs régions du pays et même dans la capitale Le Caire. Pourtant l’élite égyptienne est parmi les plus développées du monde arabe sur le plan intellectuel. Le potentiel économique du pays (canal de Suez, tourisme, agriculture, industrie, une main d’œuvre abondante et pas chère, etc.…) est assez important pour permettre un décollage voire un développement à la japonaise.

      Plusieurs études et documents montrent malheureusement que plus de la moitié des habitants de ce pays du Nil vivent avec moins de deux dollars par jour. Néanmoins il convient de préciser que la colère des Egyptiens n’est pas motivée uniquement par les conditions précaires de leur vie quotidienne mais également et surtout par le rejet d’une politique gouvernementale stupidement inféodée dit-on aux USA. L’opinion de la jeunesse arabe est actuellement partagée entre des courants de gauche et de nationalisme pan arabique, hérités du Nassérisme et des  idéologies islamistes nées des frustrations économiques et sociales d’une grande partie de la population marginalisée et exclue de la vie politique. D’où, pour les deux tendances, une certaine hostilité à l’égard des Etats-Unis,  accusés d’être les protecteurs du régime actuel.

      Pour Washington l’Egypte est un Etat pivot pour la stabilité de la région. Mais contrairement à ce que Obama et Hillary Clinton nous laissent croire, il ne s’agit nullement aujourd’hui de faire des réformes ou d’octroyer quelques «  libertés supplémentaires » pour sauver cet allié stratégique, mais d’opérer plutôt un changement intégral du régime et de la politique suivie jusqu’à présent sur le plan régional notamment.

 

                          QUELLE  PERSPECTIVE  

      POUR
LA REGION PROCHE-ORIENTALE ?                   

     

 

       

  Depuis la visite de  Sadate en Israël en 1978 et le traité signé à Washington le 26 mars 1979 entre les deux pays, l’Egypte est devenue une pièce maîtresse dans le processus de paix du Proche orient.
La SORTIE du Caire de ce conflit régional a terriblement affaibli le camp arabe. Rappelons à ce sujet que le pays des Pyramides est resté plusieurs années exclu de la ligue des Etats arabes.

   La chute du régime Moubarak entraînerait indubitablement une volte face de l’Egypte quant à ses rapports avec Israël et l’Amérique. Selon la plupart des observateurs la nouvelle équipe dirigeante dénoncerait dès les premiers jours les traités et accorts passés avec l’Etat hébreu par l’ancien régime. La jeunesse arabe n’a en effet jamais pardonné aux dirigeants d’avoir trahi la cause palestinienne en établissant des rapports diplomatiques avec  Israël. Ce dernier pays risque donc de perdre un allié important et se retrouver à nouveau pris en étau  entre
la Syrie, la nouvelle Egypte et le Hisboullah du Liban lequel n’est autre qu’un camp avancé de l’Iran des Mollahs. Quand on pense que les autres pays arabes de la région (Jordanie et pays du Golf risqueraient à leur tour de réviser leur attitude vis-à-vis d’Israël), quand on sait que l’Egypte a une frontière avec Gaza qui permettrait tous les genres de trafic (d’armes notamment), on n’hésiterait pas une seconde à dire que le gouvernement de Netannyahou  se trouve désormais dans une situation bien délicate. 

   Les autorités de Tel Avive regretteraient-elles à l’avenir d’avoir trop tergiversé et exagéré dans leurs tractations pour la conclusion d’un accord définitif avec les Palestiniens à un moment où toutes les conditions leur étaient favorables ? Israël a-t-il loupé le coche ? Les Etats-Unis sont-ils encore en mesure de dominer la situation ? Seul l’avenir nous le dira.

   Le monde entier suivra avec intérêt et circonspection  l’évolution de la situation dans cette région multi religieuse,  connue depuis l’éternité pour être une zone de trouble et de perturbations incessantes. 

 

                                              Mohamed  BOUHOUCH 

 

                                           

 

                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                     

 

 

 

                        

 

 

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