L’ISLAM ET L’EUROPE :UNE RELIGION QUI FAIT PEUR

9 mai 2011

                   

 

     Depuis quelques temps, il semble qu’un certain nombre d’Européens sont de plus en plus incommodés par ce qu’ils appellent l’envahissement de leur pays par l’Islam : multiplication des mosquées dont le nombre commence à égaler sinon à dépasser celui des églises, des minarets qui poussent comme des champignons. Partout la voie publique est occupée par des gens qui font la prière en groupe, avec leurs chaussures jetées ça et là. Evoquant ces « prières de rue », Marine Le Pen a parlé d’occupation du territoire sans « blindés ni soldats dit-elle mais une occupation tout de même

     Partout on côtoie des femmes portant un foulard. Partout on rencontre des barbus. Bref le paysage européen est-il en train de changer ?  Le nouveau ministre de l’Intérieur Claude Guéant s’est même demandé si les Français étaient bien encore chez eux. Dernièrement à Nantes, l’ex secrétaire de l’Elysée a déclaré que « Il est clair que les prières dans les rues choquent un certain nombre de concitoyens. Et les responsables des grandes religions ont bien conscience que ce type de pratiques leur porte préjudice. En 1905 il y avait dit-il très peu de Musulmans en France. Aujourd’hui il y en a entre 5 et 10 millions »

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Politique/Actu/Claude-Gueant-et-l-accroissement-du-nombre-des-musulmans-267805/

     Cette hantise de l’Islam ne se limite pas aux Français. Craignant une islamisation rampante de
la Suisse,  57 % des Helvétiques ont voté en 2009 l’arrêt de la construction des minarets, symboles de la religion musulmane. Pour certains la silhouette stylisée de ce monument évoque pour eux, disent-ils, des missiles. Le même problème préoccupe également les habitants de
la Belgique. Le sociologue Olivier Servais, professeur à l’Université de Louvain a manifesté son inquiétude de voir, dans 15 à 20 ans, les pratiquants de l’Islam devenir, en raison de leur forte natalité, la majorité des habitants belges. Il affirme que la capitale européenne serait par conséquent à l’avenir  une ville musulmane :

http://www.pointdebasculecanada.ca/breve/388-belgique-lrsquoislam-1iere-religion-a-bruxelles-dans-20-ans.php.

       Ce ne sont là que quelques exemples pris au hasard pour illustrer cet article. Le problème devient de plus en plus préoccupant et inquiétant en Europe où le paysage, comme nous l’avons dit plus haut, a complètement changé ces dernières années. En réalité ce n’est qu’une projection sur la scène européenne de ce qui se passe aujourd’hui dans l’ensemble du monde musulman. Il y a deux ou trois décades les mosquées maghrébines, en dehors de la prière du vendredi, ne faisaient presque jamais le plein. Comment expliquer alors ces derniers temps, l’engouement de la religion chez les Musulmans ? Qu’est-ce qui a motivé chez les jeunes cette exaltation  des sentiments religieux ? Comment la société islamique a-t-elle été gagnée en quelques années, par ce regain d’emballement pour les pratiques religieuses les plus rigoureuses (Habits afghans et barbes pour les hommes, tchador ou voile pour les femmes) ? La réponse est simple. Des dizaines de télévisions par satellite diffusent à longueur de journée des émissions au cours desquelles des doctes en science religieuse      expliquent le Coran et rappellent toutes les recommandations édictées par le Prophète pour une meilleure observation et une bonne application  de l’Islam. Les Musulmans savent aujourd’hui en détail comment l’envoyé de Dieu faisait ses ablutions et sa prière. Et bien entendu tout le monde désire de faire comme lui pour mériter la miséricorde de Dieu

     Beaucoup de jeunes sont quotidiennement branchés sur Internet. Et là de nombreux sites leur apprennent les mérites de la prière en groupe. Une brochure publiée par Dar Al Watan et traduite de l’arabe par l’association « Aux Sources de l’Islam » rapporte les paroles du Prophète au sujet de la prière à la mosquée et ses bienfaits, citant entre autres : une récompense décuplée et l’expiation des péchés. 

http://www.bladi.net/forum/106252-merite-priere-groupe/

    Les non musulmans peuvent n’accorder aucune importance à ces recommandations, mais il serait difficile par contre de reprocher à d’autres personnes de les respecter. Le respect de la religion découle de celui des droits de l’Homme. Précisons toutefois que l’Islam véritable a toujours été très souple. Il a prévu un tas d’exceptions tels que la célébration de la prière et du jeûne du mois de Ramadan  pour les gens en voyage ou malades. Avec un petit effort juridique, les Oulémas  peuvent bien se mettre d’accord sur une Fetwa dispensant de la prière en groupe les Musulmans qui vivent dans un pays où l’Islam n’est pas une religion d’Etat. Cela évitera toute polémique à ce sujet et à bien d’autres encore.
La France,
la Belgique,
la Suisse dont nous avons parlé au début de cet article sont des pays laïcs et tiennent à leur identité et à leur paysage. Ils ont parfaitement raison. Il appartient aux Musulmans d’apprendre à vivre bien leur Islam sans que leur croyance n’indispose les autres. 

     La cohabitation exige le respect mutuel et la tolérance.    

 

                                  Mohamed  BOUHOUCH 

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LA SYRIE : Pays des coups d’Etat

9 mai 2011

                

 

    
La Syrie est l’une des plus vieilles civilisations du monde. Certains sites archéologiques découverts dans ce pays remontent à presque 2500 ans  avant notre ère. Comme toute la région du Proche Orient
la Syrie a connu, depuis l’antiquité,  de multiples invasions et fut occupée notamment par les Phéniciens, les Hébreux, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Croisés, les Arabes, les Turc ottomans et enfin les Français en1920, un mandat qui a duré jusqu’en 1946.  

      De 1943 à 1970 on a vu se succéder à la tête de ce pays plus de 20 présidents dont une dizaine de militaires, soit en moyenne un chef d’Etat tous les 16 mois ce qui constitue à coup sûr un record d’instabilité politique. La plupart de ces changements ont été effectués à la suite d’un coup d’Etat. La seule année 1949 a connu trois présidents et quatre gouvernements. Dans un article publié dans l’Encyclopédie UNIVERCALIS ses auteurs notent que « Des officiers supérieurs éduqués à l’occidentale précipitent l’avènement d’une série de coups d’Etat. La conscience aigue de leur appartenance à l’arabisme, le traumatisme subi à la suite de la guerre en Palestine et la rancœur des vaincus de 1948 ébranlent le régime »  

http://www.universalis.fr/encyclopedie/syrie/6-le-regime-des-colonels/

     Cette période a été en effet  marquée par la guerre israélo-arabe de 1948, la crise de Suez en 1956, l’union avec l’Egypte (République Arabe Unie) le 1er février 1958, la guerre du 6 octobre 1967, en plus d’une grande activité géopolitique menée par les USA et la grande Bretagne pour d’une part contrecarrer l’action soviétique dans la région et d’autre part trouver un terrain d’entente entre Israël et les pays arabes pour la conclusion d’un accort de paix. Il a fallu attendre l’année 1971 et l’arrivée au pouvoir de Hafez al Asad pour que
la Syrie connaisse enfin une stabilité de régime. Mais à quel prix ?

      Peu à peu le pays se tourne vers l’Est. Les officiers de l’armée sont désormais formés en URSS  qui fournit à
la Syrie la presque totalité du matériel militaire. Un grand nombre de formations politiques qui s’activaient dans le pays sont interdites. Seuls les partis favorables au régimes sont autorisés. Il reste cependant que le BAAS ARABE SOCIALISTE est  le parti du pouvoir qui domine toute la vie politique de
la Syrie, un appareil efficace entre les mains du président pour encadrer les masses populaires, constituer son organe de propagande, d’endoctrinement et bien entendu de contrôle de tous les services de l’Etat. Bachar Al Asad qui a succédé à son père en 2000,  détient l’un des services de renseignent et de sécurité parmi les plus sophistiqués et les plus performants du monde, créé par son père. Ni les services américains ou israéliens n’arrivent à en pénétrer les rouages, ce qui explique la durabilité du régime et l’absence de toute force d’opposition véritable. Signalons à ce sujet que l’état d’urgence décrété en 1963 reste toujours en vigueur.

      La vague des soulèvements populaires qui secoue actuellement le monde arabe va-t-elle enfin inciter le peuple syrien à sortir dans la rue, à biser le silence, à braver la dictature de ce régime oppresseur. L’opposition aujourd’hui bâillonnée sera-t-elle en mesure de remplir convenablement son rôle et de servir  de guide et de porte drapeau à ce peuple opprimé ? Le monde entier le souhaite. Depuis quelques jours les manifestations contre le régime de Bachar Al Asad ont commencé dans plusieurs villes syriennes, pourvu qu’elles continuent et persistent. La tache ne sera pas aisée. En effet, à l’instar de l’Algérie et de
la Libye,
la Syrie est une dictature bien assise, appuyée sur une armée moderne et bien structurée avec des officiers aguerris et un matériel très important. De plus le parti BAAS constitue à son tour une véritable milice et  une police parallèle au service du pouvoir.

                                               Mohamed  BOUHOUCH 

 

 

     

ET SI LA REVOLUTION ARABE : gagnait tous les pays du Golfe

9 mai 2011

                        

     Depuis le 17 décembre 2010 un vent de liberté souffle sur le monde arabe. Ce fut d’abord en Tunisie d’où monta ce parfum de jasmin qui allait embaumer l’Egypte à l’Ouest et
la Libye à l’est. La plupart des observateurs et surtout les peuples de cette région du nord de l’Afrique sont restés toutefois très septiques quant à une chance de voir les gouvernants céder aux pressions de la rue et consentir une concession quelconque. De nombreuses autres manifestations avaient eu lieu en effet dans le passé mais furent vite réprimées et tout rentrait dans l’ordre assurant ainsi la continuité des régimes en place (Kadhafi, Moubarak, Ben Ali).

       Aujourd’hui après la fuite du président tunisien et la démission du Rais égyptien, une lueur d’espoir est apparue à l’horizon politique arabe. Tout  le monde commence à croire au réveil des peuples, On a vu des hommes et des femmes, voire même des adolescents aller au combat au risque de leurs vies, lancer des projectiles divers contre des forces de l’ordre super équipées, supporter avec hardiesse et impétuosité tous les actes de répression,  brûler les portraits de leurs chefs d’état et demander leur départ immédiat. C’est là en effet une belle page que l’Histoire de l’humanité retiendra et inscrira à jamais dans le livre d’or de la lutte pour
la LIBERTE. 

      Bien entendu maintes questions restent posées dans le monde entier quant à l’avenir de ces révolutions. Les moments de l’euphorie passés comment, s’interrogent-on, ces peuples peu habitués aux mœurs démocratiques vont-ils gérer leur nouvelle conjoncture. Les mentalités et les coutumes raciales, tribales et religieuses encore très vivantes dans ces pays, pourront-elles cohabiter et se fondre dans une entité nationale.  Les différentes composantes de ces sociétés seront-elles suffisamment mûres démocratiquement pour accepter le verdict des urnes et vivre dans une communauté de droits et de devoirs où seul l’intérêt national compte? Ce sont là quelques questions seulement parmi celles plus nombreuses que se posent actuellement tous les observateurs qui s’intéressent au monde arabe.

      Le problème devient plus sérieux et plus préoccupant encore quand on se place dans le contexte des Etats du Golfe. Ces peuples qui ont de tout temps vécu au sein de régimes autoritaires, sous la protection et dans le respect des familles régnantes, n’ont jamais connu de constitutions ou des assemblées réellement représentatives. Les seules chambres qui existent sont de simples organes consultatifs désignés par le Roi lui-même, donc sans aucun pouvoir réel. Certes il y a dans ces pays une élite de gens cultivés (docteurs, ingénieurs, juristes, avocats etc.), une jeunesse ouverte au monde moderne, mais la grande masse reste foncièrement attachée à ses us et coutumes. Une révolution et, disons tout simplement, un changement brutal de régime ne peut aboutir qu’à l’érection d’une dictature militaire ou d’une autocratie islamique à l’iranienne. Le Liban où la majorité des habitants est pourtant instruite, un pays émancipé de toute colonisation étrangère depuis plusieurs décades, vit encore dans ce dilemme éternel qui oppose les différentes confessions de ses habitants (Chiites et Sunnites, Musulmans et Chrétiens). L’Irak après Saddam est tombée dans le même chaos confessionnel et ethnique.

     Les grandes puissances et d’une manière générale la communauté internationale qui suivent de près les événements au Proche Orient ne resteront certainement pas indifférentes à l’évolution de la situation dans cette région stratégique. Personne à l’heure actuelle ne peut croire ni même imaginer que les Etats-Unis qui possèdent des bases militaires dans plusieurs de ces pays, se permettront d’assister les bras croisés, au renversement des régimes jordanien, saoudien, koweitien ou dans tout autre Etat du Golfe. Si cet axe des pays arabes modérés est déstabilisé tout le monde doit refaire son calcul : USA, ISRAËL, OCCIDENT. Cette région constitue en effet pour les Américains une priorité absolue : le pétrole et la sécurité d’Israël.

      Notons encore une fois que les peuples arabes de cette contrée ne resteront pas  éternellement figés, muets et marginalisés. Déjà lors de l’invasion de l’Irak il y a eu un véritable divorce entre les dirigeants de ces pays qui ont soutenu les opérations américaines et les peuples arabes qui étaient presque en totalité opposés à cette agression  Avec le temps de nouvelles générations arriveront sur la scène nationale, l’ignorance sera moins dominante, les tabous seront brisés, la vague de l’intégrisme intégral s’estompera peu à peu et des régimes à l’iranienne seront tout simplement rejetés. L’Occident doit par conséquent et dès à présent, se préparer à une telle éventualité. L’image que la jeunesse arabe se fait aujourd’hui des USA comme étant les protecteurs de régimes pourris et antipopulaires, n’augure pas d’un avenir prometteur. Pour cela Washington  est invitée à faire pression sur ses alliés stratégiques du Proche Orient pour l’édification de monarchies constitutionnelles avec une plus grande ouverture démocratique, l’organisation d’élections libres et le respect des droits de l’homme, comme elle doit s’évertuer à convaincre Israël pour la recherche d’une solution de paix définitive et surtout crédible avec les Palestiniens, ce qui lui épargnera ses nombreux veto aux Nations Unies qui produisent,à chaque fois, un impact défavorable sur toute la communauté musulmane.

                       Mohamed  BOUHOUCH             

         

REVOLUTIONS ARABES : le cas particulier de l’Algérie

22 mars 2011

      

    Les uns après les autres et semaine après semaine, des régimes arabes s’effondrent  et d’effritent sous la ruée de leurs peuples affamés de liberté et décidés plus que jamais à briser ce joug honteux et inacceptable qui les asservit à la volonté et aux caprices d’un führer, despote et dominateur. Le mérite revient aux Tunisiens qui, les premiers, ont décide de secouer les puces. La révolution égyptienne ne tarda pas à suivre. Bien entendu ce ne fut pas facile. Des « présidents- rois », inamovibles étaient prêts à tout entreprendre pour ne pas céder aux pressions populaires et pour perpétuer un pouvoir devenu indispensable à leur existence. Le libyen Mouammar Kadhafi ou encore le yéménite Abdullah Salah offrent les meilleurs exemples de l’obstination de ces hommes politiques qui refusent de comprendre et encore moins d’admettre qu’ils sont là pour un temps et par la volonté de leurs peuples 

    Si dans les Etats arabes les conjonctures politiques et sociales diffèrent d’un pays à l’autre, il n’en reste pas moins qu’ils ont un point commun à savoir que leurs présidents se considèrent presque tous comme étant des surhommes, des surdoués, bref les seuls citoyens compétents, clairvoyants et aptes  à gouverner. Le fait qu’ils sont venus au pouvoir, pour la plupart, à la suite d’un coup d’Etat militaire, semble leur conférer- du moins ils le croient- un certain droit de propriété et de jouissance,  une légitimité à vie et une hypothèque  sur le territoire et sur les hommes. Certains parmi eux espéraient même léguer le commandement à leurs héritiers : Moubarak à son aîné Jamal et Kadhafi à Sayf al Islam à l’instar du syrien Hafid al Asad à son fils Bachar. On comprend dans ces conditions l’acharnement du président libyen à s’accrocher à son « ROYAUME » et son refus  absolu de se démettre de ses fonctions, quitte à mourir et à laisser derrière lui une terre brûlée et des milliers de morts.

    En Algérie le problème est beaucoup plus sérieux et plus compliqué encore. Après une colonisation de cent trente ans par
la France, le pays accède à l’indépendance. Le FLN parti politique unique et sa branche militaire l’ALN se considèrent comme étant les seuls et uniques artisans de la libération. Le pouvoir algérien pense par conséquent incarner aujourd’hui le peuple entier et notamment le million de moujahidines tombés au champ d’honneur pour la décolonisation du pays. La première formation gouvernementale (15 septembre 1963-19 juin 1965), présidée par Ahmed Ben Bella a connu l’assassinat d’un ministre (Mohamed Khemesti), la destitution de deux autres membres du gouvernement (Ahmed Francis, Mohamed Khobzi) et la démission de Moussa Hassani (Postes et télécommunication) et Mohamed hadj Hamou (Information). Cette période d’hésitation et d’instabilité a pris fin à la suite du coup d’Etat mené par le colonel Houari Boumediene qui devint à partir du 19 juin 1965 et jusqu’à sa mort en 1978 à la fois : président de
la République, premier ministre et ministre de la défense.

    En réalité il s’agissait tout simplement d’une prise du pouvoir par l’armée algérienne laquelle, depuis cette date, exerce sans partage une dictature absolue sur le pays, avec une domination totale sur toute la vie publique, une autorité directe sur les organes de décision et une mainmise sur les richesses nationales. Après la mort de Boumediene c’est toujours l’armée qui fait et défait les présidents de la république dont la conduite et les décisions restent dictées et contrôlées par la junte militaire, un groupe de généraux de la génération de l’indépendance qui détiennent le pouvoir réel en Algérie. Tous les chefs d’Etat qui se sont  succédés depuis 1965 l’ont été avec l’aval de l’armée. Les deux présidents qui ont essayé de s’écarter quelque peu de la ligne de conduite tracée par la junte ont été l’un destitué ou contraint de démissionner (Chadli Bendjedid), et un autre carrément assassiné (Mohamed Boudiaf).    

     Les quelques partis politiques d’opposition tolérés en Algérie ne le sont que pour le décor d’un régime autocratique qui veut se donner une vision démocratique. En réalité aucune liberté d’action de grande envergure n’est permise pour ces formations politiques qui sont piégées, pénétrées et bâillonnées par les services de sécurité de l’Etat lesquels constituent la grande force et les piliers du gouvernement algérien.

     Il est vrai que le paysage politique, ethnique et religieux  exige des responsables d’Alger le besoin de s’appuyer sur un tel dispositif de sécurité pour le maintien d’un certain équilibre entre les différentes composantes de cette société algérienne hétérogène : Arabes et Berbères, Touaregs et Kabyles, laïcs et islamistes, modernistes et traditionalistes. Cette junte militaire est peut être aussi pour les Occidentaux un rempart contre les adeptes dela Qaïda. D’ailleurs le président Sarkozy ne s’est pas empêché de dire qu’il vaut mieux un  régime à
la Bouteflika qu’un gouvernement taliban. Mais Mr le président français oublie que les Islamistes trouvent justement toute leur légitimité et tout l’appui populaire qui leur est accordé dans le fait qu’ils luttent pour débarrasser les Algériens de la dictature d’une poignée de militaires qui les étouffent  et piétinent leurs droits les plus élémentaires. Je précise ici qu’il n’est pas dit que les dirigeants de
la Qaïda vont être plus démocratiques que les généraux de l’armée algérienne. Mais le dernier mot doit rester au peuple qui a seul le droit de choisir librement ses gouvernants. 

    C’est cette liberté et ce droit que réclament et exigent aujourd’hui les jeunes algériens qui ont essayé ces derniers jours de braver les forces de l’ordre pour manifester leur colère contre le régime en place. Dans France Observateur du 19/2/11 http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110219.OBS8341/la-police-repousse-les-manifestants-dans-un-alger-quadrille.html

            Il est écrit :

-         Tout le monde réclame une rupture définitive avec le régime. -         La police repousse les manifestants dans un Alger quadrillé. 

-         Les Algériens ont tenté de réinvestir la rue pour réclamer le changement du système, mais ont été accueillis par un important dispositif policier. 

     Bien entendu ces manifestants n’appartiennent pas tous à des organisations islamiques. La plupart sont des jeunes universitaires ou des mécontents des conditions de vie qui leur sont imposées. Alors jusqu’à quand cette dictature ?  Certes le cas algérien est bien particulier puisqu’il ne s’agit pas d’un homme fort qui détient le pouvoir mais d’une armée bien soudée et super équipée qui tient le pays d’une main de fer. Mais pendant combien de temps encore Mr Bouteflika et ses patrons militaires pourront-ils continuer à voiler la vérité, à étouffer la voix d’un peuple privé  de liberté ? Pourquoi ne pas tirer une leçon de ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte et demain en Libye et au Yémen ?

     

LE MAROC: Pays des Révolutions « du Roi et du Peuple »

15 mars 2011

                

    L’indépendance du Maroc a été acquise en 1956 sous le règne du Roi Mohammed V. Ce fut une période féerique qui a marqué, pour le peuple marocain, la fin du protectorat et le retour triomphal de son Roi qui revenait en héros de Madagascar où le protectorat français l’avait exilé durant 27 mois pour avoir piloté et orienté le mouvement nationaliste et fait sienne la demande d’indépendance réclamée par l’élite de son peuple.

      Ni les promesses ni les menaces des autorités coloniales de l’époque n’ont pu fléchir la volonté inébranlable de ce grand Roi qui formait avec son peuple une véritable symbiose et une union sacrée de sentiments et de pensées. Tous les Marocains des années cinquante se souviennent encore de la conduite sous escorte militaire de Mohammed V de son palais des TOUARGA jusqu’à l’aéroport de Rabat Salé où un avion français devait le conduire en exil.

      Le roi Hassan II qui lui a succédé a régné en père de la nation. Après une longue période de friction et de heurts avec une opposition constituée par des nationalistes qui avaient contribué activement aux cotés de la royauté à l’indépendance du Maroc, Hassan II est parvenu, à partir des années soixante dix, à drainer derrière lui l’ensemble du peuple marocain. L’affaire du Sahara a été en effet un élément fédérateur, une cause sacrée qui ne tolérait plus aucune division au sein de la nation. Hassan II est également le roi de la marche verte (6 novembre 1975), un événement historique qui exprime l’unanimité d’un peuple derrière son roi. Les dernières années de sa vie furent marquées par un certain nombre de gestes de rapprochement avec l’opposition, concrétisés par le retour au Maroc  de plusieurs exilés politiques dont Mohammed Al Basri,  Abraham Serfati et bien d’autres encore qui ont été désignés à des postes de responsabilité. Un an avant sa mort il avait nommé un gouvernement composé en majorité d’hommes de l’opposition avec Abderrahman Yousfi, patron de l’USFP comme premier ministre. Si Hassan II avait pris beaucoup de temps pour composer avec l’Istiqlal et l’Union Socialiste c’est qu’il savait pertinemment  que ces deux formations politiques ne représentaient qu’une fraction insignifiante du peuple marocain. Mais il fallait les mettre à l’épreuve, face à une certaine pression occidentale.

      Bien qu’ayant été souvent taxé de souverain autocrate, Hassan II est resté dans la mémoire populaire comme le roi idole, le grand homme d’Etat respecté et écouté dans le monde entier et le sage conseiller de l’Occident dans les affaires africaines et islamiques . Rares de voir aujourd’hui des hommes politiques quitter ce monde dans les conditions où le fut Hassan II dont la dépouille mortelle a été saluée avec autant d’émotion par plus de trois millions de Marocains en pleure et  la présence de nombreux chefs d’Etat venus des quatre coins de la planète (USA, France, Espagne, Afrique, Monde arabe etc.).   

      Depuis son accession sur le trône en 1999, Mohammed VI continue de cohabiter avec les partis nationalistes (Istiqlal, USFP, PPS) et  deux autres formations politiques crées après l’indépendance (Mouvement Populaire et RNI). L’opposition actuelle est représentée par le PAM (Parti de l’authenticité et modernité), créé et dirigé par Fouad Ali El Hamma, un ami de classe de Mohammed VI et le PJD (Parti de Justice et développement) une organisation soit disant d’orientation islamique mais qui n’a jamais bénéficié d’un grand intérêt auprès du public. A coté de ces deux formations on trouve un certain nombre de minis partis qui n’ont aucune audience véritable au Maroc.  

      Ainsi le visage politique marocain se présente aujourd’hui avec une opposition inefficace donc inexistante et une majorité formée par une coalition de partis politiques soit disant « nationalistes » qui ont abandonné leur action contestataire, frondeuse voire révolutionnaire et parfois même perturbatrice dans le passé, en échange de postes ministériels ou de hautes fonctions d’autorité fort alléchantes. Autrefois mécontents et protestataires, partisans d’une société socialiste, progressiste  et peut être même d’un régime communiste,  ces leaders  de l’opposition se sont rangés derrière le Roi après s’être embourgeoisés et goûté au luxe du grand Maghzen. On ne les voit plus s’égosiller et gesticuler au parlement ni s’enflammer dans les éditoriaux de leurs journaux. Comme on dit dans le langage sportif ils ont vendu le match.

     Pour les Marocains si une révolution du peuple est inéluctable, elle se fera contre cette bourgeoisie gouvernante inefficace et profiteuse, une administration corrompue à tous les échelons de la hiérarchie et non contrela Monarchie. Mohammed VI est un monarque très actif qui passe sa vie à se déplacer de province en province et de région en région  pour inaugurer de nouvelles entités économiques ou lancer de nouveaux projets. N’a-t-on pas toujours dit que le trône des rois du Maroc est placé sur la selle de leur cheval ?

    Les temps ont cependant changé. Dans la plupart des monarchies modernes (Grande Bretagne, Belgique, Danemark, Suède, Espagne) le roi règne mais ne gouverne pas. Les gouvernants sortent des urnes. Leur activité et leur rendement  sont suivis de près et appréciés par les électeurs qui peuvent les reconduire ou les rejeter aux élections suivantes.  Ce qui exaspère aujourd’hui les masses marocaines et plus particulièrement la jeunesse c’est la disparité des classes, l’immense richesse d’une minorité et la misère dans laquelle végète l’écrasante majorité,  les moyens de vie de santé et de scolarisation offerts aux enfants des uns et ce clair-obscur, cette incertitude, cette imprévisibilité qui plane sur l’avenir de la progéniture des autres, un lendemain qui s’annonce déjà plus sombre et plus inquiétant  que leur présent. Mais qui interpeller ? Le roi ? Ce n’est pas possible selon la constitution. Les ministres ? Certains laissent entendre qu’ils ne sont que des exécutants.

   On parle souvent des bidonvilles et des quartiers déshérités des villes marocaines. Mais dépassons un peu les périmètres urbains et allons dans la campagne, dans les hameaux pour se rendre compte de la vraie misère des habitants : des abris bâtis avec des roseaux et de la boue, dont les toitures tombent sur les têtes de leurs occupants à chaque période de pluie. Avec le gouvernement actuel la criminalité est devenue galopante et le chômage ne cesse de s’installer en ville comme dans la campagne bien qu’on essaie toujours d’en camoufler le taux réel.  Celui de la scolarisation dans la campagne ne reflète pas non plus la vérité, puisque le nombre des enfants inscrits ne représente pas du tout celui des élèves qui fréquentent réellement l’école. D’ailleurs comment veut-on que des enfants aillent en classe pendant qu’ils n’ont rien à manger et qu’ils sont obligés d’aller travailler dans les champs  pour aider leurs parents. Cela, messieurs les ministres l’ignorent ou préfèrent simplement ne pas en parler pour ne pas se découvrir et déplaire à Sa majesté, eux qui habitent dans des palaces, possèdent de grandes sociétés industrielles et envoient leurs enfants aux grandes écoles au Maroc et à l’étranger.

    Le cas du Maroc est bien différent de celui des autres pays arabes. Nous l’avons dit plus haut le système de la monarchie alaouite n’est pas remis en cause et ne le sera peut être jamais, étant donné son rôle unificateur et rassembleur d’une communauté d’origines, de traditions et de moeurs diverses. De plus jusqu’à preuve du contraire, on ne reproche au roi aucune malversation  ou détournement de biens publics comme cela a été retenu contre d’autres dirigeants arabes. Certes la famille royale marocaine est riche et  possède dit-on un grand patrimoine agricole. Mais sa richesse est héritée et développée de père en fils et non pas l’œuvre d’un seul  souverain.       L’espoir, après les nouvelles réformes constitutionnelles  annoncées par le Roi du Maroc, réside par conséquent dans la relève des dirigeants actuels (gouvernement et administration) et l’avènement d’une monarchie parlementaire avec une nouvelle génération de responsables, une nouvelle conception de la gestion publique et un nouvel esprit patriote. Espérons que le peuple soit suffisamment mûr pour mieux choisir ses représentants et  pour refuser de tomber encore une fois dans le piège de politicards qui chercheront à le corrompre pour obtenir ses voix. 

      

     

      

    

AL QAÏDA ET LES EVENEMENTS actuels dans le monde arabes

11 mars 2011

                                   

 

       Depuis le début des soulèvements des peuples arabes et la chute des régimes de Ben Ali et Moubarak en attendant celle de Kadhafi et Abdullah Salah, une question revient sans cesse dans les écrits et commentaires des observateurs politiques de par le monde, à savoir ce que seraient les futures relations des nouveaux dirigeants arabes avec l’Organisation d’Al Qaïda et son chef Oussama Ben Laden.

       Pour Mouammar Kadhafi il ne fait pas de doute que
la Qaïda est derrière les événements qui secouent actuellement son pays. Selon lui, sa chute amènerait indubitablement le chaos dans la région et serait même une menace pour la sécurité d’Israël. Cette interrogation qui reste parfois muette, est cependant visible dans l’esprit et le regard même d’un certain nombre de journalistes et d’analystes des événements politiques.  S’il est vrai que pour le moment toute affirmation dans ce domaine est prématurée, il n’en reste pas moins qu’une grande incertitude planera longtemps encore sur l’orientation politique exacte vis-à-vis de Tel Avive des nouveaux dirigeants arabes et de leurs futures assemblées élues. En attendant, examinons les points de convergence  entre
la Qaïda et la jeunesse arabe et les questions dans lesquelles elles restent en général  divisées et opposées.  

 

                     
LA Où LES DISCOURS DE B.L. FONT MOUCHE 

   La jeunesse arabe et musulmane d’une manière générale tend une oreille attentive à tous les discours de Ben Laden dirigés contre l’impérialisme et l’exploitation par l’occident des richesses du Tiers Monde. Que ce soit au Moyen Orient, en Afrique ou en Asie centrale les USA essaient, selon Ben Laden,  de s’implanter pour étendre leur hégémonie et ériger des régimes favorables à leurs intérêts économiques et stratégiques.

    Pour le chef de
la Qaïda «  l’Amérique est le plus grand ennemi de l’Islam ». C’est pourquoi il affirme que «  le Jihad contre cette super puissance est l’essence même de la foi ». Le soutien militaire et diplomatique accordé par Washington à Israël ne cesse en effet d’écoeurer les peuples arabes et musulmans qui y voient tout simplement un encouragement à l’entêtement de Tel Aviv et à son refus d’accepter un accord quelconque dans le conflit qui l’oppose aux Palestiniens. Les peuples arabes reprochent aux Etats-Unis d’avoir, depuis 1967, utilisé 39 fois leur droit de veto pour toute condamnation de l’Etat d’Israël à la suite de ses attaques meurtrières contre un  peuple désarmé. Ben Laden accuse également les différents gouvernements qui se sont succédés ces dernières décades à

la Maison Blanche, d’avoir toujours soutenu des régimes et des chefs d’Etat arabes impopulaires et corrompus. La plupart des jeunes intellectuels de ces pays estiment que si leurs dirigeants se maintiennent aussi longtemps au pouvoir c’est, affirment-ils, grâce à la complicité et au soutien de l’Occident et ce, en échange d’un manque de fermeté de ces « princes et raïs » à l’égard d’Israël et leur soumission aux directives des USA.

     Disons enfin que les peuples arabes ont applaudi toutes les prises de position de B.L. concernant l’invasion américaine et les massacres inhumains, inadmissibles commis par les bombardements des alliés en Irak et aujourd’hui encore en Afghanistan.

 

                     CE QUE

LA JEUNESSE ARABE REPROUVE 

                                 Chez Oussama ben Laden 

   A l’exception d’une minorité de barbus, les jeunes intellectuels aussi bien au Maghreb qu’au Moyen Orient rejettent en bloc toutes les idées du chef de
la Qaïda ainsi que ses injonctions relatives à l’hostilité et à la haine contre les occidentaux et condamnent l’activité terroriste prônée par les organisations islamistes.

    Cette même jeunesse arabe réprouve toutes les pratiques de l’Islam orthodoxe telles qu’enseignées et imposées par les adeptes de
la Qaïda qui ont administré l’Afghanistan de 1996 à 2001 avec : Port obligatoire d’une longue barbe par les hommes, Interdiction aux femmes de travailler, de sortir sans voile intégral, de se faire admettre dans un hôpital où exercent des médecins hommes, interdiction de la musique, de la danse, de la peinture, du dessin, des poupées pour les enfants, fermeture des salles de cinéma et interdiction des magnétophones et des costumes européens pour les hommes, obligation de se rendre à la mosquée aux heures de prière sous peine d’être arrêté, application des pires châtiments pour les prostituées et les homosexuels enterrés vivants ou écrasés sous un bulldozer etc.… 

    Un Islam modéré, une société musulmane démocratique,  libérale et pluraliste, ouverte au monde et à toutes les civilisations et religions : voila l’idéal auquel aspire aujourd’hui la jeunesse des pays arabes. Les craintes et appréhensions  de certains politologues peu avertis quant à un certain durcissement de l’attitude des futurs dirigeants à l’égard de l’Occident ou d’Israël sont donc mal fondés et ne reposent sur aucun critère sérieux. Mais encore faut-il que l’Etat hébreux révise sa politique d’occupation des territoires spoliés et décide une fois pour toutes de consentir l’effort nécessaire pour un règlement définitif de ce problème qui n’a que trop duré. 

    Avec le règlement de cette question délicate et une politique plus équilibrée et plus réaliste     des occidentaux dans leurs rapports économiques avec les pays arabes, Oussama Ben Laden sera contraint de prendre sa retraite ou restera tout simplement ignoré.

 

 

                        

     

      

DEMOCRATIE ET OBSCURANTISME:Peuvent-ils cohabiter?

8 mars 2011

   

 

    L’année 2011 aura marqué le déclenchement de soulèvements dans bon nombre d’états arabes. Après
la Tunisie, l’Egypte,
la Libye, le Yémen,
la Jordanie, Bahreïn et peut être demain l’Algérie,
la Mauritanie ou le Maroc, les manifestations se succèdent et se ressemblent par leur ampleur sur le terrain, la détermination des habitants à mettre fin à la dictature et la similitude des revendications qui en sont à l’origine : désir de changement de régime et de dirigeants pour certains pays ou de comportement et de la politique suivie par les gouvernants dans d’autres états. Tous demandent de profondes réformes constitutionnelles, administratives et judiciaires et un droit de regard dans la gestion des affaires de leurs pays. Les jeunes générations arabes exigent en effet plus de démocratie, plus de justice sociale, une plus grande place pour eux dans la direction des affaires, une distribution plus équitable des richesses nationales, la fin du favoritisme et de la domination de la société par des princes et  certaines familles privilégiées.

     La jeunesse arabe au proche Orient est écœurée de voir tous les postes de responsabilité confiés presque exclusivement à des princes ou des proches de la famille royale, comme si  parmi les citoyens de ces pays il ne se trouve pas de personnes capables d’assumer de hautes fonctions de l’Etat. Tous les édifices du pays, les avenues, les grandes places, les aéroports etc. sont baptisés aux noms de rois et de princes. Les grands organismes sociaux  sont également dirigés par eux ou portent leurs prénoms.

     Trop imbus de leur pouvoir et de leur personne, ces grands hommes qui gouvernent le monde arabe ne se rendent pas compte du ridicule dont ils se couvrent aux yeux de la communauté internationale, quand ils se laissent embrasser la main par des « sujets trop dociles » qui leur font la courbette ?

     Ces monarques et présidents arabes veulent s’éterniser dans leurs fonctions pour continuer à jouir des richesses et des honneurs que ces fonctions leur procurent. Ils deviennent malades et presque drogués. La manifestation de soumission et l’allégeance quotidienne dont ils sont l’objet de la part des hommes qui les entourent, comme les louanges et les gestes obséquieux  deviennent pour le prince ou le président un besoin vital. Ben Ali et Moubarak sont alités depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir et privés de cette « substance nutritive ». Quant à Kadhafi, il n’arrive pas encore à s’imaginer sans son accoutrement et son rôle de GUIDE DE

LA REVOLUTION LIBYENNE. Oui le pouvoir a grisé ces gens ! 

      L’avenir risque par conséquent de nous révéler d’autres Ben Ali, d’autres Moubarak et d’autres Kadhafi ! Les jeunesses arabes qui ont fait les révolutions dans leurs pays en ce début d’année attendent quant à eux un véritable changement dans les mœurs politiques de leurs nations. Ils espèrent voir émerger des urnes non pas des «  monarques » mais des hommes honnêtes prêts à servir leurs pays, des dirigeants décidés de se pencher sur les problèmes quotidiens de leurs concitoyens, de lutter contre la corruption et les disparités sociales, de remplacer les bidonvilles par des habitations décentes, de combattre la pauvreté et l’analphabétisme. Bref des gens qui viennent pour servir et non pas pour se servir. 

     Dans les royautés et les principautés les citoyens veulent avoir affaire à des premiers ministres élus et responsables  qui doivent rendre compte devant des instances parlementaires. Le roi ou le prince ne doivent pas, en même temps, régner et gouverner. Le peuple a le droit de contrôler et de sanctionner les mauvais gouvernants. Il ne peut pas le faire s’il n’a affaire qu’à des exécutants. C’est ça la véritable démocratie.   Un président de
la République ne doit pas non plus briguer plus de deux mandats, sans quoi on reviendrait au système des présidents à vie.

    Le problème de la démocratie dans le monde arabe reste par conséquent entièrement posé. Quelles constitutions, quelles élections, quels parlements, quels régimes pour l’avenir ? Quels choix politiques et sociaux ? Le changement intervenu dans les pays de l’Europe centrale et orientale à la fin des années 80 aura-t-il lieu dans les Etats arabes ? Aura-t-on des régimes islamiques à l’iranienne ou militaires avec des généraux à la tête ? La liberté d’expression et de la presse sera-t-elle tolérée ? L’enrichissement illégal sera-t-il dénoncé et sanctionné ? Tous les enfants et notamment ceux des pauvres seront-ils tous scolarisés ? Les ouvriers agricoles seront-ils moins exploités et mieux payés ? Les jeunes de 18 à 30 ans seront-ils moins tentés par l’émigration vers l’Europe pour survivre ?   Ce ne sont là que quelques questions qui sont posées ça et là dans les milieux intellectuels et populaires arabes qui n’osent pas encore croire à la fin de leur calvaire.   

    Le changement des dirigeants à lui seul ne résoudra pas les problèmes du monde arabe. Ce qu’il faut changer c’est l’esprit, c’est la manière de gouverner, c’est la conception que les responsables dans ces régions se font du pouvoir, de la démocratie et du respect des droits de l’Homme.

 

                              Mohamed  BOUHOUCH 

                   

           

LES REVOLUTIONS ARABES:Quel avenir ?

8 mars 2011

   

 

    L’année 2011 aura marqué le déclenchement de soulèvements dans bon nombre d’états arabes. Après
la Tunisie, l’Egypte,
la Libye, le Yémen,
la Jordanie, Bahreïn et peut être demain l’Algérie,
la Mauritanie ou le Maroc, les manifestations se succèdent et se ressemblent par leur ampleur sur le terrain, la détermination des habitants à mettre fin à la dictature et la similitude des revendications qui en sont à l’origine : désir de changement de régime et de dirigeants pour certains pays ou de comportement et de la politique suivie par les gouvernants dans d’autres états. Tous demandent de profondes réformes constitutionnelles, administratives et judiciaires et un droit de regard dans la gestion des affaires de leurs pays. Les jeunes générations arabes exigent en effet plus de démocratie, plus de justice sociale, une plus grande place pour eux dans la direction des affaires, une distribution plus équitable des richesses nationales, la fin du favoritisme et de la domination de la société par des princes et  certaines familles privilégiées.

     La jeunesse arabe au proche Orient est écœurée de voir tous les postes de responsabilité confiés presque exclusivement à des princes ou des proches de la famille royale, comme si  parmi les citoyens de ces pays il ne se trouve pas de personnes capables d’assumer de hautes fonctions de l’Etat. Tous les édifices du pays, les avenues, les grandes places, les aéroports etc. sont baptisés aux noms de rois et de princes. Les grands organismes sociaux  sont également dirigés par eux ou portent leurs prénoms.

     Trop imbus de leur pouvoir et de leur personne, ces grands hommes qui gouvernent le monde arabe ne se rendent pas compte du ridicule dont ils se couvrent aux yeux de la communauté internationale, quand ils se laissent embrasser la main par des « sujets trop dociles » qui leur font la courbette ?

     Ces monarques et présidents arabes veulent s’éterniser dans leurs fonctions pour continuer à jouir des richesses et des honneurs que ces fonctions leur procurent. Ils deviennent malades et presque drogués. La manifestation de soumission et l’allégeance quotidienne dont ils sont l’objet de la part des hommes qui les entourent, comme les louanges et les gestes obséquieux  deviennent pour le prince ou le président un besoin vital. Ben Ali et Moubarak sont alités depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir et privés de cette « substance nutritive ». Quant à Kadhafi, il n’arrive pas encore à s’imaginer sans son accoutrement et son rôle de GUIDE DE

LA REVOLUTION LIBYENNE. Oui le pouvoir a grisé ces gens ! 

      L’avenir risque par conséquent de nous révéler d’autres Ben Ali, d’autres Moubarak et d’autres Kadhafi ! Les jeunesses arabes qui ont fait les révolutions dans leurs pays en ce début d’année attendent quant à eux un véritable changement dans les mœurs politiques de leurs nations. Ils espèrent voir émerger des urnes non pas des «  monarques » mais des hommes honnêtes prêts à servir leurs pays, des dirigeants décidés de se pencher sur les problèmes quotidiens de leurs concitoyens, de lutter contre la corruption et les disparités sociales, de remplacer les bidonvilles par des habitations décentes, de combattre la pauvreté et l’analphabétisme. Bref des gens qui viennent pour servir et non pas pour se servir. 

     Dans les royautés et les principautés les citoyens veulent avoir affaire à des premiers ministres élus et responsables  qui doivent rendre compte devant des instances parlementaires. Le roi ou le prince ne doivent pas, en même temps, régner et gouverner. Le peuple a le droit de contrôler et de sanctionner les mauvais gouvernants. Il ne peut pas le faire s’il n’a affaire qu’à des exécutants. C’est ça la véritable démocratie.   Un président de
la République ne doit pas non plus briguer plus de deux mandats, sans quoi on reviendrait au système des présidents à vie.

    Le problème de la démocratie dans le monde arabe reste par conséquent entièrement posé. Quelles constitutions, quelles élections, quels parlements, quels régimes pour l’avenir ? Quels choix politiques et sociaux ? Le changement intervenu dans les pays de l’Europe centrale et orientale à la fin des années 80 aura-t-il lieu dans les Etats arabes ? Aura-t-on des régimes islamiques à l’iranienne ou militaires avec des généraux à la tête ? La liberté d’expression et de la presse sera-t-elle tolérée ? L’enrichissement illégal sera-t-il dénoncé et sanctionné ? Tous les enfants et notamment ceux des pauvres seront-ils tous scolarisés ? Les ouvriers agricoles seront-ils moins exploités et mieux payés ? Les jeunes de 18 à 30 ans seront-ils moins tentés par l’émigration vers l’Europe pour survivre ?   Ce ne sont là que quelques questions qui sont posées ça et là dans les milieux intellectuels et populaires arabes qui n’osent pas encore croire à la fin de leur calvaire.   

    Le changement des dirigeants à lui seul ne résoudra pas les problèmes du monde arabe. Ce qu’il faut changer c’est l’esprit, c’est la manière de gouverner, c’est la conception que les responsables dans ces régions se font du pouvoir, de la démocratie et du respect des droits de l’Homme.

 

                              Mohamed  BOUHOUCH 

                   

           

LA SITUATION EN EGYPTE et le problème du Proche Orient

8 mars 2011

                                

 

 

      Les jours se succèdent les uns aux autres  et la situation en Egypte demeure toujours tendue, une situation dont personne n’est encore en mesure, à l’heure actuelle, d’en prévoir l’issue. Les rassemblements localisés au début au centre du Caire et Alexandrie, se sont étendus à de nombreuses villes égyptiennes dont Suez, Port Saïd, Ismaïlia et bien d’autres localités.

      Le nombre des manifestants estimés aux premiers jours à des milliers de personnes, atteint aujourd’hui voire dépasse les deux millions de personnes : des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux. On a vu même des handicapés, sur leurs fauteuils roulants, brandissant des pancartes hostiles au pouvoir. Toute cette foule, en colère, vocifère contre Hosni Moubarak, un président « inamovible » dont les Egyptiens ont assez vu le portrait depuis trente ans. Le même leitmotiv, le même refrain, la même revendication, la même exigence : le départ de Moubarak.

     Seize jours et seize nuits de manifestation. Plus de 300 morts et des centaines de blessés. Le message du peuple égyptien est très clair. Pour le commun des mortels la question est simple. Moubarak doit céder la place. Mais en réalité le problème égyptien, vu de l’extérieur, est beaucoup plus compliqué. Un changement subit de régime dans ce pays risque dit-on d’avoir des conséquences dramatiques aussi bien sur le plan interne qu’au niveau de tout le proche Orient où la sécurité reste encore très précaire.

     L’avenir de l’Egypte intéresse par conséquent toute la communauté internationale et non pas les seuls habitants de ce pays. D’où la complexité de la situation qui exige beaucoup de temps,  de la réflexion et une extrême prudence. Certes, les revendications du peuple doivent être satisfaites, du moins les plus légitimes et les différentes forces politiques doivent être représentées dans le gouvernement de transition. Comme il est absolument indispensable de chercher, dans la composition de la nouvelle équipe dirigeante, à préserver un certain équilibre entre toutes les organisations politiques, idéologiques et religieuses autour d’un projet de gouvernement qui puisse prendre en compte aussi bien les exigences d’un peuple qui vit aujourd’hui dans la misère,  que la nécessité absolue de la paix dans la région.

    Il est certain que c’est exactement la solution que cherchent et exigent maintenant les Occidentaux. Mais est-ce que ces derniers savent bien  ce qui se passe dans l’esprit des milliers de jeunes égyptiens rassemblés depuis le 25 janvier sur les grandes places publiques ? Est-ce que les Américains  et les Européens ont une idée des masses d’argent volées et détournées par certains chefs d’Etats arabes et placées dans des banques étrangères ou investies dans de grandes activités économiques ? Est-ce qu’ils ont une idée exacte des injustices sociales dont souffrent les peuples arabes  Pourquoi les grandes puissances gardent le silence sur de telles anomalies inacceptables qui deviennent  intolérables chez eux quand il s’agit de  leurs propres dirigeants  et hommes politiques ?

   La jeunesse arabe n’est pas, en grande partie, acquise aux idées islamiques. Mais il faut reconnaître qu’elle ne les rejette pas en bloc. Si une écrasante majorité de jeunes refusent de laisser pousser la barbe ou de porter des habits afghans, il n’en reste pas moins qu’ils sont en totalité opposés au soutien logistique et moral accordé par l’Occident aux dictateurs qui se perpétuent à la tête des pays arabes ou à un Etat d’Israël qui refuse de composer avec ses voisins. Un thème qui revient en permanence dans les discours des Islamistes.

   Depuis le début du soulèvement égyptien,  tous les hommes politiques occidentaux, éditorialistes, analystes et peut être l’homme de la rue n’évoquent et ne développent qu’une seule et unique question, celle de savoir comment se comporteront les futures dirigeants égyptiens face au conflit arabo-israélien. Le choix du successeur de Moubarak devrait donc obligatoirement se faire selon eux en fonction de ce seul aspect de la question. Même Benyamin Nétaniahou aurait déjà fait son choix et opté pour Omar Souleymane qui n’est d’autre, pour les Egyptiens, qu’une copie conforme de Hosni Moubarak Y a t-il une seule voix en Occident qui s’est élevée pour dire qu’il faut imputer l’impopularité de l’actuel président à sa position équivoque dans le conflit du proche Orient ? Y a-t-il un seul chef d’Etat de l’Union Européenne qui a osé jusqu’à présent mettre en cause la responsabilité d’Israël sur le blocage des négociations de paix avec les Palestiniens ? Tout le monde sait que l’Etat hébreux cherche depuis des années à esquiver les questions de fond pour le règlement définitif de ce problème qui réside en premier lieu en la restitution aux Palestiniens des territoires annexés en 1967. Et l’on s’accroche au seul FANTÔME des Islamistes ! 

    Soyons francs et logiques. Les Islamistes existeront toujours  mais ne constitueront jamais une majorité au sein du monde arabe. Pourquoi donc chercher à voir, à tout prix, dans toute tentative de révolution dans la région contre un régime corrompu, une menace pour la sécurité de l’Etat hébreux ? Israël est là et le restera jusqu’à la fin des temps, mais un Israël tel que prévu par la division du territoire de 1948 par l’ONU, c’est-à-dire sans la partie arabe de Jérusalem .et non pas tel qu’imaginé et voulu par les extrémistes hébreux, fanatiques porteurs de barbe qui rêvent du GRAND ISRAËL, étendu à une bonne partie du proche Orient.  Tout le problème réside donc dans la position du pouvoir israélien soumis et assujetti à la volonté d’une minorité d’orthodoxes et à des équilibres très fragiles de coalition gouvernementale.

    Laissons donc l’Egypte et peut être demain d’autres pays arabes, faire librement leurs révolutions sans essayer d’y voir toujours une volonté quelconque d’envahir Israël dont la sécurité est assurée par toute la communauté internationale et par sa propre armée super équipée. S’il y a par conséquent une pression à exercer actuellement, elle doit l’être plutôt sur le gouvernement israélien pour se retirer de tous les territoires occupés et en particulier Jérusalem Est. Ce ne sera là que le respect du droit international et une marque de sagesse politique de la part de dirigeants qui se respectent. Notons d’ailleurs que
la Mosquée d’Al Qods est un lieu sacré pour tous les musulmans du monde et non pas une simple  revendication palestinienne. Les grands lobbys juifs de par le monde qui soutiennent Israël et influencent les gouvernements occidentaux devront, bien entendu, saisir l’importance de cette question cruciale qui se trouve au centre du conflit du Proche Orient.

    Soyons assurés qu’après une attitude plus souple et plus réaliste de la part de Tel Avive, il n’y aura plus de guerre israélo-arabe. La paix au proche Orient se trouve sous la coupole de la mosquée d’Al Qods….

 

                          Mohamed BOUHOUCH 

               

         

     

KADHAFI ou Néron des temps modernes

8 mars 2011

 

 

   Jamais deux sans trois. Mais le colonel Kadhafi ne veut pas être le troisième. « Je ne suis ni Ben Ali ni Moubarak » ne cesse-t-il de répéter. «  Je ne partirai pas. Je lutterai jusqu’à la dernière goutte de mon sang.  Je ne capitulerai jamais et s’il le faut je brûlerai toutes les installations pétrolières, détruirai toutes les villes et tuerai jusqu’aux derniers libyens ».

    C’est lui dit-il qui a crée et façonné 
la Libye telle qu’elle est aujourd’hui. Il n’est pas un président de
la République comme les autres précise-t-il, mais un guide de
la Révolution, un guide pour toute l’Afrique, le monde arabe et l’Amérique du Sud.

    Du 17 février date du déclenchement de
la Révolution libyenne à ce jour, soit une semaine environ, plus de 400 manifestants sont morts. Selon des observateurs dignes de foi le nombre de victimes serait même de plus de 2000. Ce n’est pas étonnant quand on sait que le colonel Kadhafi a utilisé des mercenaires maliens et toutes les armes de guerre pour étouffer la rébellion. Des blindés, des hélicoptères, des chasseurs bombardiers, des gaz etc.…

    Ni l’ampleur des manifestations qui ont secoué et mobilisé toutes les grandes villes du pays, ni la condamnation  internationale unanime n’ont permis d’intimider Kadhafi ou de le dissuader de son action criminelle. Traité de fou, de despote, d’hystérique, de chien enragé, de maudit, de vomi par son peuple, de tueur, de criminel de guerre, de boucher, de mégalomane, de monstrueux, cet homme anormal est resté sourd à tous les appels de la société internationale et à toutes les critiques et insultes proférées à son égard.

   Que peut-on en effet penser ou attendre d’un énergumène de ce genre qui, le 21 décembre 1988, a provoqué l’attentat de Lockerbie contre le bœing 747-100 de la compagnie américaine PAN AM, causant la mort de 270 personnes innocentes ? Que peut-on dire de cet assassin qui, le19 septembre 1989, a fait tomber
la DC 10 UTA de la compagnie française mettant fin à la vie de 171 hommes et femmes ? Je ne trouve personnellement aucun qualificatif pour désigner un tel individu, un homme que Mr Sarkozy a malheureusement reçu il y a quelques mois en grandes pompes à l’Elysée.

    Son accoutrement, habillé souvent en bédouin, sa résidence préférée sous une tente au désert, sa manière ridicule de se tenir toujours le buste bombé, la tête redressée à rompre le coup, ses lunettes noires, son arrogance et ses discours fleuve sans objet précis, sautant souvent du coq à l’âne : ce sont là autant de signes qui situent  cet individu à la recherche d’une personnalité originale et d’un ascendant sur son entourage.

   Quelle fin peut-on imaginer pour un tel homme ? Le dénouement d’une tragédie grecque avec un suicide ? Peut être. Mais avant, Kadhafi, à l’instar de NERON,  risque avant de mourir de ne laisser de
la Libye qu’une terre brûlée et des millions de cadavres. Il est en effet très difficile pour quelqu’un qui a régné sans partage sur son pays pendant quarante deux ans, qui possède une fortune évaluée à 130 milliards  de dollars investis à l’Etranger et plus de 800 milliards de dollars représentant ses biens en Libye, il est très dur pour  lui de se retrouver dans la situation actuelle de Ben Ali… Mais c’est bien là la fin des scélérats et des criminels de guerre.     

 

                           Mohamed    BOUHOUCH    

 

 

 

   

 

 

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