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La course à l’Elysée : quand tous les coups sont permis

A quelques mois de l’élection présidentielle, les divisions se creusent et le ton monte, chaque jour davantage, entre les différents prétendants au pouvoir suprême, à gauche comme à droite.

De nos jours, aspirer à la magistrature suprême n’est plus une noble vocation et une question de devoir national. Seule l’ambition, les intérêts personnels et le fou désir de vouloir entrer dans l’histoire, semble avoir motivé, ces dernières années, tous les prétendants à l’occupation de l’Elysée.

 Ce rêve a déjà, par le passé, poussé plusieurs dirigeants et hommes politiques français à se porter candidats. En 2012 une dizaine de personnes se sont affrontées à l’élection présidentielle : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine le Pen, J.L.Mélenchon, Philippe Poutou, Eva Joly, Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan. Ce sont ceux dont la candidature avait été validée.

29 autres n’avaient pas obtenu les 500 parrainages exigés. Chez les socialistes Jean-Michel Baylet, Armand Montebourg, Ségolène royal et manuel Vals avaient été éliminés au premier tour de la primaire socialiste, suivis par Martine Aubry au second tour. En 2007 Oliviers de Besancenot, Jean Bové, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, Jean Marie le Pen, Frédéric Nihous, Ségolène Royal, Philippe de Villiers, Dominique Voynet avaient également tapé à la porte de l’Elysée, sans parler de Fabius et DSK éliminés en 2012 à la primaire socialiste et des nombreux autres postulants dont la candidature avait été finalement écartée.

 Tous ces hommes et femmes briguaient la haute magistrature française, tous voulaient habiter à l’Elysée…ou du moins, en cas d’échec, arriver à obtenir une haute fonction de responsabilité : ministre, député, sénateur, ambassadeur, patron d’une grande entreprise.


A l’exception de quelques idéalistes de droite ou de gauche, Les Français ne sont cependant pas dupes. Ils savent que tous ces candidats ne sont pas motivés par le seul amour de leur patrie mais surtout par la réalisation de leurs rêves et leurs ambitions personnelles. C’est pourquoi les électeurs ne ménagent ni les uns ni les autres pour exiger des élus la réalisation de toutes les promesses faites au peuple lors des campagnes électorales.

 LA PRIMAIRE A DROITE : la guerre entre frères ennemis

 Les citoyens suivent de près la lutte acharnée entre les différents partis et les rivalités entre des personnes au sein d’une même famille politique. On est étonné de voir des gens, hier encore unis au sein d’un même gouvernement , se lancer, à couteaux tirés, dans des diatribes violentes oubliant leur alliance et leur amitié dans un passé encore récent. Les Français suivent avec beaucoup d’étonnement les sorties souvent violentes et agressives d’un ancien premier ministre contre son ex président.

« Qui aurait imaginé le général de Gaule mis en examen ? », « Si j’étais mis en examen je ne serais pas candidat ». Ces deux coups de griffe n’ont pas manqué de susciter divers commentaires. Dans un article intitulé » le réveil tardif de François Fillon, publié par l’express (29/8), le journaliste Paul Chaulet écrit » L’ancien Premier ministre a lancé une charge virulente contre Nicolas Sarkozy lors de son meeting de rentrée. Manière de marquer les esprits et de donner de la visibilité à une campagne atone. « 

 Toujours dans l’Express, Alexandre Sulzer note :  » la rentrée politique à droite se déroule à coups de petites phrases assassines » et de poursuivre  » Pour cette rentrée politique, les candidats à la primaire de la droite et du centre ont à leur tour enfilé les gants de boxe et lancé une séquence qui s’annonce musclée. La palme d’or de l’uppercut revient sans conteste à François Fillon qui, dimanche dans son ancien fief de Sablé-sur-Sarthe, n’a pas hésité à s’en prendre à Nicolas Sarkozy, sans le nommer mais sous un angle jusqu’alors tabou, celui des affaires. »

Dans un éditorial sur le même sujet Christophe Barbier dit : » François Fillon a eu tort d’attaquer Sarkozy sur sa probité ».

Toujours à ce propos, Louis Hausalter (le journal Marianne du 29/8) mentionne que  » François Fillon joue (encore) au méchant ».

A son tour, choquée par les propos de F.Fillon, l’ex ministre Marie Alliot Marie a tenu à préciser dans une émission télévisée » qu’ un mis en examen est présumé INNOCENT jusqu’à sa condamnation ».

 SARKOZY : l’adversaire « préféré  » des Socialistes

 L »espoir pour ne pas dire la certitude de battre Nicolas Sarkozy au 2e tour, est devenu aujourd’hui une conviction à la rue Solferino.

 Dans un article publié dans le Figaro (30/8), le journaliste Tristan Quinault Maupoil écrit que les Socialistes essaient de concentrer toutes leurs attaques sur Nicolas Sarkozy qu’ils souhaitent affronter en 2017. Cela veut dire en clair que l’ex président est devenu à leurs yeux l’homme affaibli par le grand nombre d’affaires judiciaires dans lesquelles il est impliqué. Il est également attaquable sur son bilan des années 2007-2012, contrairement à Alain Jupé qui reste encore peu connu par une grande partie des électeurs.

 Pour les responsables du PS, Nicolas Sarkozy est cependant entrain de gagner du terrain sur ses différents concurrents de droite. Manuel Valls le considère comme « une menace considérable ». Pour le sénateur Luc Carvounas  » Nicolas Sarkozy est aux portes du pouvoir » (RFI). A signaler enfin que même François Hollande qui se confiait dernièrement à deux journalistes a avoué « qu’il ne voit pas comment (les Républicains) pourront empêcher son prédécesseur de l’emporter sur Alain Juppé. » (Figaro du 30/8). Les socialistes veulent par conséquent prévoir tous les moyens pour abattre leur ennemi de toujours, aujourd’hui à leur portée.

 A droite comme à gauche, Nicolas Sarkozy est donc attendu à couteaux tirés. Pour François Fillon il s’agit de battre son ancien patron ou de se retirer définitivement de la vie politique. François Bayrou enfin, considéré comme le procureur de l’ancien locataire de l’Elysée, annonce officiellement qu’il ne soutiendra pas l’ancien président en cas de victoire de ce dernier à la prochaine primaire.

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