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LA LIBYE : l’enlisement coupable

          

      

     Les manifestations contre le régime Kadhafi ont débuté le 17 février 2011. Une semaine après, presque tout le monde croyait à une chute inéluctable du dictateur et à une victoire certaine des insurgés. La communauté internationale a été malheureusement surprise par le caractère violent et impitoyable de la contre attaque de l’armée et plus particulièrement des bombardements  meurtriers de l’aviation qui tirait sur les civils comme sur des mouches.  Le conseil de sécurité ayant décidé de venir au secours des populations civiles, un certain nombre de pays  se sont alors investis dans le conflit et commencé à viser des cibles militaires libyennes.

      Les premières frappes ont été effectuées  les 19 et 20 mars par
la France, l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Italie et le Canada « Aube de l’Odyssée » avant que l’OTAN ne prenne en main le commandement des opérations une semaine après. La presque totalité de l’aviation de l’armée libyenne a été, nous a-t-on dit, clouée au sol ou complètement détruite. D’où le grand soulagement de la communauté internationale qui croyait déjà à la déroute du régime de Tripoli. Des informations très encourageantes en provenance de l’Est, du Centre ou de l’Ouest du pays nous apprenaient chaque jour que les insurgés s’emparaient de telle ou telle ville stratégique et du recul presque quotidien des forces gouvernementales. Seul Mouammar Kadhafi refusait de croire à une telle déroute de son armée. Au contraire il a continué comme à son habitude à menacer les alliés et à leur promettre la pire débâcle.  

    Ne pouvant plus utiliser son aviation le président libyen a changé de méthode guerrière et opté pour une stratégie plus efficace à savoir l’utilisation de blindés avec des boucliers humains, ce qui entravait terriblement l’action des Alliés. Certaines localités annoncées comme étant conquises par les insurgés ont été, les unes après les autres, reprises par les forces gouvernementales. Et, au fil des jours qui passaient les informations les plus alarmantes et les déclarations les plus pessimistes commençaient à tomber.

    Le général BURCKHARDT, porte parle des armées françaises reconnut dernièrement que la situation était complexe, du fait comme nous l’avons dit que les responsables libyens avaient modifié leur mode d’action. Pour sa part le général américain CARTER HAM a estimé peu probable que les rebelles parviennent à lancer un assaut sur Tripoli pour renverser Kadhafi. Disons enfin que de hauts cadres de l’OTAN ont fait état de leur crainte d’un enlisement en Libye. 

 http://www.lefigaro.fr/international/2011/04/08/01003-20110408ARTFIG00368-l-otan-craint-un-enlisement-en-libye.php 

   Pendant ce temps un certain nombre de pays ont exprimé leur inquiétude au sujet d’une situation qui ne cesse de s’empirer et dont on ne voit nullement l’issue. Le nombre des victimes civiles s’accroît de jour en jour, les produits alimentaires et les médicaments se font de plus en plus rares.
La Russie commence à hausser le ton accusant l’OTAN d’avoir outrepassé les recommandations de
la Résolution 1973. Les Etats-Unis pensent déjà aux élections de 2012 et ne désirent en aucun cas s’engager dans un autre bourbier. Ils refusent d’autre part de fournir des armes aux insurgés de peur disent-il, que cet armement serve  plus tard aux Islamistes.  C’est là une excuse sans fondement car les organisations subversives ont plusieurs fournisseurs d’armes.
La Chine, l’Inde et le Brésil ne cessent pas à leur tour de manifester leur désaccord à propos des actions des occidentaux sans oublier la froideur de quelques pays arabes dont l’Algérie en particulier. Un grand nombre d’observateurs n’hésitent pas aujourd’hui à parler carrément d’échec, d’impasse, de blocage et d’enlisement. 

    Certains pays comme
la Turquie cherchent même actuellement à trouver une solution de compromis qui permettrait un cessez le feu pour préserver les vies humaines. Le président du gouvernement turc qui craint dit-il une «  irakisation » de
la Libye  n’exclue pas le maintien au pouvoir de Kadhafi dans le cadre d’un régime soit disant plus démocratique. C’est là une solution qui peut être grave de conséquences. Comment imaginer en effet le comportement du colonel et de ses fils avec leurs anciens adversaires ? Et peut-on également croire réellement à un changement de tempérament ou de méthodes de commandement de cet homme qui a passé 42 ans de sa vie à exercer un pouvoir absolu et sans partage ?  Quelle serait dans ce cas l’attitude du président libyen vis-à-vis de
la France et de

la Grande Bretagne notamment ? Et comment Sarkozy et le chef du gouvernement britannique pourront-ils affronter leurs opposants respectifs ? La plupart des observateurs qui suivent de près la situation en Libye pensent que les services de renseignement occidentaux avaient certainement sous estimé les forces de Kadhafi, ce qui a poussé leurs armées à se  lancer trop hâtivement dans l’aventure, D’autres encore se demandent si les opérations militaires libyennes ne sont pas organisées et programmées par des experts russes mis par Moscou à la disposition de Tripoli. Hypothèse qui n’est pas à exclure. 

      Les intervenants en Libye se trouvent aujourd’hui dans l’obligation d’aller jusqu’au bout et ce, aussi bien dans l’intérêt des Libyens eux-mêmes que ceux de la communauté internationale qui doit se débarrasser d’un chef d’Etat fou et sanguinaire. Le maintien de ce potentat à la tête de
la Libye constituerait un danger permanent au sein de cette région méditerranéenne dont l’Europe, l’Afrique et le Proche Orient veulent en faire un lac de paix, de prospérité et d’entente entre ses différents peuples.

     Les pays de l’OTAN comme d’ailleurs toute la communauté internationale n’ont pas le droit de s’arrêter à mi chemin, de se laisser enliser ou de se faire intimider par un homme qui, sachant qu’il est condamné, est en train de jouer le tout pour le tout. Fournissons donc les armes nécessaires à ce peuple pour se libérer et essayons d’organiser ses combattants qui n’ont aucune expérience militaire. Les abandonner à leur sort serait commettre un crime que l’histoire ne  pardonnerait jamais. 

         

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