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LA SITUATION EN EGYPTE et le problème du Proche Orient

                              

 

 

      Les jours se succèdent les uns aux autres  et la situation en Egypte demeure toujours tendue, une situation dont personne n’est encore en mesure, à l’heure actuelle, d’en prévoir l’issue. Les rassemblements localisés au début au centre du Caire et Alexandrie, se sont étendus à de nombreuses villes égyptiennes dont Suez, Port Saïd, Ismaïlia et bien d’autres localités.

      Le nombre des manifestants estimés aux premiers jours à des milliers de personnes, atteint aujourd’hui voire dépasse les deux millions de personnes : des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux. On a vu même des handicapés, sur leurs fauteuils roulants, brandissant des pancartes hostiles au pouvoir. Toute cette foule, en colère, vocifère contre Hosni Moubarak, un président « inamovible » dont les Egyptiens ont assez vu le portrait depuis trente ans. Le même leitmotiv, le même refrain, la même revendication, la même exigence : le départ de Moubarak.

     Seize jours et seize nuits de manifestation. Plus de 300 morts et des centaines de blessés. Le message du peuple égyptien est très clair. Pour le commun des mortels la question est simple. Moubarak doit céder la place. Mais en réalité le problème égyptien, vu de l’extérieur, est beaucoup plus compliqué. Un changement subit de régime dans ce pays risque dit-on d’avoir des conséquences dramatiques aussi bien sur le plan interne qu’au niveau de tout le proche Orient où la sécurité reste encore très précaire.

     L’avenir de l’Egypte intéresse par conséquent toute la communauté internationale et non pas les seuls habitants de ce pays. D’où la complexité de la situation qui exige beaucoup de temps,  de la réflexion et une extrême prudence. Certes, les revendications du peuple doivent être satisfaites, du moins les plus légitimes et les différentes forces politiques doivent être représentées dans le gouvernement de transition. Comme il est absolument indispensable de chercher, dans la composition de la nouvelle équipe dirigeante, à préserver un certain équilibre entre toutes les organisations politiques, idéologiques et religieuses autour d’un projet de gouvernement qui puisse prendre en compte aussi bien les exigences d’un peuple qui vit aujourd’hui dans la misère,  que la nécessité absolue de la paix dans la région.

    Il est certain que c’est exactement la solution que cherchent et exigent maintenant les Occidentaux. Mais est-ce que ces derniers savent bien  ce qui se passe dans l’esprit des milliers de jeunes égyptiens rassemblés depuis le 25 janvier sur les grandes places publiques ? Est-ce que les Américains  et les Européens ont une idée des masses d’argent volées et détournées par certains chefs d’Etats arabes et placées dans des banques étrangères ou investies dans de grandes activités économiques ? Est-ce qu’ils ont une idée exacte des injustices sociales dont souffrent les peuples arabes  Pourquoi les grandes puissances gardent le silence sur de telles anomalies inacceptables qui deviennent  intolérables chez eux quand il s’agit de  leurs propres dirigeants  et hommes politiques ?

   La jeunesse arabe n’est pas, en grande partie, acquise aux idées islamiques. Mais il faut reconnaître qu’elle ne les rejette pas en bloc. Si une écrasante majorité de jeunes refusent de laisser pousser la barbe ou de porter des habits afghans, il n’en reste pas moins qu’ils sont en totalité opposés au soutien logistique et moral accordé par l’Occident aux dictateurs qui se perpétuent à la tête des pays arabes ou à un Etat d’Israël qui refuse de composer avec ses voisins. Un thème qui revient en permanence dans les discours des Islamistes.

   Depuis le début du soulèvement égyptien,  tous les hommes politiques occidentaux, éditorialistes, analystes et peut être l’homme de la rue n’évoquent et ne développent qu’une seule et unique question, celle de savoir comment se comporteront les futures dirigeants égyptiens face au conflit arabo-israélien. Le choix du successeur de Moubarak devrait donc obligatoirement se faire selon eux en fonction de ce seul aspect de la question. Même Benyamin Nétaniahou aurait déjà fait son choix et opté pour Omar Souleymane qui n’est d’autre, pour les Egyptiens, qu’une copie conforme de Hosni Moubarak Y a t-il une seule voix en Occident qui s’est élevée pour dire qu’il faut imputer l’impopularité de l’actuel président à sa position équivoque dans le conflit du proche Orient ? Y a-t-il un seul chef d’Etat de l’Union Européenne qui a osé jusqu’à présent mettre en cause la responsabilité d’Israël sur le blocage des négociations de paix avec les Palestiniens ? Tout le monde sait que l’Etat hébreux cherche depuis des années à esquiver les questions de fond pour le règlement définitif de ce problème qui réside en premier lieu en la restitution aux Palestiniens des territoires annexés en 1967. Et l’on s’accroche au seul FANTÔME des Islamistes ! 

    Soyons francs et logiques. Les Islamistes existeront toujours  mais ne constitueront jamais une majorité au sein du monde arabe. Pourquoi donc chercher à voir, à tout prix, dans toute tentative de révolution dans la région contre un régime corrompu, une menace pour la sécurité de l’Etat hébreux ? Israël est là et le restera jusqu’à la fin des temps, mais un Israël tel que prévu par la division du territoire de 1948 par l’ONU, c’est-à-dire sans la partie arabe de Jérusalem .et non pas tel qu’imaginé et voulu par les extrémistes hébreux, fanatiques porteurs de barbe qui rêvent du GRAND ISRAËL, étendu à une bonne partie du proche Orient.  Tout le problème réside donc dans la position du pouvoir israélien soumis et assujetti à la volonté d’une minorité d’orthodoxes et à des équilibres très fragiles de coalition gouvernementale.

    Laissons donc l’Egypte et peut être demain d’autres pays arabes, faire librement leurs révolutions sans essayer d’y voir toujours une volonté quelconque d’envahir Israël dont la sécurité est assurée par toute la communauté internationale et par sa propre armée super équipée. S’il y a par conséquent une pression à exercer actuellement, elle doit l’être plutôt sur le gouvernement israélien pour se retirer de tous les territoires occupés et en particulier Jérusalem Est. Ce ne sera là que le respect du droit international et une marque de sagesse politique de la part de dirigeants qui se respectent. Notons d’ailleurs que
la Mosquée d’Al Qods est un lieu sacré pour tous les musulmans du monde et non pas une simple  revendication palestinienne. Les grands lobbys juifs de par le monde qui soutiennent Israël et influencent les gouvernements occidentaux devront, bien entendu, saisir l’importance de cette question cruciale qui se trouve au centre du conflit du Proche Orient.

    Soyons assurés qu’après une attitude plus souple et plus réaliste de la part de Tel Avive, il n’y aura plus de guerre israélo-arabe. La paix au proche Orient se trouve sous la coupole de la mosquée d’Al Qods….

 

                          Mohamed BOUHOUCH 

               

         

     

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