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L’IRAN AU PASSE MOUVEMENTE, est aujourd’hui encore un pays convoité(II)

                     

         

                    Quel programme pour le nouveau régime ? 

 

    Le passage, en Iran, du régime royaliste des Shah à celui d’un gouvernement islamique, est un tournant historique dans la vie politique de l’Iran et de toute la région.

    Selon tous les théologiens et doctes islamiques de l’Asie comme de l’Afrique, la société musulmane s’était beaucoup éloignée, ces derniers temps, des principes de l’Islam, tels que dictés par le Coran  La division du monde musulman, dominé et exploité par les pays occidentaux, la dégradation des mœurs, la dépravation de la jeunesse, le retard accusé dans les domaines technique et scientifique, sont justement, affirme-t-on, les conséquences de cet abandon de la voie tracée à l’homme par Dieu, dans le Coran, le Livre Sacré qui organise la vie des êtres vivants dans la société, une société islamique conçue sur l’union, la solidarité, la justice entre tous, l’humanisme et le respect de l’Etre humain.

     On comprend, à entendre ces slogans, que l’institution d’un régime islamique, est à coup sûr, une véritable révolution, d’où le vocable de REVOLUTION ISLAMIQUE utilisé par les Mollahs dès la prise du pouvoir en Iran.

      Les Islamistes iraniens ont hérité d’un pays qui avait tous les atouts pour sortir du sous développement  et accéder au rang des nations développées. D’une superficie de 1.648.000 km2 et une population de 70 millions d’habitants, l’Iran était déjà la 2e économie de la région, le 4e producteur de pétrole au monde, le 2e en termes de réserve et le 2e exportateur de l’OPEP. Le pays dispose également de la 2e réserve de gaz naturel après
la Russie et est le 2e producteur.

     Vingt neuf ans se sont écoulés depuis que les Islamistes ont pris la relève du régime du Shah Mohammed Rizâh Pahlavi en 1979. Le monde musulman, dans sa totalité s’attendait à la naissance d’une république démocratique et populaire qui allait mettre fin à la disparité des classes, celle des privilégiés sous le règne du Shah et celle des pauvres qui espéraient et  attendaient tout, du nouveau régime. Mais les Mollahs qui ont appauvri les riches n’ont rien fait pour enrichir les pauvres.

     Tout l’intérêt et tout l’effort des gouvernants iraniens ont été portés sur une islamisation aveugle de la société iranienne. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que le monde entier se rende compte que les nouveaux maîtres de Téhéran n’avaient aucune capacité à gouverner un Etat moderne et n’ont substitué au régime du Shah, rien de valable et de constructif.

     L’Islam ne consiste pas uniquement à faire des prêches et à dicter des interdits. Gouverner, c’est mettre au point un programme pour le développement du pays et le bien-être des citoyens, et s’évertuer à le réaliser. Gouverner, c’est savoir gérer le patrimoine national pour le bien de tous. Gouverner, c’est se mettre à la disposition du peuple et non pas soumettre celui-ci à la volonté des dirigeants.

                     L’ERREUR FATALE  DES ISLAMISTES IRANIENS

    
La Révolution islamique n’a donc pas tenu ses promesses. Cette grande partie du peuple iranien qui vivait dans la misère sous le règne du Shah, n’a pas vu son sort amélioré. Au contraire les Islamistes ont privé la masse populaire des rares libertés qu’elle avait sous l’ancien régime.

     Les Gouvernants iraniens le savent. C’est pourquoi, et pour ne pas perdre la face devant leurs compatriotes et continuer à surchauffer les esprits, il fallait trouver un thème mobilisateur : et c’est l’IMPERIALISME ET LE SIONISME, et trouver des ennemis : et ce sont les AMERICAINS ET LES JUIFS.

      L’enthousiasme suscité au sein des masses populaires par l’avènement de la révolution islamique, s’étant estampé peu à peu, il était devenu nécessaire, pour le maintenir, d’avoir recours, encore une fois à un nouveau slogan, un nouveau thème pour continuer à occuper l’opinion publique : et c’est le PROJET NUCLEAIRE.

    De nombreux observateurs aussi bien à l’intérieur qu’en dehors de l’Iran, estiment que la politique suivie par les Islamistes ne fait que nuire à leur régime et augmenter le nombre de leurs ennemis à travers le monde. Cette affaire du Nucléaire qui ne sert nullement les intérêts du pays, est considérée par la communauté internationale comme étant une erreur fatale. Ces mêmes observateurs reprochent aux Iraniens de s’être attelés à réaliser ce projet qui ne servira en rien leur pays, au lieu de s’occuper en priorité à améliorer le niveau de vie, très bas, de leurs concitoyens. Posséder l’arme atomique mais dit-on, pour frapper qui ? Et pour se protéger de quel ennemi ? Pense-t-on qu’aujourd’hui, une puissance quelconque peut se permettre d’utiliser encore et impunément, l’arme atomique ?

     L’Iran étant un grand producteur de pétrole, n’aurait-il pas fallu, pense-t-on, que ses dirigeants concentrent tous leurs efforts sur le développement économique et social pour bâtir un pays industriel, à l’image des grands Etats européens ? Mais dommage, dit-on, les Mollahs n’excellent que dans la proclamation des interdits et le contrôle de la toilette des femmes.

                      L’OCCIDENT EST-IL RESPONSABLE 

                   De la montée de l’intégrisme islamique ? 

     L’Islam vit aujourd’hui une prise de conscience, un éveil politique  après la longue léthargie qu’il a connu durant la période coloniale. Plusieurs intellectuels et économistes musulmans estiment que le monde islamique n’occupe pas actuellement la place qu’il mérite dans le concert des nations. Cette communauté, forte d’un milliard 300 millions d’habitants, vivant dans des régions extrêmement riches, devrait logiquement, selon ces observateurs, s’imposer sur la scène internationale ou du moins faire poids égal avec les grandes puissances.

    Il y a une vérité dit-on, que nul ne peut nier aujourd’hui, à savoir que l’Occident doit sa prospérité, en grande partie, grâce à l’exploitation des richesses du Tiers Monde. Durant la deuxième moitié du 18e et tout le 19e siècle, les pays européens, notamment

la Grande Bretagne,
la France, l’Espagne et l’Italie avaient colonisé la plupart des pays musulmans dont ils ont dit-on,  pillé les richesses. De nos jours, affirment les Islamistes, l’Occident cherche toujours à perpétuer sa domination sur les économies du Moyen Orient et des Etats du Golfe, une région dont on veut faire un marché pour l’acquisition, à bas prix, des matières premières, notamment des produits pétroliers, en échange de la vente des armes et des avions d’occasion.

    Toute la politique de l’Amérique et de l’Union Européenne est guidée dit-on, par l’intérêt et la recherche des acquis économiques et financiers. Tout dirigeant arabe ou musulman qui essaie de s’opposer aux ambitions occidentales, est immédiatement taxé de terroriste, mis sur la sellette et sur la liste des personnes à éliminer : le président égyptien Nasser pour avoir nationalisé le canal de suez, Saddam Hussein, Assad, Kadhafi, Omar Béchir du Soudan, et bien sûr, tous les dirigeants iraniens, sont considérés comme des ennemis de la liberté, de la légalité et des droits de l’homme, donc des gens dont il faut se débarrasser.

    Les Islamistes se sont, à leur tour, engagé dans la même guerre verbale.

    Les moyens de propagande et de communication islamiques sont aujourd’hui aussi nombreux et performants que ceux de l’Occident. Des dizaines d’émissions télévisées et radiophoniques et des centaines de journaux diffusent quotidiennement des commentaires anti-américains qui ont un impacte certain sur la jeunesse du monde musulman.

     Les dirigeants islamistes de toute la région, disent que le temps travaille pour eux, d’abord parce qu’ils considèrent que c’est l’Occident qui les attaque chez eux et occupe leurs différents pays, et parce qu’ils sont sûrs que les pertes des alliés sont énormes et insupportables à long terme, aussi bien sur le plan financier que du côté de l’opinion publique, de plus en plus hostile à ce genre d’interventions loin de leurs frontières. Contentons-nous, à ce sujet, de rappeler la grande polémique suscitée tout dernièrement, par la mort des dix soldats français en Afghanistan.

    Tout le monde sait que la politique de surenchère menée par l’occident n’inquiète aucunement les Islamistes qui n’ont, disent-il, rien à perdre. Les USA enlisés aujourd’hui en Irak, en Afghanistan voire au Moyen Orient et au Soudan, ont-ils le droit de s’engager en Iran et peut-être demain au Pakistan ?

    Qui nous dit d’ailleurs que la question du nucléaire iranien n’est pas un piège tendu aux Américains par le régime des Mollahs, et une mesure stratégique pour disperser encore davantage leurs efforts ?
La Russie n’a-t-elle pas un rôle secret dans ce conflit, comme elle en a certainement un, dans l’armement et l’entrainement des Irakiens et des Afghans ?

                       LES RELATIONS ISLAMISTES ET OCCIDENT 

                                      DANS LE FUTUR 

     La presque totalité des observateurs qui suivent de près l’évolution de la situation en Iran, au Moyen et proche Orient condamnent la politique menée dans la région, par les uns et par les autres. Ils reprochent aux Islamistes de baser toute leur défense sur le terrorisme dont ils font leur seul moyen d’action, comme ils blâment les Occidentaux de ne savoir parler que le langage des armes. L’utilisation de la force n’est pas ou n’est plus le meilleur moyen de convaincre les peuples. Cela a été démontré jadis au Vietnam, en Algérie et aujourd’hui encore en Irak et en Afghanistan. Les Occidentaux devront à l’avenir prendre en considération l’intérêt des pays producteurs de matières premières, savoir respecter leur dignité et accepter un partage équitable des profits.

    Les Islamistes quant à eux doivent à leur tour, admettre que l’avenir de leurs pays dépend de leur bonne entente avec les autres et notamment avec l’Occident dont ils ont beaucoup à apprendre. S’il n’y a plus de conflit armé entre
la France et l’Allemagne ou entre le Japon et les USA, c’est parce que chacun a compris que l’avenir de l’un ne peut pas se construire au détriment de l’autre. L’avenir de l’humanité réside dans la cohabitation, le respect mutuel des peuples, de leurs religions, de leurs traditions et  SURTOUT, DE LEURS INTERÊTS. 

 

                                                                                                          Mohamed  BOUHOUCH 

   

    

     

   

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