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L’UNION DES PAYS DE L’AFRIQUE DU NORD (U P A N)

                

        Depuis leur accession à l’indépendance au milieu du siècle dernier, les pays du Maghreb n’ont pas cessé de rêver à une union qui ferait d’eux une région économiquement et stratégiquement importante.

        Lancée le 17 Février 1989 à Marrakech, au Maroc, entre l’Algérie,
la Libye,
la Mauritanie, le Maroc et
la Tunisie, l’union du Maghreb arabe est restée jusqu’à présent, un projet encore au point mort et handicapé de naissance. Ayant suscité un immense espoir parmi la jeunesse de ces pays, l’UMA semble avoir été victime des ambitions et des susceptibilités de quelques uns de ses propres fondateurs.

         Les débuts furent pourtant prometteurs. De 1989 à 2002, les chefs d’Etats des cinq pays se sont rencontrés six fois :

-         Sommet constitutif tenu à Marrakech les 16 et 17 février 1989, avec la signature du traité constitutif, entré en vigueur le 1er juillet de la même année.

-         Sommet de Tunis tenu du 21 au 23 juillet 1990 concrétisé par l’établissement d’un accord de principe sur la création d’une union douanière, et sur la signature de  conventions (Echange de produits agricoles, garantie des investissements et la non double imposition.)

-         Sommet de Ras Lanouf en Libye, les 10 et 11 mars 1991 qui a vu l’adoption des grandes lignes de la stratégie maghrébine commune de développement, et de deux conventions, l’une commerciale et tarifaire et l’autre sur la création d’une banque d’investissement et de commerce extérieur.

-         Sommet de Casablanca les 15 et 16 septembre 1991 au cour duquel fut établi un accord sur le système de paiement bilatéral unifié entre les banques centrales d’investissement et un accord non écrit sur une distribution des postes, donnant le siège du secrétariat de l’UMA au Maroc, celui du secrétaire général à
la Tunisie, celui du conseil consultatif à l’Algérie, de l’instance judiciaire et de la banque de développement et du commerce extérieur à
la Mauritanie et à
la Libye le siège de l’Académie des sciences et l’Université maghrébine

-         Sommet de Nouakchott les 10 et 11 novembre 1992

-         Sommet de Tunis les 2 et 3 avril 1994 qui a décidé la création d’une zone de libre échange et adopté une convention sur la prévention des infractions douanières.

-         Sommet d’Alger en juin 2002 qui a organisé les structures de l’Union (Conseil de la présidence, conseil des ministres des affaires étrangères, un secrétariat général permanent, un comité de suivi, cinq commissions ministérielles, une assemblée constitutive, composée de 30 parlementaires par pays, avec une présidence tournante et une instance judiciaire.

          Ce fut là, la dernière rencontre plénière des chefs d’Etat de l’UMA.

           En dehors de quelques rares réunions de ministres (Habitat, agriculture, énergie et mines, transport, connexion énergétique, promotion des investissements, intégration maghrébine, entre autres), aucune activité notable ou tentative de rapprochement n’ont été enregistrées. La période de 2002 à ce jour a connu une véritable léthargie.

        La question du Sahara Occidental qui oppose actuellement le Maroc et le Polisario ou plus exactement le Maroc et l’Algérie, semble être la principale raison de ce blocage, lequel a certainement d’autres causes, restées jusqu’à ce jour cachées et inavouées. Comme l’a si bien dit Béchir Yahmed  dans Jeune Afrique du 26/6/2003, « L’UMA paralysée, ressemble à un bateau sur cale…fait semblant d’exister…pendant ce temps, les gens sérieux, Européens et Asiatiques dépassent leurs conflits séculiers et construisent de vraies unions »

        Dans un monde arabe déchiré par des problèmes de divergences religieuses et miné par les intrigues des puissances étrangères, une union des pays arabes de l’Afrique du Nord, comme celle des pays du Golfe, ne peut que favoriser leur intégration économique, harmoniser et coordonner leurs relations extérieures et leur permettre de mieux assurer leur sécurité et leur défense.

                        POUR UN MAGHREB ETENDU A L’EGYPTE 

       En attendant que la question du Sahara occidental trouve une solution équitable, un grand nombre d’observateurs politiques et économiques estiment que l’Egypte est un pays dont la vocation, sur les plans géographique, culturel et des conditions sociales, est de faire partie des pays du Maghreb, plutôt que d’être rattaché au Moyen Orient avec les peules desquels elle ne semble pas avoir beaucoup d’affinité.

         Ainsi on verrait naître un ensemble maghrébin avec intégration de l’Egypte et qui prendra l’appellation de : l’union des pays de l’Afrique du Nord 

         Comme on le constate, le vocable « arabe »  contesté par un certain nombre d’observateurs, disparaît de l’appellation, du fait dit-on, qu’un habitant sur trois  de cette région au moins, est d’origine berbère.   

                              PRESENTATION DE CET ENSEMBLE 

                1-   SUR LES PLANS GEOGRAPHIQUE ET DEMOGRAPHIQUE 

      L’UPAN s’étend de l’océan atlantique à la mer rouge, couvre une superficie de 6.300.000 km2 et compte 170 millions d’habitants.

       Située face à l’Europe et ouverte sur trois espaces maritimes d’une extrême importance, l’UPAN compte 9700 kilomètres de cotes environ, avec 3700 sur l’Atlantique, 5200 sur
la Méditerranée  et 800 sur

la Mer Rouge, avec deux passages stratégiques : le détroit de Gibraltar et le Canal de Suez.

       Les peuples de cette Union sont issus de la même ethnie et appartiennent à la même communauté de langues (arabe et berbère), et de religion (l’Islam), sont pratiquement au même stade de décollage économique et culturel. Ayant tous été colonisés, ils ont comme l’a souligné Nacera Rech, journaliste (Allemagne), ce trait commun d’être «  trop européanisés pour être Arabes   mais trop arabisés pour être Européens ». Ces pays connaissent également, aujourd’hui, un certain nombre de problèmes communs : développement de sectes religieuses, forte natalité, taux d’analphabétisme encore assez élevé, faible taux de croissance du PIB, émigration vers l’Etranger, disparité des classes sociales, institutions démocratiques encore très timides, pouvoir personnel des chefs d’Etat contrastant avec le besoin d’émancipation d’une jeunesse aux ambitions démesurées, qui aspire à un présent assuré et un avenir meilleur.

                    2-      SUR LE PLAN ECONOMIQUE

            Les richesses de la région nord africaine sont variées et assez importantes :

      AGRICULTURE : Céréales, maraîchage, agrumes, vigne, olivier, coton, arbres fruitiers, élevage.

      MINES                : Hydrocarbures (Algérie et Libye), phosphate (Maroc), fer (Mauritanie) etc.

      POISSON           : Grande richesse halieutique (cotes très poissonneuses notamment au Maroc et en Mauritanie

      INDUSTRIE       : Confection, agroalimentaire, pétrochimie, matériaux de construction, petite et moyenne entreprises.

      TOURISME        : Région très sollicitée pour son climat et son infrastructure touristique

(Egypte, Maroc, Tunisie).

 

                  
LA LIBERATION DES PEUPLES PASSE CEPENDANT   

                               AVANT L’UNION DES ETATS      

   Les six pays de l’Afrique du Nord présentent donc beaucoup de points communs et possèdent tous les moyens humains et les richesses pour constituer une communauté économique fiable. Mais est-ce suffisant pour pouvoir édifier une société de peuples libres, gérée par des institutions réellement démocratiques, une société où le citoyen a le droit de s’exprimer librement et de choisir librement ses représentants.

      Les six Etats concernés par l’Union des Pays l’Afrique du nord, objet de cet article, ne présentent pas, aujourd’hui tous les critères  pour constituer une entité démocratique.

      L’Egypte,
la Libye,
la Tunisie sont présidés par des militaires dont les mandats durent depuis plusieurs années. Les présidents égyptien et libyen espèrent même se faire succéder à la tête de l’Etat par leurs propres fils. En Algérie ce sont toujours les hommes du FLN qui détiennent  le pouvoir, chapeautés par les hauts gradés de l’armée. Pour des raisons que seuls les généraux connaissent Chadli Benjedid a été écarté de la présidence sans aucune explication et le président Boudiaf a été assassiné, et tous les deux pour avoir voulu se libérer de l’emprise de la junte militaire. En Mauritanie le seul président issu, soit disant, d’élections libres vient d’être limogé par l’armée, maîtresse du terrain et des institutions. Au Maroc, le premier ministre n’a aucun pouvoir réel. Le gouvernement marocain fragilisé dés sa formation, par sa composition hétéroclite, semble n’être en fait qu’une institution de façade.

    Comment dans de telles conditions peut-on faire démarrer le train de l’Union ? Comment peut-on concevoir, dans cet ensemble déchiré, aux membres enfermés sur eux même, une politique étrangère ou de sécurité communes et une économie intégrée ?   

    Aucune union entre ces Etats, ne sera durable tant que leurs dirigeants continueront de concentrer tous les pouvoirs entre leurs mains, tant qu’il n’y aura pas une totale liberté d’EXPRESSION et de RELIGION… L’UPAN, ce n’est pas six chefs d’Etats mais six peuples et 170 millions d’êtres humains qui doivent être les premiers concernés et maîtres de leur destin et de  toutes les décisions qui engagent l’avenir de leurs pays.      

   

                             

             

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