SARKOZY EST LA ET SERA TOUJOURS LA EN CAS DE VICTOIRE DE LA DROITE

24 juin 2017

Depuis le début de la campagne pour la primaire à droite, les attaques personnelles entre les candidats font rage, ce qui n’est pas de nature à plaire aux Français. Chaque prétendant à la magistrature suprême a bien entendu, dit-on, le droit d’exposer son projet, de faire état de ses idées pour le travail et l’emploi, pour la lutte contre le terrorisme ou la question du voile et du maillot de bain islamique (burkini), mais de là à s’attaquer, à coup de hache, à un adversaire dans le but de le salir n’est pas du tout admis. C’est un hors jeu politique. 

Un futur président, pour être crédible et acquérir la confiance des électeurs, doit leur dire en toute clarté, ce qu’il compte faire, une fois élu, et non pas passer toute sa campagne électorale à critiquer ses concurrents ou se référer à une personnalité historique (De Gaulle ou Jean Jaurès) et s’en prévaloir comme d’une une caution. Les grandes figures politiques françaises ont fait leur temps et appartiennent désormais au passé. Nos candidats doivent aujourd’hui nous dire ce qu’ils comptent prendre, EUX, comme mesures urgentes pour créer des emplois, pour une meilleure politique en matière d’économie, d’enseignement et de sécurité.

Leurs discours, pour être pris au sérieux, doivent s’appuyer sur des chiffres et des arguments crédibles et non pas sur des promesses sans lendemain. Une chose qui alimente actuellement l’incertitude des électeurs et crée quelque confusion dans leur esprit est le fait qu’au sein d’une même formation politique, les points de vue et les positions sur certains sujets importants sont très divergents voire opposés d’un prétendant à un autre. Or comme chacun le sait, une fois élu n’importe quel candidat est tenu de diriger le pays avec le concours de ses anciens concurrents dont il es tenu de prendre considération, certaines idées et une partie de leur projet.

En effet, après l’élection présidentielle viendront les législatives. Et là, par exemple à droite, on verra l’émergence de plusieurs groupes parlementaires, faisant allégeance à l’un ou l’autre des anciens concurrents, avec lesquels l’ELU devra obligatoirement s’entendre pour former une majorité gouvernementale. Dans ces conditions si Alain Juppé est élu président de la République française, comme le prévoient actuellement les sondages, il ne pourra pas gouverner sans l’aval des autres prétendants de son parti et du centre.

Nicolas Sarkozy, qu’on le veuille ou pas, aura à coup sûr un nombre important de parlementaires qui lui resteront fidèles au sein de la future assemblée, une force indéniable que l’ancien président de la République fera prévaloir pour obtenir un certain nombre de postes ministériels au « prochain » gouvernement de droite, en cas de victoire bien entendu de cette tendance. Qu’il soit donc ou non le futur locataire de l’Elysée, Sarkozy sera toujours là, bien présent dans la politique française, étant donné son audience auprès d’un grand nombre de Français et plus particulièrement ceux qui l’ont élu hier encore, à la présidence du parti Les Républicains.



Sur le même thème

La répression peut-elle arrêter le printemps arabe ?

5 août 2014

  

 

  Après les événements qu’a connus l’Egypte dernièrement et la démission du Général Moubarak, les électeurs égyptiens ont donné leurs suffrages aux Islamistes et choisi démocratiquement  le docteur Mohamed Morsi comme président. La mauvaise gestion des affaires de l’Etat durant les trente années de « règne » du président militaire et la situation catastrophique que connaissait le pays sur les plans économique et social avaient conduit le peuple à se soulever contre le régime en place et à opter pour un gouvernement islamiste. L’Egypte n’est pas le seul pays arabe où les « barbus » ont accédé au pouvoir. La Turquie, la Tunisie, le Maroc et peut être demain bien d’autres pays de la région iront dans la même voie.

       Les Etats-Unis et d’une manière générale l’Occident ainsi que certains Etats arabes, vassaux de l’Américaine qui n’acceptent pas cette avancée fulgurante des religieux, sont–ils en mesure de la combattre indéfiniment ?

         Le 3 juillet 2013 Mohamed Morsi, président de l’Etat égyptien a été écarté par l’armée et retenu depuis dans les locaux de la garde républicaine. Cette mesure a été prise selon les responsables militaires à la suite des manifestations anti- Morsi au Caire et dans les grandes villes égyptiennes. Les hommes de la tenue expliquent leur décision par une question d’ordre et de sécurité. La volonté populaire qui s’est faite unanimement, selon eux, pour le départ de Morsi et la pression grandissante de la rue (14 millions de manifestants) leur faisaient un devoir de décharger le président de ses fonctions et de le mettre à l’abri. Parole de militaire, parole sacrée avec odeur de poudre.

        Supposons un seul instant que l’armée française ait tenu le même langage à la suite des manifestations contre le mariage pour tous, ces rassemblements humains qui avaient envahi les places publiques dans la plupart des grandes villes françaises. Supposons que les armées espagnole ou italienne aient également agi de cette façon après les événements qu’ont connu ces pays. Nous savons que ce n’est ni possible ni même imaginable dans un pays européen. Les protestataires de la place Tahrir au Caire, quel  qu’ait été leur nombre, ne constituaient aucun danger  pour la république égyptienne. De plus il n’y avait ni morts ni blessés graves. Pourquoi dans ces conditions s’en prendre au président Morsi et le décharger de ses fonctions ?

         Avant d’intervenir, l’armée suivait les événements en spectatrice pour ne pas dire comme instigatrice, selon de nombreux témoins. Aujourd’hui elle estime que les Islamistes dans la rue constituent un danger pour la sécurité. Les forces de l’ordre  tirent à balles réelles sur les manifestants, faisant des dizaines de victimes. Les adeptes du président déchu dénoncent partout ce qu’il appellent le coup d’Etat militaire. Ils crient d’une seule voix « nous sommes la légalité, nous sommes la révolution. Notre président qui a été élu par l’intermédiaire des urnes, ne peut être déchu que par les urnes. » Dans la plupart des pays arabes où le petit peuple est beaucoup plus proche des islamistes, on considère que l’armée égyptienne a commis une avanie et  une offense impardonnable à l’égard de ce grand peuple des Pharaons. Quelques moyens audio visuels contrôlés par l’Etat ont tendance à confondre aujourd’hui  ARMEE ET VOLONTE POPULAIRE, ce qui est rejeté par l’ensemble des observateurs pour qui les militaires n’incarnent pas le peuple et ne doivent en aucun cas se substituer à sa volonté.

       Maintenant essayons d’approfondir autrement les choses pour mieux comprendre ce qui se passe réellement dans ce pays du Nil. L’Egypte est une place stratégique et une plaque tournante dans le Moyen Orient, une contrée riche, convoitée par toutes les grandes puissances, une région qui abrite l’Etat d’Israël dont le conflit avec ses voisins arabes  n’arrive pas à trouver de solution. Les Etats-Unis qui sont les gendarmes du monde ne peuvent pas, par conséquent, ignorer ce qui se passe dans cette partie du monde, ni y tolérer une prépondérance de régimes islamistes, susceptibles de créer un déséquilibre dangereux des forces en présence Voila toute la réalité ! L’armée en Egypte  est une institution supra nationale. Les USA qui la subventionnent en grande partie,  en font une force pro américaine dont l’influence dépasse les frontières de ce pays. Après la chute du Général président Moubarak, l’autorité américaine s’exerce directement sur cette force armée, une base militaire déguisée.  Tout homme avisé en politique doit comprendre cette analyse.

       Le président Morsi qui était certainement conscient de la situation,  s’était justement attelé, avant d’être écarté, à retirer aux gradés militaires un certain nombre de fonctions clé dans le pays et à nommer à leurs places des Islamistes de sa confrérie. Certains secteurs importants de l’économie égyptienne détenus par des cadres militaires étaient sur le point d’être nationalisés, une avancée dangereuse et gênante sur un terrain que les gens de la tenue ont de tout temps considéré comme étant leur domaine propre. D’où le conflit ouvert entre armée et frères musulmans.

       La situation en Egypte est donc très délicate. Pendant combien de temps en effet l’armée peut elle continuer à  tenir en laisse des Frères Musulmans déchaînés et prêts à sacrifier leurs vies pour rester au pouvoir et se dégager de cette emprise des militaires. Tous les peuples de la région sont actuellement en ébullition et tentent d’une manière ou d’une autre de secouer le joug de leurs dictateurs émirs ou présidents à vie, manipulés par les Etats-Unis. L’Arabie Saoudite et les Emirats qui ont été les premiers à reconnaître le nouveau régime égyptien, n’ont–ils pas également été les premiers à accorder à l’Egypte une aide substantielle en dollars ?

      Cette politique américaine impérialiste qui consiste à combattre des mouvements religieux et nationalistes  soutenus par les masses populaires et à protéger leurs vassaux arabes, ces familles d’émirs et sultans vomis et rejetés par leurs peuples, est à notre avis une politique révolue.  L’avenir confirmera ce que nous venons d’écrire ici. Nous l’avons dit et répété plusieurs fois dans ces colonnes : si la jeunesse arabe adhère aux idées des Islamistes ce n’est pas tellement par attachement religieux par un sentiment d’hostilité envers l’Europe ou les USA.  Les jeunes musulmans veulent sortir de leur misère et s’épanouir. Ils n’admettent plus que les élites vivent dans des palais et palaces, envoient leurs enfants dans les grandes universités et qu’ils continuent, quant eux, à se mouvoir dans une société malsaine et à croupir dans les bidonvilles. Voyez comment les Européens se révoltent et passent à la casse chaque fois que leurs gouvernements osent toucher à leurs intérêts et à leur train de vie quotidien.  Pourquoi refuse-t-on un tel droit aux autres peuples ? Disons enfin que la jeunesse musulmane s’est réveillée à son tour et suit de près tout ce qui se passe et se fait dans le monde. Le temps des dictatures militaires et des royautés absolues appartient maintenant au passé. La révolution arabe est irréversible ! L’Occident doit le savoir s’il désire jouir de la confiance des peuples de Moyen Orient et du Maghreb..

 

OUSSAMA BEN LADEN : Pour les uns et pour les autres

9 mai 2011

                      

 

       En Occident comme au Moyen Orient ou en Afrique, des millions de gens ont exprimé leur soulagement après l’annonce par Washington  de la mort de l’homme le plus recherché de la planète. Il est maintenant certain qu’Oussama Ben Laden ne constituera plus une menace pour personne. La date du 2 mai 2011  restera à jamais gravée dans les mémoires comme l’est et le sera toujours celle du 11 septembre 2001 à laquelle elle est d’ailleurs étroitement liée.

      Même mort, Ben Laden continuera et, pour longtemps encore, à incarner la triste image d’un être méchant et dangereux, l’instigateur et le commanditaire des nombreux événements terroristes qui ont ensanglanté le monde durant les quinze dernières années. Les réactions internationales furent unanimes à saluer la disparition du leader de

la Qaïda. Georges W. Bush a déclaré s’incliner devant la victoire de son successeur. Pour lui il s’agit « d’une réussite capitale » Pour le premier ministre britannique : «  c’est un grand soulagement pour le monde ». Le même sentiment de satisfaction a été exprimé un peu partout ailleurs. L’élimination de Ben Laden a été considérée comme :

           Un événement majeur  (Nicolas Sarkozy)

           Une victoire pour la justice (Benjamin Netanyahu)

           Un succès pour Washington (Russie)

           Un pas décisif dans la lutte contre le terrorisme (Gouvernement espagnol)

           Une victoire du Bien contre le Mal (le ministre italien des affaires étrangères)

     Le Vatican,
la Turquie et d’autres pays de par le monde ont également salué l’événement.

      Bien entendu la mort du chef de
la Qaïda ne signifie nullement la fin des actions terroristes contre l’Occident. Oussama est peut être passé dans l’autre monde, mais le terrorisme va continuer. Nous avons dit « peut-être » parce qu’un grand nombre de personnes, notamment dans le monde musulman pensent que Ben Laden n’a pas été tué mais capturé vivant et confié aux services de renseignements américains pour, avant son élimination, être d’abord interrogé sur :

            - l’organisation de la nébuleuse islamique 

            - son implantation géographique à travers les cinq continents 

            - la provenance de ses moyens financiers 

            - ses méthodes de recrutement, d’endoctrinement et d’entraînement 

            - ses moyens de communication et de correspondances 

                ETC. 

    Personne au monde arabe ne croit en effet l’hypothèse, pour ne pas dire la mascarade de la mort et de l’immersion en mer de cet homme recherché depuis plusieurs années. L’explication donnée par l’administration OBAMA à savoir : éviter de faire de la tombe de Ben Laden un lieu de pèlerinage, n’a convaincu personne. La villa où il a résidé jusqu’à la dernière heure pourrait bien constituer à l’avenir le meilleur sanctuaire pour ses amis et partisans. Pour le monde musulman la photo montrant la tête de Ben Laden mort n’est, pense-t-on, qu’un montage effectué par les services de renseignements américain.

    Il est toutefois certain que le fait de chercher à éviter de choquer l’opinion de la communauté islamique qui redoublerait de haine et de fureur contre les Occidentaux en voyant le cadavre ensanglanté et défiguré de Ben Laden, est la meilleure preuve qu’Américains et Européens sont bien conscients de l’importance de la place qu’occupait et qu’occupe encore cet homme dans le monde islamique. La télévision a montré les images d’une prière au Pakistan où l’on voyait des fidèles pleurer à chaudes larmes, les mains levées au ciel. D’autres, montrant le poing face aux caméras en signe de menace, juraient de venger leur idole.

    Pour un grand nombre de jeunes musulmans  Oussama Ben Laden n’est pas un personnage quelconque. C’est un archi milliardaire qui avait, dit-on, tous les moyens pour mener une existence de rêve et briguer les plus hautes fonctions dans son pays. Eh Bien cet homme là  a pourtant opté, ajoute-t-on, pour une vie austère, dans les cavernes de l’Afghanistan pour réaliser un idéal auquel il croyait fermement, à savoir :
LA LIBERATION ET L’UNIFICATION DU MONDE MUSULMAN.  C’est pourquoi affirme-t-on, il restera à jamais pour les générations futures, le symbole du sacrifice et de la lutte contre l’impérialisme, les régimes arabes corrompus et un initiateur qui aura œuvré «  à sa manière », pour l’édification d’une société islamique saine, libre et prospère. 

     Il reste cependant que la méthode choisie par Ben Laden et ses acolytes pour réaliser ce rêve, n’était pas et n’est pas du tout la bonne. Tuer des milliers de personnes innocentes, endeuiller des familles entières pour soit disant porter atteinte à un ennemi qualifié d’impérialiste ou pour réaliser un idéal quelconque n’est pas acceptable. Le  triste souvenir laissé par les guerres mondiales (1914 et 1945), les carnages et dégâts matériels causés par les bombes atomiques  larguées sur Hiroshima et Nagasaki  incite aujourd’hui tous les pays du monde à vivre en paix. Certes, il existe encore beaucoup d’injustice, une exploitation des petits Etats par d’autres plus puissants et des régimes dictatoriaux. Mais nous estimons que ce ne sont pas des fanatiques comme les hommes de
la Qaïda ou leurs méthodes terroristes qui vont libérer le monde et instituer la justice et la démocratie. Parler de guerre sainte et se référer au Coran et à l’Islam pour justifier une action subversive aboutirait en fin de compte à diaboliser les Musulmans et à raviver les haines religieuses lesquelles n’ont plus, à notre avis, raison d’être en notre temps.

  

  

 

 

 

 

 

 

 

           

LA LIBYE : l’enlisement coupable

9 mai 2011

          

      

     Les manifestations contre le régime Kadhafi ont débuté le 17 février 2011. Une semaine après, presque tout le monde croyait à une chute inéluctable du dictateur et à une victoire certaine des insurgés. La communauté internationale a été malheureusement surprise par le caractère violent et impitoyable de la contre attaque de l’armée et plus particulièrement des bombardements  meurtriers de l’aviation qui tirait sur les civils comme sur des mouches.  Le conseil de sécurité ayant décidé de venir au secours des populations civiles, un certain nombre de pays  se sont alors investis dans le conflit et commencé à viser des cibles militaires libyennes.

      Les premières frappes ont été effectuées  les 19 et 20 mars par
la France, l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Italie et le Canada « Aube de l’Odyssée » avant que l’OTAN ne prenne en main le commandement des opérations une semaine après. La presque totalité de l’aviation de l’armée libyenne a été, nous a-t-on dit, clouée au sol ou complètement détruite. D’où le grand soulagement de la communauté internationale qui croyait déjà à la déroute du régime de Tripoli. Des informations très encourageantes en provenance de l’Est, du Centre ou de l’Ouest du pays nous apprenaient chaque jour que les insurgés s’emparaient de telle ou telle ville stratégique et du recul presque quotidien des forces gouvernementales. Seul Mouammar Kadhafi refusait de croire à une telle déroute de son armée. Au contraire il a continué comme à son habitude à menacer les alliés et à leur promettre la pire débâcle.  

    Ne pouvant plus utiliser son aviation le président libyen a changé de méthode guerrière et opté pour une stratégie plus efficace à savoir l’utilisation de blindés avec des boucliers humains, ce qui entravait terriblement l’action des Alliés. Certaines localités annoncées comme étant conquises par les insurgés ont été, les unes après les autres, reprises par les forces gouvernementales. Et, au fil des jours qui passaient les informations les plus alarmantes et les déclarations les plus pessimistes commençaient à tomber.

    Le général BURCKHARDT, porte parle des armées françaises reconnut dernièrement que la situation était complexe, du fait comme nous l’avons dit que les responsables libyens avaient modifié leur mode d’action. Pour sa part le général américain CARTER HAM a estimé peu probable que les rebelles parviennent à lancer un assaut sur Tripoli pour renverser Kadhafi. Disons enfin que de hauts cadres de l’OTAN ont fait état de leur crainte d’un enlisement en Libye. 

 http://www.lefigaro.fr/international/2011/04/08/01003-20110408ARTFIG00368-l-otan-craint-un-enlisement-en-libye.php 

   Pendant ce temps un certain nombre de pays ont exprimé leur inquiétude au sujet d’une situation qui ne cesse de s’empirer et dont on ne voit nullement l’issue. Le nombre des victimes civiles s’accroît de jour en jour, les produits alimentaires et les médicaments se font de plus en plus rares.
La Russie commence à hausser le ton accusant l’OTAN d’avoir outrepassé les recommandations de
la Résolution 1973. Les Etats-Unis pensent déjà aux élections de 2012 et ne désirent en aucun cas s’engager dans un autre bourbier. Ils refusent d’autre part de fournir des armes aux insurgés de peur disent-il, que cet armement serve  plus tard aux Islamistes.  C’est là une excuse sans fondement car les organisations subversives ont plusieurs fournisseurs d’armes.
La Chine, l’Inde et le Brésil ne cessent pas à leur tour de manifester leur désaccord à propos des actions des occidentaux sans oublier la froideur de quelques pays arabes dont l’Algérie en particulier. Un grand nombre d’observateurs n’hésitent pas aujourd’hui à parler carrément d’échec, d’impasse, de blocage et d’enlisement. 

    Certains pays comme
la Turquie cherchent même actuellement à trouver une solution de compromis qui permettrait un cessez le feu pour préserver les vies humaines. Le président du gouvernement turc qui craint dit-il une «  irakisation » de
la Libye  n’exclue pas le maintien au pouvoir de Kadhafi dans le cadre d’un régime soit disant plus démocratique. C’est là une solution qui peut être grave de conséquences. Comment imaginer en effet le comportement du colonel et de ses fils avec leurs anciens adversaires ? Et peut-on également croire réellement à un changement de tempérament ou de méthodes de commandement de cet homme qui a passé 42 ans de sa vie à exercer un pouvoir absolu et sans partage ?  Quelle serait dans ce cas l’attitude du président libyen vis-à-vis de
la France et de

la Grande Bretagne notamment ? Et comment Sarkozy et le chef du gouvernement britannique pourront-ils affronter leurs opposants respectifs ? La plupart des observateurs qui suivent de près la situation en Libye pensent que les services de renseignement occidentaux avaient certainement sous estimé les forces de Kadhafi, ce qui a poussé leurs armées à se  lancer trop hâtivement dans l’aventure, D’autres encore se demandent si les opérations militaires libyennes ne sont pas organisées et programmées par des experts russes mis par Moscou à la disposition de Tripoli. Hypothèse qui n’est pas à exclure. 

      Les intervenants en Libye se trouvent aujourd’hui dans l’obligation d’aller jusqu’au bout et ce, aussi bien dans l’intérêt des Libyens eux-mêmes que ceux de la communauté internationale qui doit se débarrasser d’un chef d’Etat fou et sanguinaire. Le maintien de ce potentat à la tête de
la Libye constituerait un danger permanent au sein de cette région méditerranéenne dont l’Europe, l’Afrique et le Proche Orient veulent en faire un lac de paix, de prospérité et d’entente entre ses différents peuples.

     Les pays de l’OTAN comme d’ailleurs toute la communauté internationale n’ont pas le droit de s’arrêter à mi chemin, de se laisser enliser ou de se faire intimider par un homme qui, sachant qu’il est condamné, est en train de jouer le tout pour le tout. Fournissons donc les armes nécessaires à ce peuple pour se libérer et essayons d’organiser ses combattants qui n’ont aucune expérience militaire. Les abandonner à leur sort serait commettre un crime que l’histoire ne  pardonnerait jamais. 

         

LES REVOLUTIONS ARABES: Vues à travers le prisme géopolitique

9 mai 2011

                        

 

 

       

 

    Le monde arabe connaît depuis quelques semaines une effervescence exceptionnelle. De l’océan atlantique au golfe persique les mouvements de contestation se sont propagés comme une traînée de poudre, gagnant presque tous les Etats de la région. Royautés, émirats ou républiques, pas un seul  régime n’est épargné.  Aucun service de renseignent occidental, même
la CIA,  n’a prévu ce sursaut des arabes, surtout avec une telle ampleur et une telle intensité.  

       Il est vrai qu’il existe dans ces pays une certaine opposition mais qui agit soit par des acteurs basés à l’étranger soit dans la clandestinité soit timidement et en sourdine. Les plus téméraires sont jugés et jetés dans les prisons. Des chefs d’Etat comme Kadhafi ou Asad ne tolèrent pas en effet que ce qu’ils considèrent comme des « politicards intrigants » se permettent de s’immiscer dans leur manière de gouverner. Les décisions de sa Majesté ou de Son excellence le président  ne sont-elles pas toujours  les meilleures et les plus sages ? 

      Ces dirigeants trouvent même un plaisir à rappeler à chaque occasion, le calme qui règne dans leurs « royaumes » qu’ils présentent comme étant la meilleure  preuve du bonheur dans lequel baignent leurs peuples et qui justifie selon eux, leurs « mandats à vie » à la tête de leurs pays. Jusqu’à l’année dernière les Moubarak et les Ben Ali n’étaient-ils pas aux yeux des occidentaux des chefs d’Etat amis?
La France,

la Grande Bretagne et encore moins les Etats-Unis avaient-ils jamais soufflé le moindre mot au sujet des élections et réélections interminables de ces Raïs arabes ou des grosses  fortunes qu’ils mettaient à l’ombre dans des banques étrangères?

       Pourquoi
la Russie et
la Chine ont-il beaucoup hésité avant de laisser passer la résolution       1973 de l’ONU ?  Eh ! Bien, au même titre que l’Egypte et
la Tunisie sont des amis pour l’occident,
la Libye,
la Syrie et l’Algérie sont les alliés traditionnels des pays de l’Est. Si jamais dans les prochains jours l’ONU est appelée à voter une résolution semblable à celle n° 1973 contre Bachar Asad ou la junte militaire algérienne il faut s’attendre à coup sûr  aux veto de
la Russie et de
la Chine et peut être même celui de
la France étant donné l’importance des relations humaines et économiques qui lient  ces grandes puissances avec ces pays. Le colonel Kadhafi qui a commis tant de crimes à l’intérieur comme à l’extérieur de
la Libye et jugé trop arrogant n’a pas, quant à lui, mérité cet égard en dépit d’une certaine sympathie de Moscou.

       Mais peut-on imaginer un seul instant que Washington puisse un jour venir au secours des populations opprimées dans les pays du Golfe ou condamner  le piétinement des droits de l’Homme au Koweït, à Oman et Bahreïn ?  Non les USA ne pourront pas le faire !Tous ces pays abritent des bases américaines et leur sol est riche en pétrole.

http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/empireamericain

      Cette région du Proche et Moyen Orient a toujours fait l’objet de convoitise et constitue pour les grandes puissances un appât économique et stratégique très important. Il en est de même s’agissant de
la Syrie qui reste, pour
la Russie, une fenêtre sur la méditerranée, un ami fidèle et un client pour la vente du matériel militaire et les échanges commerciaux. Néanmoins, ce ne sont là que des calculs à court et moyen termes. Le monde arabe est en constante évolution dans tous les domaines. Ses peuples et notamment sa jeunesse entrevoient l’avenir avec beaucoup d’ambition, exigeront désormais de leurs dirigeants l’élection d’instances parlementaires responsables et une plus grande démocratie. Et ce sera avec ces peuples et cette jeunesse que l’Occident devra traiter dans les années à venir et non plus avec des rois octogénaires maintenus au pouvoir et téléguidés  par les chancelleries étrangères. Je ne dirai rien des organisations islamistes, très actives dans les pays du Golfe et qui accordent aujourd’hui à
la Qaïda  l’essentiel de leurs moyens d’action. Rien ne sert de les combattre, puisque cela  ne fait qu’exacerber la haine de ces fanatiques qui voient en l’Occident un grand ennemi de l’Islam. C’est là une triste réputation qu’Européens et Américains devront absolument s’employer  à détruire. Les jeunesse arabe et musulmane  garderont toujours en mémoire  l’intervention en Irak, avec son carnage de milliers  de morts de personnes innocentes dont des femmes et des enfants ainsi que le soutien inconditionnel accordé à des régimes arabes impopulaires.

        Il est donc temps pour les USA comme pour l’Europe de concevoir dans leurs rapports avec le monde arabe une politique plus réaliste avec une vision à long terme et non pas des relations de circonstance et d’intérêt immédiat.

    

L’ISLAM ET L’EUROPE :UNE RELIGION QUI FAIT PEUR

9 mai 2011

                   

 

     Depuis quelques temps, il semble qu’un certain nombre d’Européens sont de plus en plus incommodés par ce qu’ils appellent l’envahissement de leur pays par l’Islam : multiplication des mosquées dont le nombre commence à égaler sinon à dépasser celui des églises, des minarets qui poussent comme des champignons. Partout la voie publique est occupée par des gens qui font la prière en groupe, avec leurs chaussures jetées ça et là. Evoquant ces « prières de rue », Marine Le Pen a parlé d’occupation du territoire sans « blindés ni soldats dit-elle mais une occupation tout de même

     Partout on côtoie des femmes portant un foulard. Partout on rencontre des barbus. Bref le paysage européen est-il en train de changer ?  Le nouveau ministre de l’Intérieur Claude Guéant s’est même demandé si les Français étaient bien encore chez eux. Dernièrement à Nantes, l’ex secrétaire de l’Elysée a déclaré que « Il est clair que les prières dans les rues choquent un certain nombre de concitoyens. Et les responsables des grandes religions ont bien conscience que ce type de pratiques leur porte préjudice. En 1905 il y avait dit-il très peu de Musulmans en France. Aujourd’hui il y en a entre 5 et 10 millions »

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Politique/Actu/Claude-Gueant-et-l-accroissement-du-nombre-des-musulmans-267805/

     Cette hantise de l’Islam ne se limite pas aux Français. Craignant une islamisation rampante de
la Suisse,  57 % des Helvétiques ont voté en 2009 l’arrêt de la construction des minarets, symboles de la religion musulmane. Pour certains la silhouette stylisée de ce monument évoque pour eux, disent-ils, des missiles. Le même problème préoccupe également les habitants de
la Belgique. Le sociologue Olivier Servais, professeur à l’Université de Louvain a manifesté son inquiétude de voir, dans 15 à 20 ans, les pratiquants de l’Islam devenir, en raison de leur forte natalité, la majorité des habitants belges. Il affirme que la capitale européenne serait par conséquent à l’avenir  une ville musulmane :

http://www.pointdebasculecanada.ca/breve/388-belgique-lrsquoislam-1iere-religion-a-bruxelles-dans-20-ans.php.

       Ce ne sont là que quelques exemples pris au hasard pour illustrer cet article. Le problème devient de plus en plus préoccupant et inquiétant en Europe où le paysage, comme nous l’avons dit plus haut, a complètement changé ces dernières années. En réalité ce n’est qu’une projection sur la scène européenne de ce qui se passe aujourd’hui dans l’ensemble du monde musulman. Il y a deux ou trois décades les mosquées maghrébines, en dehors de la prière du vendredi, ne faisaient presque jamais le plein. Comment expliquer alors ces derniers temps, l’engouement de la religion chez les Musulmans ? Qu’est-ce qui a motivé chez les jeunes cette exaltation  des sentiments religieux ? Comment la société islamique a-t-elle été gagnée en quelques années, par ce regain d’emballement pour les pratiques religieuses les plus rigoureuses (Habits afghans et barbes pour les hommes, tchador ou voile pour les femmes) ? La réponse est simple. Des dizaines de télévisions par satellite diffusent à longueur de journée des émissions au cours desquelles des doctes en science religieuse      expliquent le Coran et rappellent toutes les recommandations édictées par le Prophète pour une meilleure observation et une bonne application  de l’Islam. Les Musulmans savent aujourd’hui en détail comment l’envoyé de Dieu faisait ses ablutions et sa prière. Et bien entendu tout le monde désire de faire comme lui pour mériter la miséricorde de Dieu

     Beaucoup de jeunes sont quotidiennement branchés sur Internet. Et là de nombreux sites leur apprennent les mérites de la prière en groupe. Une brochure publiée par Dar Al Watan et traduite de l’arabe par l’association « Aux Sources de l’Islam » rapporte les paroles du Prophète au sujet de la prière à la mosquée et ses bienfaits, citant entre autres : une récompense décuplée et l’expiation des péchés. 

http://www.bladi.net/forum/106252-merite-priere-groupe/

    Les non musulmans peuvent n’accorder aucune importance à ces recommandations, mais il serait difficile par contre de reprocher à d’autres personnes de les respecter. Le respect de la religion découle de celui des droits de l’Homme. Précisons toutefois que l’Islam véritable a toujours été très souple. Il a prévu un tas d’exceptions tels que la célébration de la prière et du jeûne du mois de Ramadan  pour les gens en voyage ou malades. Avec un petit effort juridique, les Oulémas  peuvent bien se mettre d’accord sur une Fetwa dispensant de la prière en groupe les Musulmans qui vivent dans un pays où l’Islam n’est pas une religion d’Etat. Cela évitera toute polémique à ce sujet et à bien d’autres encore.
La France,
la Belgique,
la Suisse dont nous avons parlé au début de cet article sont des pays laïcs et tiennent à leur identité et à leur paysage. Ils ont parfaitement raison. Il appartient aux Musulmans d’apprendre à vivre bien leur Islam sans que leur croyance n’indispose les autres. 

     La cohabitation exige le respect mutuel et la tolérance.    

 

                                  Mohamed  BOUHOUCH 

.

 

 

LA SYRIE : Pays des coups d’Etat

9 mai 2011

                

 

    
La Syrie est l’une des plus vieilles civilisations du monde. Certains sites archéologiques découverts dans ce pays remontent à presque 2500 ans  avant notre ère. Comme toute la région du Proche Orient
la Syrie a connu, depuis l’antiquité,  de multiples invasions et fut occupée notamment par les Phéniciens, les Hébreux, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Croisés, les Arabes, les Turc ottomans et enfin les Français en1920, un mandat qui a duré jusqu’en 1946.  

      De 1943 à 1970 on a vu se succéder à la tête de ce pays plus de 20 présidents dont une dizaine de militaires, soit en moyenne un chef d’Etat tous les 16 mois ce qui constitue à coup sûr un record d’instabilité politique. La plupart de ces changements ont été effectués à la suite d’un coup d’Etat. La seule année 1949 a connu trois présidents et quatre gouvernements. Dans un article publié dans l’Encyclopédie UNIVERCALIS ses auteurs notent que « Des officiers supérieurs éduqués à l’occidentale précipitent l’avènement d’une série de coups d’Etat. La conscience aigue de leur appartenance à l’arabisme, le traumatisme subi à la suite de la guerre en Palestine et la rancœur des vaincus de 1948 ébranlent le régime »  

http://www.universalis.fr/encyclopedie/syrie/6-le-regime-des-colonels/

     Cette période a été en effet  marquée par la guerre israélo-arabe de 1948, la crise de Suez en 1956, l’union avec l’Egypte (République Arabe Unie) le 1er février 1958, la guerre du 6 octobre 1967, en plus d’une grande activité géopolitique menée par les USA et la grande Bretagne pour d’une part contrecarrer l’action soviétique dans la région et d’autre part trouver un terrain d’entente entre Israël et les pays arabes pour la conclusion d’un accort de paix. Il a fallu attendre l’année 1971 et l’arrivée au pouvoir de Hafez al Asad pour que
la Syrie connaisse enfin une stabilité de régime. Mais à quel prix ?

      Peu à peu le pays se tourne vers l’Est. Les officiers de l’armée sont désormais formés en URSS  qui fournit à
la Syrie la presque totalité du matériel militaire. Un grand nombre de formations politiques qui s’activaient dans le pays sont interdites. Seuls les partis favorables au régimes sont autorisés. Il reste cependant que le BAAS ARABE SOCIALISTE est  le parti du pouvoir qui domine toute la vie politique de
la Syrie, un appareil efficace entre les mains du président pour encadrer les masses populaires, constituer son organe de propagande, d’endoctrinement et bien entendu de contrôle de tous les services de l’Etat. Bachar Al Asad qui a succédé à son père en 2000,  détient l’un des services de renseignent et de sécurité parmi les plus sophistiqués et les plus performants du monde, créé par son père. Ni les services américains ou israéliens n’arrivent à en pénétrer les rouages, ce qui explique la durabilité du régime et l’absence de toute force d’opposition véritable. Signalons à ce sujet que l’état d’urgence décrété en 1963 reste toujours en vigueur.

      La vague des soulèvements populaires qui secoue actuellement le monde arabe va-t-elle enfin inciter le peuple syrien à sortir dans la rue, à biser le silence, à braver la dictature de ce régime oppresseur. L’opposition aujourd’hui bâillonnée sera-t-elle en mesure de remplir convenablement son rôle et de servir  de guide et de porte drapeau à ce peuple opprimé ? Le monde entier le souhaite. Depuis quelques jours les manifestations contre le régime de Bachar Al Asad ont commencé dans plusieurs villes syriennes, pourvu qu’elles continuent et persistent. La tache ne sera pas aisée. En effet, à l’instar de l’Algérie et de
la Libye,
la Syrie est une dictature bien assise, appuyée sur une armée moderne et bien structurée avec des officiers aguerris et un matériel très important. De plus le parti BAAS constitue à son tour une véritable milice et  une police parallèle au service du pouvoir.

                                               Mohamed  BOUHOUCH 

 

 

     

ET SI LA REVOLUTION ARABE : gagnait tous les pays du Golfe

9 mai 2011

                        

     Depuis le 17 décembre 2010 un vent de liberté souffle sur le monde arabe. Ce fut d’abord en Tunisie d’où monta ce parfum de jasmin qui allait embaumer l’Egypte à l’Ouest et
la Libye à l’est. La plupart des observateurs et surtout les peuples de cette région du nord de l’Afrique sont restés toutefois très septiques quant à une chance de voir les gouvernants céder aux pressions de la rue et consentir une concession quelconque. De nombreuses autres manifestations avaient eu lieu en effet dans le passé mais furent vite réprimées et tout rentrait dans l’ordre assurant ainsi la continuité des régimes en place (Kadhafi, Moubarak, Ben Ali).

       Aujourd’hui après la fuite du président tunisien et la démission du Rais égyptien, une lueur d’espoir est apparue à l’horizon politique arabe. Tout  le monde commence à croire au réveil des peuples, On a vu des hommes et des femmes, voire même des adolescents aller au combat au risque de leurs vies, lancer des projectiles divers contre des forces de l’ordre super équipées, supporter avec hardiesse et impétuosité tous les actes de répression,  brûler les portraits de leurs chefs d’état et demander leur départ immédiat. C’est là en effet une belle page que l’Histoire de l’humanité retiendra et inscrira à jamais dans le livre d’or de la lutte pour
la LIBERTE. 

      Bien entendu maintes questions restent posées dans le monde entier quant à l’avenir de ces révolutions. Les moments de l’euphorie passés comment, s’interrogent-on, ces peuples peu habitués aux mœurs démocratiques vont-ils gérer leur nouvelle conjoncture. Les mentalités et les coutumes raciales, tribales et religieuses encore très vivantes dans ces pays, pourront-elles cohabiter et se fondre dans une entité nationale.  Les différentes composantes de ces sociétés seront-elles suffisamment mûres démocratiquement pour accepter le verdict des urnes et vivre dans une communauté de droits et de devoirs où seul l’intérêt national compte? Ce sont là quelques questions seulement parmi celles plus nombreuses que se posent actuellement tous les observateurs qui s’intéressent au monde arabe.

      Le problème devient plus sérieux et plus préoccupant encore quand on se place dans le contexte des Etats du Golfe. Ces peuples qui ont de tout temps vécu au sein de régimes autoritaires, sous la protection et dans le respect des familles régnantes, n’ont jamais connu de constitutions ou des assemblées réellement représentatives. Les seules chambres qui existent sont de simples organes consultatifs désignés par le Roi lui-même, donc sans aucun pouvoir réel. Certes il y a dans ces pays une élite de gens cultivés (docteurs, ingénieurs, juristes, avocats etc.), une jeunesse ouverte au monde moderne, mais la grande masse reste foncièrement attachée à ses us et coutumes. Une révolution et, disons tout simplement, un changement brutal de régime ne peut aboutir qu’à l’érection d’une dictature militaire ou d’une autocratie islamique à l’iranienne. Le Liban où la majorité des habitants est pourtant instruite, un pays émancipé de toute colonisation étrangère depuis plusieurs décades, vit encore dans ce dilemme éternel qui oppose les différentes confessions de ses habitants (Chiites et Sunnites, Musulmans et Chrétiens). L’Irak après Saddam est tombée dans le même chaos confessionnel et ethnique.

     Les grandes puissances et d’une manière générale la communauté internationale qui suivent de près les événements au Proche Orient ne resteront certainement pas indifférentes à l’évolution de la situation dans cette région stratégique. Personne à l’heure actuelle ne peut croire ni même imaginer que les Etats-Unis qui possèdent des bases militaires dans plusieurs de ces pays, se permettront d’assister les bras croisés, au renversement des régimes jordanien, saoudien, koweitien ou dans tout autre Etat du Golfe. Si cet axe des pays arabes modérés est déstabilisé tout le monde doit refaire son calcul : USA, ISRAËL, OCCIDENT. Cette région constitue en effet pour les Américains une priorité absolue : le pétrole et la sécurité d’Israël.

      Notons encore une fois que les peuples arabes de cette contrée ne resteront pas  éternellement figés, muets et marginalisés. Déjà lors de l’invasion de l’Irak il y a eu un véritable divorce entre les dirigeants de ces pays qui ont soutenu les opérations américaines et les peuples arabes qui étaient presque en totalité opposés à cette agression  Avec le temps de nouvelles générations arriveront sur la scène nationale, l’ignorance sera moins dominante, les tabous seront brisés, la vague de l’intégrisme intégral s’estompera peu à peu et des régimes à l’iranienne seront tout simplement rejetés. L’Occident doit par conséquent et dès à présent, se préparer à une telle éventualité. L’image que la jeunesse arabe se fait aujourd’hui des USA comme étant les protecteurs de régimes pourris et antipopulaires, n’augure pas d’un avenir prometteur. Pour cela Washington  est invitée à faire pression sur ses alliés stratégiques du Proche Orient pour l’édification de monarchies constitutionnelles avec une plus grande ouverture démocratique, l’organisation d’élections libres et le respect des droits de l’homme, comme elle doit s’évertuer à convaincre Israël pour la recherche d’une solution de paix définitive et surtout crédible avec les Palestiniens, ce qui lui épargnera ses nombreux veto aux Nations Unies qui produisent,à chaque fois, un impact défavorable sur toute la communauté musulmane.

                       Mohamed  BOUHOUCH             

         

REVOLUTIONS ARABES : le cas particulier de l’Algérie

22 mars 2011

      

    Les uns après les autres et semaine après semaine, des régimes arabes s’effondrent  et d’effritent sous la ruée de leurs peuples affamés de liberté et décidés plus que jamais à briser ce joug honteux et inacceptable qui les asservit à la volonté et aux caprices d’un führer, despote et dominateur. Le mérite revient aux Tunisiens qui, les premiers, ont décide de secouer les puces. La révolution égyptienne ne tarda pas à suivre. Bien entendu ce ne fut pas facile. Des « présidents- rois », inamovibles étaient prêts à tout entreprendre pour ne pas céder aux pressions populaires et pour perpétuer un pouvoir devenu indispensable à leur existence. Le libyen Mouammar Kadhafi ou encore le yéménite Abdullah Salah offrent les meilleurs exemples de l’obstination de ces hommes politiques qui refusent de comprendre et encore moins d’admettre qu’ils sont là pour un temps et par la volonté de leurs peuples 

    Si dans les Etats arabes les conjonctures politiques et sociales diffèrent d’un pays à l’autre, il n’en reste pas moins qu’ils ont un point commun à savoir que leurs présidents se considèrent presque tous comme étant des surhommes, des surdoués, bref les seuls citoyens compétents, clairvoyants et aptes  à gouverner. Le fait qu’ils sont venus au pouvoir, pour la plupart, à la suite d’un coup d’Etat militaire, semble leur conférer- du moins ils le croient- un certain droit de propriété et de jouissance,  une légitimité à vie et une hypothèque  sur le territoire et sur les hommes. Certains parmi eux espéraient même léguer le commandement à leurs héritiers : Moubarak à son aîné Jamal et Kadhafi à Sayf al Islam à l’instar du syrien Hafid al Asad à son fils Bachar. On comprend dans ces conditions l’acharnement du président libyen à s’accrocher à son « ROYAUME » et son refus  absolu de se démettre de ses fonctions, quitte à mourir et à laisser derrière lui une terre brûlée et des milliers de morts.

    En Algérie le problème est beaucoup plus sérieux et plus compliqué encore. Après une colonisation de cent trente ans par
la France, le pays accède à l’indépendance. Le FLN parti politique unique et sa branche militaire l’ALN se considèrent comme étant les seuls et uniques artisans de la libération. Le pouvoir algérien pense par conséquent incarner aujourd’hui le peuple entier et notamment le million de moujahidines tombés au champ d’honneur pour la décolonisation du pays. La première formation gouvernementale (15 septembre 1963-19 juin 1965), présidée par Ahmed Ben Bella a connu l’assassinat d’un ministre (Mohamed Khemesti), la destitution de deux autres membres du gouvernement (Ahmed Francis, Mohamed Khobzi) et la démission de Moussa Hassani (Postes et télécommunication) et Mohamed hadj Hamou (Information). Cette période d’hésitation et d’instabilité a pris fin à la suite du coup d’Etat mené par le colonel Houari Boumediene qui devint à partir du 19 juin 1965 et jusqu’à sa mort en 1978 à la fois : président de
la République, premier ministre et ministre de la défense.

    En réalité il s’agissait tout simplement d’une prise du pouvoir par l’armée algérienne laquelle, depuis cette date, exerce sans partage une dictature absolue sur le pays, avec une domination totale sur toute la vie publique, une autorité directe sur les organes de décision et une mainmise sur les richesses nationales. Après la mort de Boumediene c’est toujours l’armée qui fait et défait les présidents de la république dont la conduite et les décisions restent dictées et contrôlées par la junte militaire, un groupe de généraux de la génération de l’indépendance qui détiennent le pouvoir réel en Algérie. Tous les chefs d’Etat qui se sont  succédés depuis 1965 l’ont été avec l’aval de l’armée. Les deux présidents qui ont essayé de s’écarter quelque peu de la ligne de conduite tracée par la junte ont été l’un destitué ou contraint de démissionner (Chadli Bendjedid), et un autre carrément assassiné (Mohamed Boudiaf).    

     Les quelques partis politiques d’opposition tolérés en Algérie ne le sont que pour le décor d’un régime autocratique qui veut se donner une vision démocratique. En réalité aucune liberté d’action de grande envergure n’est permise pour ces formations politiques qui sont piégées, pénétrées et bâillonnées par les services de sécurité de l’Etat lesquels constituent la grande force et les piliers du gouvernement algérien.

     Il est vrai que le paysage politique, ethnique et religieux  exige des responsables d’Alger le besoin de s’appuyer sur un tel dispositif de sécurité pour le maintien d’un certain équilibre entre les différentes composantes de cette société algérienne hétérogène : Arabes et Berbères, Touaregs et Kabyles, laïcs et islamistes, modernistes et traditionalistes. Cette junte militaire est peut être aussi pour les Occidentaux un rempart contre les adeptes dela Qaïda. D’ailleurs le président Sarkozy ne s’est pas empêché de dire qu’il vaut mieux un  régime à
la Bouteflika qu’un gouvernement taliban. Mais Mr le président français oublie que les Islamistes trouvent justement toute leur légitimité et tout l’appui populaire qui leur est accordé dans le fait qu’ils luttent pour débarrasser les Algériens de la dictature d’une poignée de militaires qui les étouffent  et piétinent leurs droits les plus élémentaires. Je précise ici qu’il n’est pas dit que les dirigeants de
la Qaïda vont être plus démocratiques que les généraux de l’armée algérienne. Mais le dernier mot doit rester au peuple qui a seul le droit de choisir librement ses gouvernants. 

    C’est cette liberté et ce droit que réclament et exigent aujourd’hui les jeunes algériens qui ont essayé ces derniers jours de braver les forces de l’ordre pour manifester leur colère contre le régime en place. Dans France Observateur du 19/2/11 http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110219.OBS8341/la-police-repousse-les-manifestants-dans-un-alger-quadrille.html

            Il est écrit :

-         Tout le monde réclame une rupture définitive avec le régime. -         La police repousse les manifestants dans un Alger quadrillé. 

-         Les Algériens ont tenté de réinvestir la rue pour réclamer le changement du système, mais ont été accueillis par un important dispositif policier. 

     Bien entendu ces manifestants n’appartiennent pas tous à des organisations islamiques. La plupart sont des jeunes universitaires ou des mécontents des conditions de vie qui leur sont imposées. Alors jusqu’à quand cette dictature ?  Certes le cas algérien est bien particulier puisqu’il ne s’agit pas d’un homme fort qui détient le pouvoir mais d’une armée bien soudée et super équipée qui tient le pays d’une main de fer. Mais pendant combien de temps encore Mr Bouteflika et ses patrons militaires pourront-ils continuer à voiler la vérité, à étouffer la voix d’un peuple privé  de liberté ? Pourquoi ne pas tirer une leçon de ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte et demain en Libye et au Yémen ?

     

LE MAROC: Pays des Révolutions « du Roi et du Peuple »

15 mars 2011

                

    L’indépendance du Maroc a été acquise en 1956 sous le règne du Roi Mohammed V. Ce fut une période féerique qui a marqué, pour le peuple marocain, la fin du protectorat et le retour triomphal de son Roi qui revenait en héros de Madagascar où le protectorat français l’avait exilé durant 27 mois pour avoir piloté et orienté le mouvement nationaliste et fait sienne la demande d’indépendance réclamée par l’élite de son peuple.

      Ni les promesses ni les menaces des autorités coloniales de l’époque n’ont pu fléchir la volonté inébranlable de ce grand Roi qui formait avec son peuple une véritable symbiose et une union sacrée de sentiments et de pensées. Tous les Marocains des années cinquante se souviennent encore de la conduite sous escorte militaire de Mohammed V de son palais des TOUARGA jusqu’à l’aéroport de Rabat Salé où un avion français devait le conduire en exil.

      Le roi Hassan II qui lui a succédé a régné en père de la nation. Après une longue période de friction et de heurts avec une opposition constituée par des nationalistes qui avaient contribué activement aux cotés de la royauté à l’indépendance du Maroc, Hassan II est parvenu, à partir des années soixante dix, à drainer derrière lui l’ensemble du peuple marocain. L’affaire du Sahara a été en effet un élément fédérateur, une cause sacrée qui ne tolérait plus aucune division au sein de la nation. Hassan II est également le roi de la marche verte (6 novembre 1975), un événement historique qui exprime l’unanimité d’un peuple derrière son roi. Les dernières années de sa vie furent marquées par un certain nombre de gestes de rapprochement avec l’opposition, concrétisés par le retour au Maroc  de plusieurs exilés politiques dont Mohammed Al Basri,  Abraham Serfati et bien d’autres encore qui ont été désignés à des postes de responsabilité. Un an avant sa mort il avait nommé un gouvernement composé en majorité d’hommes de l’opposition avec Abderrahman Yousfi, patron de l’USFP comme premier ministre. Si Hassan II avait pris beaucoup de temps pour composer avec l’Istiqlal et l’Union Socialiste c’est qu’il savait pertinemment  que ces deux formations politiques ne représentaient qu’une fraction insignifiante du peuple marocain. Mais il fallait les mettre à l’épreuve, face à une certaine pression occidentale.

      Bien qu’ayant été souvent taxé de souverain autocrate, Hassan II est resté dans la mémoire populaire comme le roi idole, le grand homme d’Etat respecté et écouté dans le monde entier et le sage conseiller de l’Occident dans les affaires africaines et islamiques . Rares de voir aujourd’hui des hommes politiques quitter ce monde dans les conditions où le fut Hassan II dont la dépouille mortelle a été saluée avec autant d’émotion par plus de trois millions de Marocains en pleure et  la présence de nombreux chefs d’Etat venus des quatre coins de la planète (USA, France, Espagne, Afrique, Monde arabe etc.).   

      Depuis son accession sur le trône en 1999, Mohammed VI continue de cohabiter avec les partis nationalistes (Istiqlal, USFP, PPS) et  deux autres formations politiques crées après l’indépendance (Mouvement Populaire et RNI). L’opposition actuelle est représentée par le PAM (Parti de l’authenticité et modernité), créé et dirigé par Fouad Ali El Hamma, un ami de classe de Mohammed VI et le PJD (Parti de Justice et développement) une organisation soit disant d’orientation islamique mais qui n’a jamais bénéficié d’un grand intérêt auprès du public. A coté de ces deux formations on trouve un certain nombre de minis partis qui n’ont aucune audience véritable au Maroc.  

      Ainsi le visage politique marocain se présente aujourd’hui avec une opposition inefficace donc inexistante et une majorité formée par une coalition de partis politiques soit disant « nationalistes » qui ont abandonné leur action contestataire, frondeuse voire révolutionnaire et parfois même perturbatrice dans le passé, en échange de postes ministériels ou de hautes fonctions d’autorité fort alléchantes. Autrefois mécontents et protestataires, partisans d’une société socialiste, progressiste  et peut être même d’un régime communiste,  ces leaders  de l’opposition se sont rangés derrière le Roi après s’être embourgeoisés et goûté au luxe du grand Maghzen. On ne les voit plus s’égosiller et gesticuler au parlement ni s’enflammer dans les éditoriaux de leurs journaux. Comme on dit dans le langage sportif ils ont vendu le match.

     Pour les Marocains si une révolution du peuple est inéluctable, elle se fera contre cette bourgeoisie gouvernante inefficace et profiteuse, une administration corrompue à tous les échelons de la hiérarchie et non contrela Monarchie. Mohammed VI est un monarque très actif qui passe sa vie à se déplacer de province en province et de région en région  pour inaugurer de nouvelles entités économiques ou lancer de nouveaux projets. N’a-t-on pas toujours dit que le trône des rois du Maroc est placé sur la selle de leur cheval ?

    Les temps ont cependant changé. Dans la plupart des monarchies modernes (Grande Bretagne, Belgique, Danemark, Suède, Espagne) le roi règne mais ne gouverne pas. Les gouvernants sortent des urnes. Leur activité et leur rendement  sont suivis de près et appréciés par les électeurs qui peuvent les reconduire ou les rejeter aux élections suivantes.  Ce qui exaspère aujourd’hui les masses marocaines et plus particulièrement la jeunesse c’est la disparité des classes, l’immense richesse d’une minorité et la misère dans laquelle végète l’écrasante majorité,  les moyens de vie de santé et de scolarisation offerts aux enfants des uns et ce clair-obscur, cette incertitude, cette imprévisibilité qui plane sur l’avenir de la progéniture des autres, un lendemain qui s’annonce déjà plus sombre et plus inquiétant  que leur présent. Mais qui interpeller ? Le roi ? Ce n’est pas possible selon la constitution. Les ministres ? Certains laissent entendre qu’ils ne sont que des exécutants.

   On parle souvent des bidonvilles et des quartiers déshérités des villes marocaines. Mais dépassons un peu les périmètres urbains et allons dans la campagne, dans les hameaux pour se rendre compte de la vraie misère des habitants : des abris bâtis avec des roseaux et de la boue, dont les toitures tombent sur les têtes de leurs occupants à chaque période de pluie. Avec le gouvernement actuel la criminalité est devenue galopante et le chômage ne cesse de s’installer en ville comme dans la campagne bien qu’on essaie toujours d’en camoufler le taux réel.  Celui de la scolarisation dans la campagne ne reflète pas non plus la vérité, puisque le nombre des enfants inscrits ne représente pas du tout celui des élèves qui fréquentent réellement l’école. D’ailleurs comment veut-on que des enfants aillent en classe pendant qu’ils n’ont rien à manger et qu’ils sont obligés d’aller travailler dans les champs  pour aider leurs parents. Cela, messieurs les ministres l’ignorent ou préfèrent simplement ne pas en parler pour ne pas se découvrir et déplaire à Sa majesté, eux qui habitent dans des palaces, possèdent de grandes sociétés industrielles et envoient leurs enfants aux grandes écoles au Maroc et à l’étranger.

    Le cas du Maroc est bien différent de celui des autres pays arabes. Nous l’avons dit plus haut le système de la monarchie alaouite n’est pas remis en cause et ne le sera peut être jamais, étant donné son rôle unificateur et rassembleur d’une communauté d’origines, de traditions et de moeurs diverses. De plus jusqu’à preuve du contraire, on ne reproche au roi aucune malversation  ou détournement de biens publics comme cela a été retenu contre d’autres dirigeants arabes. Certes la famille royale marocaine est riche et  possède dit-on un grand patrimoine agricole. Mais sa richesse est héritée et développée de père en fils et non pas l’œuvre d’un seul  souverain.       L’espoir, après les nouvelles réformes constitutionnelles  annoncées par le Roi du Maroc, réside par conséquent dans la relève des dirigeants actuels (gouvernement et administration) et l’avènement d’une monarchie parlementaire avec une nouvelle génération de responsables, une nouvelle conception de la gestion publique et un nouvel esprit patriote. Espérons que le peuple soit suffisamment mûr pour mieux choisir ses représentants et  pour refuser de tomber encore une fois dans le piège de politicards qui chercheront à le corrompre pour obtenir ses voix. 

      

     

      

    

123456